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lundi 20 juin 2016

Le Faux Prophète, James Rollin & Rebecca Cantrell


● Titre d'origine : Blood Infernal: The Order of the Sanguines
● Date de parution : 09/06/2016
● Nombre de pages : 576
● Édition de ton livre : Fleuve Noir
● Quatrième de couverture :

Les Sanguinistes doivent mener un dernier combat contre les forces du Mal… et affronter Lucifer en personne.
Présentation : Tandis que des meurtres macabres secouent la planète entière, Erin Granger tente de déchiffrer une prophétie écrite par le Christ pour trouver un remède à ce fléau. Aidée par le sergent Jordan Stone et le mystérieux prêtre Rhun Korza, elle se lance à la recherche d’un trésor perdu depuis des millénaires. Mais les forces des ténèbres ont couronné un nouveau roi, un démon appelé « Légion ». Il est déjà présent sur Terre et avance masqué sous différents visages. Même les murs du Vatican ne lui résistent pas.
Pour découvrir quel est le véritable destin de l’humanité et sauver le monde, Dr. Erin Granger va devoir braver les abysses et confronter le plus grand ennemi de l’homme – le serpent du jardin d’Eden, Lucifer lui-même.

● Mon avis :

Cela va vous paraître étrange, peut-être, mais j’ai découvert cette saga avec ce dernier tome. En effet, je ne connaissais pas L’ordre des Sanguinistes de James Rollins et Rebecca Cantrell. Et quelle spectaculaire façon que de découvrir cette trilogie par son dénouement ! Rassurez-vous, la lecture de ce tome se fait très bien sans avoir lu les précédents volumes et cela ne gêne en aucun cas la compréhension de l’intrigue.

Des meurtres horribles se produisent à travers le monde. L’apocalypse est proche. Le Dr Erin Granger, un archéologue réputé, doit déchiffrer une prophétie écrite par le Christ et retrouver un artefact perdu depuis des millénaires. Avec l’aide du sergent Jordan Stone et du Père Rhun Korza, elle se lance dans une course contre le temps. Mais elle devra affronter les forces des ténèbres qui sont déjà à l’œuvre. À leur tête, un démon, avec de très grands pouvoirs, fera tout pour les contrecarrer. L’archéologue devra affronter jusqu’à Lucifer pour sauver l’humanité.

C’est seulement au moment d’entamer ma lecture que j’ai appris que ce livre était en fait le troisième tome de L’Ordre des Sanguinistes et j’ai donc attaqué ce roman avec une certaine appréhension. Celle-ci a rapidement été chassée, car même si certains événements auxquels les protagonistes et le narrateur font référence pourraient nous laisser dans le flou, nous obtenons suffisamment d’informations pour les appréhender et poursuivre sans aucune gêne le récit.

Nous apprenons également à connaître les personnages principaux et nous découvrons les liens qui les unissent au fil des pages. Erin Granger mérite bien son titre d’Érudite, car elle fait preuve au fil des pages d’une très forte capacité de réflexion et de connaissances développées. Et son cœur bat pour Jordan Stone, le Guerrier. Lui fait preuve d’une détermination à toute épreuve pour affronter ce qui les attend. Il se relèvera toujours pour atteindre leur but et pour l’archéologue. Le Chevalier du Christ, Rhun Korza, un sanguiniste, s’avère quant à lui un véritable chevalier avec tout ce que cela implique. Un sens du devoir digne du rôle qui est le sien, avec l'honneur qui y est inhérent. Sa foi sera mise à rude épreuve, mais il ne la perdra pas, que ça soit en ses amis, comme en son ordre et Dieu. Ils ne sont pas seuls pour affronter tout ceci, car ils peuvent compter sur d’autres Sanguinistes qui se révèlent de précieux atouts et qui gagnent également une place dans notre cœur.
Je me dois de vous apporter quelques précisions pour ceux qui ne connaîtraient pas cet univers. Les Sanguinistes sont des Strigoï (vampires) qui ont renoncé à boire du sang et qui ont rejoint un ordre secret de l’église. Ils se nourrissent d’un vin sacré. Les Strigoïs sont donc leurs ennemis, et c’est guidé par le démon qu’ils se mettront en travers de leur route au fil du roman.

La promesse qui nous est faite dans le quatrième de couverture, celle d’un affrontement pour éviter l’apocalypse pose les bases d’une intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin du récit. En effet, James Rollins et Rebecca Cantrell ont magistralement su nous mener là où ils le souhaitent. Ils ont su nous guider de rebondissement en rebondissement, prévisibles ou non, jusqu’au dénouement, qui nous a donc pris à la gorge.
Nous avons tremblé auprès de nos héros jusqu’au final et les révélations qui ont ponctué cette histoire ont su influer nos espoirs et nos craintes, nous conduisant dans une valse des émotions alors qu’Erin, Jordan et Rhun, tout autant que leurs amis, sont malmenés. Il faut dire que le sort du monde repose sur leurs épaules et que leur tâche, difficile par défaut, se retrouve bien compliquée quand leurs ennemis ne s’avèrent pas toujours tels qu’on les pense. Le final vient jeter de l’eau sur les braises de ce qui aurait mérité de nous enflammer plus encore.

Je resterais vague par contre au niveau du contenu en lui-même, car pour ceux ne connaissant pas la saga et qui souhaiteraient l’entamer par le début, je risquerais de leur en révéler trop et de leur gâcher le plaisir. Je leur dirais seulement que je les envie, car même quand je lirai les deux premiers tomes, curieux de découvrir comment les héros en sont arrivés où ils en sont, le plaisir ne sera jamais le même. En effet, connaître la fin risquera de me couper l’herbe sous le pied.

Le Faux Prophète se révèle finalement une histoire très bien ficelée avec des personnages qui sont capables de nous faire vibrer et de nous faire hurler, mais dont la fin nous laisse un goût d’inachevé, tant on en aurait voulu plus encore.


Les aventures d'Aliette Renoir, tome 2 : Dans l'ombre du Roi, Cécilia Correia


● Titre d'origine : Les aventures d'Aliette Renoir, tome 2 : Dans l'ombre du Roi
● Date de parution : 2013
● Nombre de pages : 354
● Édition de ton livre : Rebelle Editions
● Quatrième de couverture :

Vous savez quoi ? C’est la véritable zizanie en ce moment à Paname ! Des renégats sèment la pagaille, les Allemands nous préparent un coup fourré, un vampire âgé de plusieurs siècles disparaît comme par enchantement, Lawrence me fait des cachotteries et, pour couronner le tout, Sytry, le prince des chenapans, change d’avis comme de chemise ! Et qui doit jongler avec tout ça ? Moi, bien sûr ! Quelque chose me dit que je vais filer un mauvais coton… « Alea jacta est ! », comme dirait un certain César. Eh oui, le sort en est jeté…

● Mon avis :

Je crois que l’on peut rapidement tomber accro d’Aliette Renoir. En effet, après un premier tome des plus prometteurs, Dans l’ombre du Roi s’avère une suite des plus parfaites. Cette aventure est des plus croustillantes et apporte son lot de nouveautés et de surprises.

Suite à la mort d’Abaddon, la pagaille règne à Paname. Des vampires renégats, les Allemands, tous semblent se dresser sur le chemin d’Aliette Renoir. La disparition étrange d’un vampire de plusieurs siècles lui offre une enquête. Lawrence semble distant et Sytry la fait tourner en bourrique. Comment va-t-elle pouvoir faire pour gérer tout cela ?

Le récit prend place trois mois après le dénouement de La Secte d’Abaddon. Tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. L’élection du nouveau roi des Vampires approche et des renégats semblent prêts à tout pour discréditer Sytry. Pour ne rien arranger, un vampire travaillant pour le prince disparait. Aliette Renoir et Lawrence, son créateur, se retrouvent chargés d’enquêter sur cette disparition. Mais leur entente n’est plus aussi forte, une distance se creuse entre eux deux.
Alors que Sytry semble se rapprocher d’elle, mais avec beaucoup de retenue, ce qui est assez étrange de sa part. Un triangle amoureux, au centre duquel notre héroïne va se dévoiler à nous, plus encore que dans le premier tome. La faute à des découvertes que feront les trois personnages principaux.

Ce deuxième tome est par ailleurs un tome de révélations, car celles-ci seront nombreuses au fil des pages. Qu’elles concernent Aliette, Lawrence, Sytry, les vampires ou même les autres créatures surnaturelles, et même les humains, nous les accueillons avec surprise, avec crainte ou même avec plaisir. Il se place toujours autant du côté géographique qu’historique avec les références qui sont faites et qui surgissent au détour d’une page, d’un paragraphe, imprégnant le récit.

Heureusement pour nous, l’action n’est pas en reste, malgré l’importante place que prennent les émotions et sentiments de notre héroïne. Ces scènes d’affrontements ou de poursuites nous rappellent que nous n’avons pas à faire à une simple romance, mais bien à un récit fantastique, de bit-lit ou d’urban fantasy suivant la manière dont vous le classez.
Les scènes qui chauffent le sang des protagonistes ajoutent du piquant à notre lecture. Cécilia Correia ne cesse également de nous abreuver de bons mots et de la répartie, le franc-parler, d’Aliette qui nous plait tellement et qui est une composante importante de sa personnalité haute en couleur.

Les nouveaux personnages qui peuplent ce roman se révèlent des plus intéressants. Nous côtoyons bien plus de vampires de premier ordre. Certains nous sont des plus sympathiques alors que d’autres s’avèrent antipathiques. Les ennemis d’Aliette et de ses amis ne nous sont pas tous inconnus, mais nous pourrons mettre des noms et des visages sur quelques-uns qui agissaient dans l’ombre.

L’auteur s’appuie sur une intrigue solide, qui nous tient en haleine tout au long du roman, se ramifiant pour nous entrainer vers de nombreuses questions. Nous devinons certaines réponses, levons le voile de nous-mêmes sur certaines zones d’ombres, mais ce qui reste caché dans l’ombre jusqu’au dénouement vient nous frapper en pleine face alors que la lumière se fait sur toute l’histoire. Nous tombons des nues face aux vérités qui nous sont dévoilées.

Au final, nous ne voulons pas sortir de cette aventure, car ce serait dire au revoir à Aliette Renoir sans savoir quand nous la reverrons. Surtout au vu des dernières pages qui nous promettent bien des péripéties encore et que nous mourrons d’envie de découvrir. On ne peut que se dire à bientôt et se quitter avec regret.

Dans l’ombre du Roi mérite grandement de rejoindre la lumière des projecteurs, de trouver un large public, car nous avons là une histoire de vampires rondement menée et qui s’avère des plus addictifs. Nous en ressortons envoutés. 

mercredi 25 mai 2016

Les aventures d'Aliette Renoir, tome 1 : La secte d'Abaddon, Cécilia Correia


● Titre d'origine : Les aventures d'Aliette Renoir, tome 1 : La secte d'Abaddon
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages : 301
● Édition de ton livre : Rebelle Editions
● Quatrième de couverture :

En arrivant à Paname, les Allemands s’étaient rendu compte qu’une menace plus dangereuse qu’eux sévissait déjà. Alors, en accord avec leurs autorités, ils laissèrent ma famille, les Renoir, continuer leurs petites affaires. Je vais vous dire : cela aurait été plus simple si j’avais dû zigouiller des rongeurs et encore… j’en avais horreur. Bon, je ne vais pas vous mentir plus longtemps, je déteste toutes les bestioles, qu’importe l’espèce animale. Sauf que la plus terrible de toutes, celle que je traquais chaque nuit demeurait mon pire cauchemar. Mais voilà, l’honneur de la famille restait ma priorité. Si bien que même si j’avais le trouillomètre à zéro, je devais quand même braver mes peurs en affrontant mon ennemi juré : le vampire.

● Mon avis :

Voici une nouvelle histoire de vampires me direz-vous ! Vous rajouterez également que nous avons une fois de plus affaire à une héroïne qui les chassent, mais vous classeriez bien vite ce roman et louperiez l’essentiel. En effet, Aliette Renoir est bien une chasseuse, mais elle n’a rien d’une Anita Blake ou d’une Buffy. Réfléchissez-y bien et ne passez pas votre chemin. Vous aurez tout à y gagner.

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, les Allemands occupent Paris et ils découvrent qu’ils ne sont pas les plus dangereux. Par conséquent, ils laissent la famille Renoir poursuivre leurs actions. Aliette, la fille de la famille, des plus peureuses, essaye de braver son pire cauchemar en les traquant, les vampires.

Dès les premières pages, nous découvrons que nous n’avons pas une copie des célèbres chasseuses de vampires de la série télévisuelle ou de la saga littéraire bien connue. Ne serait-ce que par la localisation de l’histoire dans l’espace et dans le temps. En effet, nous nous plongeons en plein Paris sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. On y découvre la capitale telle qu’on ne la connait pas, ou on la redécouvre plutôt sous un œil nouveau.
Il faut aussi compter sur la personnalité de l’héroïne, et notamment sa force de caractère, digne d’une mule voire plus encore, mais aussi par les nombreuses phobies qui la hantent. À cela, nous pouvons aussi ajouter qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche, ce qui peut se révéler un atout, mais aussi un défaut, et qui provoquera de nombreux sourires ou éclats de rire. Et pour lui donner plus de saveur encore, saupoudrez le tout généreusement avec une pincée de malchance, un soupçon de niaiserie, une cuillérée d’intelligence et enfin un parfum de volupté. Voici une recette qui ne manque pas de piquant, comme Aliette d’ailleurs.

Il faut bien avouer que la situation pour le moins cocasse, selon le point de vue, à laquelle nous assistons dès le premier chapitre nous met bien vite dans l’ambiance et nous ouvre les portes de ce qu’il adviendra.  Notre chasseuse fait preuve de malchance et celui qu’elle chassait lui sauve la vie, la transformant par la même occasion. Et son entrée dans le monde de la nuit ne sera pas des plus simples. Elle se retrouvera bien vite emportée par des événements qu’elle ne contrôle pas, et qui pourtant sont liés à elle, à sa famille et à son passé. Son créateur ne la laissera pas faire face seule, même pour affronter les premiers vampires et leur roi Abaddon. Que lui veulent-ils de plus que sa mort ? À part son corps que certains aimeraient croquer ?

Le mystère se lèvera au fil des pages. Les questions trouveront en partie des réponses. Nous aurons quelques gouttes de révélations à nous mettre sous la langue, mais il se peut que vous deviniez certaines choses, comme ce fut mon cas, et que vous en espériez bien d’autres, même si toutes ne se réaliseront pas.
Quoi qu’il en soit, le dénouement lèvera le voile en apportant son lot de bonnes ou de mauvaises surprises. Nous aurons le plaisir ou le déplaisir de voir certains événements se produire ou non. Et le final s’insinuera dans notre cou et y enfoncera ses canines pour nous plonger dans une vague de désir. Et pas n’importe lequel, celui de découvrir rapidement la suite des aventures d’Aliette Renoir.

Cecilia Correia nous propose un style des plus agréables à lire qu’elle ponctue de nombreux dialogues qui ne sont pas piqués des vers et qui apporteront beaucoup de gaieté à notre lecture. Voici donc une preuve qu’il n’y a pas besoin de se prendre trop au sérieux ni de sombrer dans des noirceurs extrêmes pour nous servir une histoire de vampires qui vaut grandement le détour.

Je ne peux donc que vous conseiller de faire la connaissance d’Aliette Renoir, car vous ne regretterez pour rien au monde de mettre un peu de mordant à votre lecture.


lundi 16 mai 2016

La Captive des Hommes de Bronze, Valérie Simon


● Titre d'origine : La captive des hommes de bronze
● Date de parution : avril 2016
● Nombre de pages : 374
● Édition de ton livre : L'Archipel
● Quatrième de couverture :

Sur la planète sauvage de Mysteria, Jim, 10 ans, et Jessica sont les seuls survivants du massacre qui a vu périr leurs parents, des pionniers à la tête d’une ferme, et leur petit frère. Ils sont kidnappés par leurs agresseurs, de mystérieux primitifs à la peau couleur de bronze, les De-Shirs. Alors qu’ils sont emmenés vers les lointaines montagnes du Sardan, Jim s’échappe mais est contraint d’abandonner sa petite sœur, âgée de 3 ans.
Des années plus tard, devenu médecin sur Terre, persuadé que Jessica est encore en vie, il retourne sur Mysteria pour tenter de la retrouver. A peine arrivé sur la planète, on l’accuse de meurtre. Il est emprisonné et livré à un geôlier sadique.
Mysteria est un monde de prédateurs aux pouvoirs étranges, où les plantes douées d’intelligence sont carnivores et où les tempêtes ravagent tout. La colonie d’humains qui y vit – des repris de justice – n’obéit à aucune règle ; la violence y est reine. Le chemin menant jusqu’à Jessica risque d’être semé d’embûches…

● Mon avis :

La Captive des Hommes de Bronze, le nouveau-né de Valérie Simon, attise la curiosité. Qui sont donc ces hommes de bronze ? La couverture ajoute également au mystère. Et le synopsis chasse toute réserve, il nous faut le lire et au plus vite.

Sur Mysteria, une planète sauvage, Jim et Jessica, âgés respectivement de 10 et 3 ans, sont les seuls survivants du massacre de leur ferme ayant coûté la vie à leurs parents et leur jeune frère. Les agresseurs, les De-Shirs, des primitifs à la peau couleur de bronze, les kidnappent. Mais Jim réussit à s’échapper alors qu’ils sont emmenés vers les montagnes du Sardan, en devant abandonner sa petite sœur. Des années plus tard, alors qu’il est devenu médecin sur Terre, il est persuadé que Jessica est encore en vie et retourne sur Mysteria dans l’espoir de la retrouver. Son retour ne se fait pas sans heurt, car il est accusé de meurtre et emprisonné. Cette planète est un monde de prédateurs, humains ou non, qui n’obéit à aucune règle outre la violence. Le chemin pour retrouver sa sœur ne sera pas de tout repos.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé la plume de Valérie Simon, car il est toujours aussi agréable de la lire et ce nouveau livre en est un exemple de plus. Elle sait ravir notre attention dès les premières pages et nous sommes donc prisonniers de l’histoire qu’elle nous propose. Et quelle histoire !

On découvre Jim alors qu’il n’est qu’un jeune garçon de 10 ans, avec des envies de liberté, en ayant assez de suivre les directives de ses parents. Il quitte donc la sécurité de la ferme familiale pour s’aventurer aux alentours, dans le bush. Il est rejoint par sa petite sœur, Jessica. Tous deux profitent donc de leur liberté, mais une fumée et un sentiment d’urgence les font retourner chez eux. Ce qu’ils découvrent les remplit d’effroi. Jim finit par réagir et se découvre un courage qui leur sauvera la vie, mais ils se feront kidnapper. Alors que sa sœur semble résigné, lui ne l’est pas et s’échappe et démontrera encore une force intérieure, un courage et une volonté de vivre qui le maintiendront en vie et lui permettront de survivre.
Alors qu’on le retrouve des années plus tard, on ne décèle plus en lui tout ce courage, il semble avoir été absorbé par sa vie sur Terre, n’être devenu rien d’autre qu’un simple jeune homme, ancré dans sa morne existence, si ce n’est ses cauchemars qui ne l’ont pas quitté depuis son évasion. Il décide de quitter tout pour retourner sur Mysteria suite à une lueur d’espoir, rallumée par sa tante et les nouvelles qui lui ont été rapportées. Dès lors, il va devoir réapprendre ce qu’est la vie sur cette planète sauvage et primitive. Il aura fort à faire et l’aide qu’il recevra ne sera pas de trop pour le garder en vie.
L’aide, il la recevra d’un personnage qu’on apprendra à connaître et à apprécier, un de ceux qui ont tout vu et qui savent ce que signifie survivre dans ce monde hostile. Et il y aura fort à faire, car le danger peut surgir de nulle part à tout instant. Animaux, végétaux, météo, humains, tout semble se liguer contre lui et la folle quête qu’il s’est fixée.

Imaginez donc Mysteria comme un continent jusqu’alors inconnu des hommes dits civilisés et qui se révèlerait à eux, avec ses dangers, ses mystères, son climat, sa faune et sa flore, mais multiplié par cent, voire mille, par rapport à ce qu’on put connaître les colons français, anglais ou les conquistadors. Ou pour que cela soit plus facile dans notre monde moderne à imaginer, la campagne profonde pour les citadins, où le réseau mobile ne passerait pas et où l’ADSL ou la fibre ne relierait pas les chaumières. L’auteur n’a pas lésiné pour nous offrir ce monde où nous pouvons rester en contemplation indéfiniment sur les paysages et où en une seconde nous serions en danger de mort, surpris par des prédateurs animaux ou végétaux. Où le temps changerait si vite que même la nature a fini par trouver le moyen de s’en protéger, car les tempêtes s’abattent et se lèvent si brusquement et si violemment que c’en est cataclysmique.
Et pour ne rien arranger face aux dangers de cette planète, les « hommes politiques » ont décidé qu’il ne fallait apporter aucune arme, technologie où toute chose pouvant aller contre l’évolution actuelle de ce monde. Jim et son guide, tout comme les autres hommes le peuplant, sont donc contraints d’utiliser des armes blanches, des armes de jet primitives pour se défendre, et des chevaux pour se déplacer.

Quant aux Hommes de Bronze, les De-Shirs, nous les côtoyons dans la première partie, vus par le jeune Jim, alors que dans la suite, ils se révèlent parcimonieusement. Le mystère reste donc grand autour d’eux, mais ce que nous en découvrons nous semble des plus prometteurs. En effet, leur culture, leur force, leur apparence nous poussent à chercher à quel peuple primitif nous pourrions les comparer par rapport à notre histoire, ou parmi les anciennes civilisations. La suite prévue début 2017 nous apportera peut-être plus d’informations et nous aidera à nous en faire une idée plus précise. Mais quoi qu’il en soit, il est plus difficile de les haïr que de vouloir les comprendre.

Ce tome-ci se trouve être une parfaite introduction à Mysteria, je dirais même une initiation avec le voyage de Jim et les découvertes, les épreuves et les quelques révélations qui le parsèment. Notre héros est contraint de se dépasser, de surmonter ses émotions pour continuer. Et nous devons nous aussi affronter de nombreux sentiments au fil de notre lecture parsemée de frissons, de sursauts, et même par moment d’une forte envie de hurler, de rage ou de joie.
Ce n’est pas le final du livre, avec ce cruel cliffhanger que nous impose l’auteur qui viendra nous contredire. Après avoir refermé la dernière page, une comparaison m’est venue pour tenter d’expliquer ce que je ressentais :
« La fin, c’est comme si L’empire Contre-Attaque  se terminait sur la fameuse scène de combat entre Luke Skywalker et Darth Vader et que ça coupait sur les mots : Luke, je suis »
J’espère que vous comprenez donc ce sentiment violent qui m’a envahie, cette terrible frustration de devoir attendre pour connaître ce qu’il adviendra.

En conclusion, Valérie Simon sait toujours aussi bien nous emporter dans les univers qu’elle crée et celui de La Captive des Hommes de Bronze vous parlera bien plus encore, tant on peut trouver de similitude avec ce que l’on connait, mais bien plus encore avec un monde riche de nombreux dangers et de paysages à couper le souffle et qui nous offre donc l’évasion que l’on désire tous dans un livre.



jeudi 12 mai 2016

C'est encore loin la mort ?, Nicolas et Florent Liau


● Titre d'origine : C'est encore loin la mort ?
● Date de parution : 26 février 2016
● Nombre de pages : 156
● Édition de ton livre : Editions Mythologica
● Quatrième de couverture :

Il était une fois un garçon qui pleurait des larmes de verre.
Il était une autre fois un crieur de journaux qui avait le don d’être la cible de balles venues de nulle part.
Il était encore une fois deux êtres qui n’avaient rien en
commun, sinon un beau jour de se retrouver sur
le même quai, à attendre un train.
Et bien d’autres histoires grinçantes, effrontées,
insolentes, avec une seule certitude :
pas une seule ne se terminera par
« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »





● Mon avis :

C’est encore loin la mort ? Voici une question étrange qu’on pourrait pourtant entendre de la bouche d’un enfant comme « C’est encore loin la mer ? », mais au vu du contenu de ces fabulettes infanticides, il est parfaitement justifié.

Chacune des histoires que nous présentent les deux auteurs a pour personnages principaux, ou au cœur de l’intrigue des enfants d’âge et d’origine variés, car chacune d’entre elles se passe en des lieux différents, à des époques différentes mêmes. Le livre est découpé en deux parties qui succèdent à une préface de Pierre Dubois.
Tout d’abord, Nicolas Liau dont les nouvelles sont regroupées sous un intitulé « Si loin… » nous révèleront une plume légère, entrainante. C’est enchanté par son style qu’on lit à tour de rôle des récits teintés de poésie, de mélancolie, qui ne nous laissent pas de marbre comme Larmes de pluie, chagrin de verre ou bien Salve.
On y découvre que la vie peut-être bien cruelle et que la mort peut être une délivrance et on sent la chair de poule qui gagne notre dos avec des nouvelles telles que Sur le chemin du fauche-plumes, Immondice ou encore Le cicatricium.
Enfin, il sait nous faire baigner entre deux eaux, avec un frisson d’étrangeté, ne sachant s’il faut pleurer, ou être effrayé. Notre-Dame des Mal-Morts, Le mendiant, La Princesse et le caniveau et La terre sur les talons nous laissent avec ces sentiments.

C’est donc dans cet état d’esprit que l’on clôture la première partie « Si loin… » pour découvrir les écrits de Florent Liau « … et pourtant si proche », titre prometteur pour les récits du deuxième frère.
Pour sa part, il nous offre un style plus direct, ne prenant que très peu de chemins détournés pour nous mener où il le souhaite. Et il nous conduit vers des scènes où la cruauté, la bêtise, l’horreur sont les fruits d’actes humains. Nous savions déjà que l’Homme est mauvais pour l’Homme lui-même et Florent nous le confirme avec force, nous marquant au fer rouge dans notre chair.
Que ce soit Le droit à l’erreur, Sa langue au chat ou Sans arrêt, nous voyons que les adultes sont capables des pires atrocités envers les enfants. Mais les enfants savent accomplir des bêtises dignes des adultes et Balle perdue en est un parfait exemple. Hélas Dans de beaux draps saura nous ouvrir les yeux sur la perversité qui peut entacher bien jeune les enfants.
Finalement, avec Maman, petite maman ou De main morte, nous voyons que la mort peut ne pas être une fin et que les enfants peuvent chercher à garder le contact avec leurs parents, avec de bonnes ou de mauvaises intentions.

Nicolas et Florent Liau, chacun avec leur style, nous ont donc offert de nombreuses réponses à la question C’est encore loin la mort ?, titre de ce recueil. Mais cela va bien au-delà de ce qu’ils nous montrent. En effet, ce qu’ils n’écrivent pas et qui est sous-jacent à leurs fabulettes, c’est que la mort peut être partout, cachée dans l’encre des mots qui composent ce livre, ou nulle part, chassée par la blancheur des pages, par les espaces entre ces mêmes mots. Ils nous ont apporté notre lot d’émotions, allant de la peine, la mélancolie ou l’espoir jusqu’à l’horreur, et même à une perversité malsaine, voire du voyeurisme face à ce que nous découvrions dans chacune des nouvelles nées de leur imagination.

Je ne peux donc que vous conseiller de chercher vous-même les réponses à la question C’est encore loin la mort ?, car les réponses que vous trouverez et les conclusions auxquelles elles vous emmèneront pourraient vous surprendre, mais quoi qu’il en soit, j’espère que vous apprécierez cette lecture autant que moi.













lundi 25 avril 2016

La Tour, Emmanuel Ardichvili


● Titre d'origine : La Tour
● Date de parution : 21 mai 2015
● Nombre de pages : 120
● Édition de ton livre : Sombres Rets
● Quatrième de couverture :

— Orkann, n’aimerais-tu pas savoir à quoi ressemble l’intérieur de la Tour ? me demande Swalee.
— Si, bien sûr, comme tout le monde, lui dis-je avant d’ajouter : Moi, j’ai trouvé comment entrer !
— C’est vrai ? Tu as découvert un passage ?
— Oui, mais c’est un peu dangereux…
— Ça ne me fait pas peur, affirme-t-elle en approchant son visage du mien.
— Tu voudrais venir avec moi la prochaine fois ?
— Et comment ! Quand est-ce qu’on y va, Orkann ?
Ses grands yeux brillent d’excitation. Mon cœur s’affole dans ma poitrine. Je réponds d’une voix un peu hésitante :
— Demain.

Malgré les prédateurs qui rôdent, Orkann et Swalee se lancent dans l’exploration de la tour géante qui domine leur village. Avec leur ami Ool, ils découvrent qu’une grave menace plane sur leur peuple…



● Mon avis :

Qui a dit que vouloir écrire une histoire pour ses enfants limitait la lecture à ceux-ci uniquement. Emmanuel Ardichvili et Sombres Rets nous prouvent le contraire. En effet, ce livre s’apparenterait à un conte de fées, mais pas l’un de ceux écrits par les frères Grimm, plutôt un conte des temps modernes. Imaginez donc.

Orkann et Swalee, deux jeunes de leur tribu partent à la découverte de l’intérieur d’une tour surplombant leur village. Ce qu’ils découvrent les avertit d’une grande menace planant sur leur peuple, tout comme ce qu’a trouvé leur ami Ool. Pourront-ils laisser cela arriver ?

L’intrigue de base parait semblable à nombre d’histoires, un grave danger et des enfants qui l’affrontent, tel le club des cinq où d’autres héros de la collection bibliothèque verte ou rose de notre enfance. Mais les lieux et les créatures qui les habitent diffèrent eux totalement de ceux que l’on connaît.

Les descriptions de celles-ci, ainsi que l’illustration de couverture, nous poussent à les imaginer telles des fées ou autres créatures du petit peuple affrontant un bestiaire des plus effrayants pour leur petite taille. Les lieux laissent rêveur, magnificence de verdure les abritant. Le village des jeunes héros semble protéger par une plante magique qui repousse ou tue ceux qui tentent de la franchir sans en avoir l’autorisation. La magie est également présente dans la tribu de nos héros et partout dans le monde qu’ils habitent, et elle est reconnue sous le nom de variliance en ces pages.

La tour qui donne son titre au roman, se révèle une création des Géants Blancs, des créatures venues d’ailleurs, dans des machines volantes. Au fur et à mesure des pages, les révélations qui sont faites nous permettent d’identifier ceux-ci, de leur donner une apparence et nommer leur espèce. La tour se révèlera également comme le point central de l’intrigue de ce conte de fées. Elle est l’aboutissement de la quête avec les révélations qu’elle apportera, l’objet de l’attention de nos jeunes héros et de leurs ennemis, le donjon à protéger. C’est pourquoi, alors que la bataille fait rage d’une part, Orkann, Swalee et Ool affrontent bien d’autres dangers pour protéger ce qui doit l’être et par la même occasion sauver leur peuple.

Quelle sera la finalité de ces combats ? Quelles découvertes feront-ils ? Et surtout qu’adviendra-t-il de nos jeunes héros ? Ce sont les questions qui habiteront les esprits de nos jeunes lecteurs alors que les pages défileront à allure plus ou moins rapide, suivant l’âge du possesseur de ce livre.

Mais que l’on soit un jeune enfant, un ado, voire même un adulte, le ravissement sera au rendez-vous si peu que l’on n’ait pas fermé la porte des rêves et que notre esprit fourmille d’imagination. La Tour nourrira de fort belle manière notre âme d’enfant alors perpétuez-là, ne perdez pas ce qui rend le monde magique, qui chasse ce qu’il y a de triste et sombre pour l’envelopper de cette insouciance, de l’innocence de nos jeunes années.

Emmanuel Ardichvili a bien fait de vouloir offrir une histoire à ces enfants, et encore plus de la partager avec le monde, car ce sont des contes tels celui-ci qui sont vitaux pour nos petites têtes blondes.

En conclusion, La Tour est un conte de fées où le petit peuple et la science-fiction fusionnent pour offrir du rêve aux enfants et aux plus grands également, car pourquoi cloisonner la lecture lorsque celle-ci est un plaisir.





jeudi 21 avril 2016

Le Carnaval aux Corbeaux, Anthelme Hauchecorne


● Titre d'origine : Le Carnaval aux Corbeaux
● Date de parution : Février 2016
● Nombre de pages : 320
● Édition de ton livre : Editions du Chat Noir
● Quatrième de couverture :

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu…
Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite…
Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?


● Mon avis :
Après une rencontre des plus sympathiques avec l’auteur lors de l’Orée des Légendes en ce début de mois, il m’a présenté et proposé de découvrir le monde du Carnaval aux Corbeaux. Ce que j’ai fait avec un ravissement digne d’un gamin devant une barbe à papa dans une fête foraine. Néanmoins, ici il n’est nullement question d’une simple foire où tout respire les sucreries et la joie, où l’air est empli des rires des enfants. Voyez plutôt.

Rabenheim, une bourgade d’apparence ennuyante. Ludwig, jeune garçon s’adonnant au spiritisme dans sa chambre dans le but de contacter son père disparu, y vit depuis son plus jeune âge. Il n’a jamais obtenu de réponse avant la veille de la Toussaint. Par pur hasard peut-être, une bien étrange fête foraine s’installe en ville. Albérich, un nabot, et Fritz Frost, un géant givré, semblent en savoir beaucoup sur le garçon. Pour découvrir l’héritage de son père, Ludwig devra affronter maintes épreuves. Mais quels mystères recèle l’Abracadabrantesque Carnaval ?

Dès les premières pages, nous faisons la connaissance de Ludwig Poe, et de son meilleur ami Gabriel Grimm. Tous deux semblent des gamins tout ce qu’il y a de plus banal. Ludwig, a néanmoins une passion pour le moins étrange, avec la volonté de contacter l’au-delà. Il semble un brin fonceur et n’hésite pas à aller outre les ordres de sa mère. Gabriel est quant à lui un modèle de timidité, un suiveur, mais semble quelque peu lâche face au danger. Ils nous montreront pourtant au fil du récit qu’ensemble ou seuls, ils sauront faire preuve de courage pour affronter ce qui les attend, malgré quelques réticences à accomplir certains actes.

Nous rencontrerons également les forains avec à leur tête Albérich, un nabot qui n’en était pas un auparavant. Le passage du temps l’a même rendu aigri et haineux. Fritz Frost, son compère, de glace couvert, parait aussi froid à l’intérieur qu’à l’extérieur, mais nous dévoilera un cœur bien plus chaud lorsque les événements le nécessiteront. Dame Vala, la voyante, nous apparaîtra antipathique une grande majorité du roman avant que son histoire vienne nous la rendre plus sympathique. Nous avons le droit à une parade de personnages sortis de Beetlejuice ou d’un Freakshow avec la troupe de l’Abracadrantesque Carnaval telle que nous la découvrons lors de cette Totenwoche.

Il nous est difficile de les haïr complètement et nous comprenons, en partie du moins, leurs agissements, alors qu’Anthelme Hauchecorne nous propose de découvre comment sont-ils devenus ce qu’ils sont désormais. Une malédiction lourde de conséquences pour les carnavaliers ainsi que pour Rabenheim et ces habitants. Puis des siècles de putréfaction et les sombres effets d’une étrange potion ont fortement altéré leurs êtres.

L’histoire que nous sert l’auteur est baignée de mythologie germano-scandinave, que ça soit par le nom des personnages, par les créatures qu’il nous propose de rencontrer ou par les mythes qui semblent prendre vie en ces lignes. Voici ce qui ajoute à ce conte, une touche d’intemporalité, qui le rapproche des légendes qui ont bercé tant de vies.

Mais, comme précédemment évoqué par le biais d’un de ces titres, on y trouve également une touche Tim Burtonesque. Imaginez les décors de nombre de ces films, ces créatures comico-effrayantes, ces situations jonglant entre le macabre et l’humour noir, entre la lumière et les ténèbres et teinté du romantisme propre à nombre de ses œuvres. Saupoudrez tout ceci sur ces mythes germaniques et païens et vous obtiendrez tous les ingrédients d’une magnifique toile de fond pour le récit qui nous absorbe dès les premières pages.

La plume d’Anthelme Hauchecorne se fait poétique, légère comme le vent dans les descriptions, et acérée, efficace lorsque les événements prennent une tournure plus sombre, mouvementée afin de nous emporter totalement dans les allées de l’Abracadabrantesque Carnaval, dans les rues de Rabenheim ou encore dans le monde des morts, à la suite des jeunes héros ou des sombres forains.

Nous partageons même les sombres sentiments des forains, leur souhaitant d’accomplir leur vengeance tout en échappant à leur poursuivant. Nous les plaignons devant l’injustice qu’ils vécurent par le passé. Nous nous y attachons finalement d’une certaine manière et souhaitons qu’enfin, ils puissent trouver le repos.

Dans le même temps, nous espérons que le vent de la chance tournera en faveur de Ludwig et Gabriel, qu’ils échapperont au sort qui leur semble promis, mais tels des voyeurs, nous ne pouvons nous empêcher d’en vouloir bien plus, qu’ils affrontent plus d’obstacles et d’épreuves, qu’ils soient malmenés plus encore afin que jamais nous n’approchions du dénouement de ce roman.

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le clou du spectacle. Nous allons de rebondissement en rebondissement, et nos mines effarées ne dépareilleraient nullement du public de l’Abracadabrantesque Carnaval. D’ailleurs, nous sommes le public le plus fidèle de ces forains, car nous nous sentons liés à leur histoire, leur passé et leur avenir. Nous encourageons ceux-ci ainsi que Ludwig et Gabriel afin d’obtenir un feu d’artifice clôturant de la plus belle manière inimaginable ce roman. Et celui-ci dépasse nos rêves les plus fous, nous bondissons, applaudissons à tout rompre, mais nous versons également des larmes sur le sort de nombreux personnages que l’on a appris à aimer depuis les premières pages.

En conclusion, Anthelme Hauchecorne est un conteur des temps modernes qui saura vous faire voyager par-delà les mondes connus, au-delà de vos rêves. De ce fait, le Carnaval aux Corbeaux doit traverser les frontières, gagner le cœur des foules comme il a gagné le mien et faire une bourrée où qu’il aille pour les siècles à venir, tenant tête à l’Élivágar. 

P.-S. : Avec ce roman, l’auteur et les Éditions du Chat Noir, vous soutiendriez l’UNICEF et c’est un geste digne d’un forain, digne d’un homme ou d’une femme de cœur, alors d’un geste deux bonnes choses, un moment de lecture des plus magnifiques et un peu d’argent pour les enfants.




mardi 12 avril 2016

Guerre & Dinosaures, Victor Milan


● Titre d'origine : The Dinosaur Lords
● Date de parution : 14 Avril 2016
● Nombre de pages : 640
● Édition de ton livre : Fleuve Noir (collection Outrefleuve)
● Quatrième de couverture :

Paradis. Pour les dieux, un simple plateau de jeu, le théâtre de leurs passions et luttes de pouvoir. Pour les hommes, c'est une terre brutale et violente, divisée entre dynasties rivales, déchirée par les ambitions et les croyances religieuses, constamment menacée par le machiavélisme politique.
Dans cet état de guerre règnent les dinosaures. Élevés, dressés dès leur plus jeune âge, ils deviennent des armes redoutables dominant les champs de bataille. Et c'est lors d'un affrontement épique dont le fracas pourfend la terre et déchire le ciel que l'énigmatique seigneur Karyl Bogomirskiy est défait par traîtrise et laissé pour mort.
À son réveil, partiellement amnésique, il découvre qu'il est désormais pourchassé. Il se lance alors dans un voyage qui va faire trembler le monde, jusqu'aux trônes des dieux...


● Mon avis :
Sans même lire le résumé, le titre avait déjà piqué ma curiosité au point de vouloir découvrir quelle histoire se cache derrière Guerre & Dinosaures. Il va sans dire que voir ce qu’en dit George R. R. Martin sur la couverture augmente encore cette envie. « Un croisement entre Jurassic Park et Le Trône de Fer » est des plus évocateurs, surtout avec une illustration sobre, mais efficace qui montre un chevalier chevauchant sa monture qui n’est autre qu’un dinosaure.

Paradis, simple plateau de jeu pour les créateurs, mais pour les hommes, c’est le théâtre de leur violente lutte, pour le pouvoir, pour la gloire, pour la passion entre croyances religieuses et machiavélisme politique. Les dinosaures se révèlent des armes redoutables sur les champs de bataille. Karyl Bogomirskiy, un énigmatique seigneur est vaincu par traitrise et abandonné pour mort lors d’un terrible affrontement. Il se réveille en partie amnésique et pourchassé. Il entreprend un voyage qui va le mener vers un nouveau défi.

Après un prologue qui attise notre curiosité avec une apparition étrange, mais qui nous révèle bien peu de choses, à part un premier aperçu des dinosaures et des hommes, un jeune garçon dans ce cas qui garde son troupeau. Nous entamons la première partie dans le vif du sujet. En effet, nous nous trouvons sur un champ de bataille et nous vivons l’affrontement de différents points de vue. Certains passages m’ont tout de suite fait penser à un combat épique de Tolkien dans Le Retour du Roi. Je vous laisse vous faire votre propre avis et me dire si vous avez pensé au même que moi. Nous vivons la traitrise dont faire l’objet Karyl Bogomirskiy, mais également nous découvrons d’autres personnages qui auront leur importance au cours du roman, Rob Korrigan, le maître dinosaure et Jaume Llobregat, champion de l’empereur et capitaine-général de l’ordre des Compagnons de Notre-Dame du Miroir.

Après cette bataille, nous suivons la « renaissance » de Karyl et le début de sa fuite. Puis nous découvrons d’autres personnages, notamment l’empereur Felipe et sa fille ainée Melodia, une jeune femme fougueuse, intelligente et qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Nous découvrons également un ancien ennemi de l’Empire devenir un bras armé de Felipe, Falk Von Hornberg, avec un physique imposant sans pour autant être simple d’esprit. Son arrivée et la place qu’il obtient révoltent beaucoup de monde, mais cela ne changera rien.

Et un roman avec un tel titre ne peut se poursuivre sans guerre. En effet, la bataille que nous avons vécue en début de livre n’était que des prémices, nous allons en vivre d’autres, avec toutes les horreurs que cela implique. Elles nous donneront l’occasion de voir plus encore les dinosaures en action, et nous réaliserons qu’effectivement, l’art de la guerre avec de telles montures et armes s’avère plus impressionnant encore que les batailles que l’on a déjà pu lire ou voir auparavant. C’est bien là un grand plus de ce récit et une belle innovation de Victor Milan qui apporte un petit vent de nouveauté dans la Fantasy.

Les personnages sont d’une grande importance également dans la qualité de l’histoire. Ils nous offrent une belle palette de personnalités, allant de la brute avec Falk, qui s’avère aussi détestable que les plus haïssables des personnages du Trône de Fer à la belle avec Melodia, que l’on pourrait définir comme un mélange de Cersei et Daenerys, tout un programme n’est-ce pas ! Nous avons les héros dont on chante leurs louanges dans les tavernes avec Karyl, un Ned Stark ayant survécu et Jaume, un Jaime Lannister sans le côté régicide, mais avec tout son honneur et des principes bien fondés.
Et au milieu de ceux-ci, Rob Korrigan, qui n’est pas des moindres, car même s’il n’a rien d’héroïque comme les deux cités précédemment, il se révèle le barde agile au combat, celui qu’on aimerait incarner dans un jeu vidéo et qui sait se hisser plus haut que la place qu’on lui destinait. Plus les pages défilaient et plus mon avis sur lui se renforçait, tel Tyrion qui au fil des saisons de Game Of Thrones devient le personnage que l’on ne peut qu’aimer, malgré ses mauvais côtés.
L’empereur, quant à lui, s’avèrerait un subtil mélange d’un Lannister, d’un Stark, d’un Baratheon avec une Main derrière lui qui regroupe plus ou moins tout le conseil du roi des Sept Couronnes.

Les intrigues sont multiples au cours de ce roman, les machinations se font et se défont. Certaines personnes voient leurs objectifs s’éloigner ou se rapprocher alors que d’autres subissent des trahisons ou des coups du sort, mais la joie, l’espoir et le bonheur s’invitent bien peu en ces pages où règnent, bien au contraire, le doute, la peur, le désespoir, la haine et même l’horreur.

Ce n’est pas le final qui apportera une touche de conte de fées avec un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », mais nous nous retrouvons prisonnier d’événements à venir, d’affrontements qui seront, on l’espère, spectaculaires et violents, mettant encore plus en avant ces dinosaures que l’on n’a pas encore assez vus à mon gout, tant ils sont si bien intégrés à ce monde que nous dépeint l’auteur. Les vies des personnages principaux semblent pour beaucoup sur la sellette, tant l’espoir semble mince pour leur avenir. On ne peut qu’attendre le deuxième acte de cette pièce de théâtre à laquelle on assiste, tout comme les serviteurs des créateurs que l’épilogue nous permet de découvrir un peu plus.

George R. R. Martin nous disait juste en annonçant un croisement entre Jurassic Park et le Trône de Fer pour Guerre & Dinosaures, même si les dinosaures ne sont pas une attraction dans un parc, mais font partie intégrante du spectacle que nous offre Victor Milan avec sa troupe de personnages sur Paradis.

Je ne peux que vous conseiller fortement de vous précipiter chez vos libraires et d’acquérir ce roman, même s’il vous faut sortir les griffes et les épées pour pouvoir affronter la foule qui se pressera sur votre chemin.



vendredi 25 mars 2016

La Guerrière d'Argalone tome 2, Un Choix Douloureux : Frédérique Arnould


● Titre d'origine : La guerrière d'Argalone, tome 2 : Un Choix Douloureux
● Date de parution : 2 Mars 2015
● Nombre de pages : 244
● Édition de ton livre : Editions Artalys
● Quatrième de couverture :

Grâce à sa connaissance de la guerre et à ses dons de magicienne, Alexia a aidé ses compatriotes à chasser l’armée noire, mais l’enlèvement de Tomas par le prince Grahir a entaché cette belle victoire.

Accompagnée du capitaine William, de Maxi et de trois autres de ses camarades, elle se lance à la recherche de Tomas dans le royaume ennemi, où la place de la femme est inexistante. Horrifiée de voir autant de cruauté et si peu de considération, elle doit tenir sa langue et contenir sa magie pour ne pas faire échouer sa mission. Heureusement, elle fera de belles rencontres qui l’aideront à supporter cette culture si différente de la sienne.

Plongée dans ce monde dont elle ignore tout, elle découvrira ses origines extraordinaires et devra faire des choix douloureux. Arrivera-t-elle à sauver Tomas ? Et Maxi retrouvera-t-il sa place dans le cœur d’Alexia ?

● Mon avis :
Après nous avoir laissé flotté entre deux eaux avec le final du premier tome, Des Amours Maudites, Frédérique Arnould nous convie à découvrir ce qu’il advient donc à Alexia. Et comment dire, les retrouvailles nous font chaud au cœur. Pensez donc que l’on avait laissé l’héroïne dans une situation peu enviable.

L’armée noire a été repoussée, mais cela ne s’est pas fait sans heurt. Tomas a été enlevé par le prince Grahir, assombrissant la liesse de la victoire. Un groupe composé du capitaine William, de Maxi, d’Alexia et de trois autres de leurs camarades se met en quête du fils du capitaine, s’enfonçant dans le royaume de Dorduine, où la femme n’a aucune considération. Face à cette horreur qui lui saute au visage, elle va devoir faire preuve de beaucoup de retenue pour ne pas faire échouer leur mission. Leur parcours sera ponctué de riches rencontres qui lui apporteront un peu plus de force pour supporter cette culture étrangère. Les révélations seront nombreuses, notamment sur ses origines et Alexia se retrouvera face à des choix bien douloureux.

Le récit prend place dans la continuité du premier tome et nous retrouvons donc notre héroïne qui se réveille d’un long repos forcé et le retour à la réalité est bien douloureux, Tomas a été enlevé. La décision ne fait aucun doute, il faut aller le secourir. Alexia ne peut rester ainsi et rejoint le groupe qui se forme pour tenter cette aventure.
Nous voyons se profiler une quête en groupe restreint, mais cela peut-il être aussi simple ? Avec un personnage tel qu’Alexia, cela ne se peut, me direz-vous et vous aurez bien raison ! Elle a le don pour toujours se retrouver dans des situations quelque peu compliquées et nous aurons l’occasion de le confirmer à de nombreuses reprises. Son cœur la conduira à faire des choix faciles ou pas, mais qui, de rencontre en rencontre, l’amèneront à se découvrir, à accepter les vérités qui lui seront révélées, bonnes ou mauvaises ?

D’ailleurs, si l’on devait définir ce tome, nous pourrions le décrire comme le livre des révélations, car c’est bien ce qui rythme une bonne part du roman. Celles-ci seront d’ailleurs les bienvenues pour mieux appréhender le monde que nous dépeint l’auteur, avec les différentes cultures, l’histoire des pays, et bien sûr nous en dévoiler un peu plus sur Alexia, ce qu’elle est et ses origines.
Mais les rencontres prennent également une part importante dans ce livre, bien plus que dans le premier presque, car ils nous ouvrent les yeux autant que certaines révélations. On découvre des personnes qui ont choisi d’affronter ou qui subissent les événements, les traditions, mais qui se révèlent fortes lorsqu’on leur tend la main, qu’on leur montre une autre voie comme le fera notre héroïne.

Les sentiments restent également bien présents puisque Alexia souffre toujours du dilemme amoureux qui pèse sur son cœur. L’enlèvement de Tomas pourrait remettre en cause son amour, mais aussi le renforcer, le confirmer. La présence de Maxi qui, quant à lui, semble mettre de l’écart entre eux deux, voudrait nous faire penser qu’il a bien tiré une croix sur leur histoire, mais certains gestes viennent semer le doute. Quel choix douloureux fera la jeune femme ? Lequel choisira-t-elle finalement ?
Elle aura un long chemin à parcourir pour que le choix s’impose à elle. Elle verra des personnages rejoindre son groupe puis au fil des directions et des décisions à prendre, son entourage se réduira pour ne la laisser que peu entouré alors que le dénouement de ce tome se profilera. Une épreuve des plus effrayantes l’attendra et nous sentirons notre cœur broyé par les événements qui marqueront le final de ce tome, nous laissant prisonnier des affres d’une peine qui nous envahit alors qu’une question retentit tel un écho dans esprits : Que lui arrive-t-il ?

En conclusion, Un choix douloureux nous offre une très bonne suite pour la Guerrière d’Argalone, mais emprisonne nos cœurs dans une torpeur dont on ne pourra sortir qu’en lisant le troisième tome. Pour nous, nul choix douloureux à faire, juste une évidence, Un Combat Difficile nous tend les bras.


jeudi 10 mars 2016

Earthend tome 1, Visions de Feu, Gillian Anderson et Jeff Rovin


● Titre d'origine : Earthend, book 1: A Vision of Fire
● Date de parution : 3 février 2016
● Nombre de pages : 344
● Édition de ton livre : Editions Bragelonne
● Quatrième de couverture :

Partout sur la planète, des adolescents sans aucun lien commencent à présenter des symptômes inexplicables. La fille du représentant indien à l’ONU se met à parler une langue qui n’existe pas et souffre de violentes visions. Une jeune Haïtienne manque de se noyer sur la terre ferme. Un étudiant iranien s’immole par le feu…
À New York, la célèbre psychologue pour adolescents Caitlin O’Hara est chargée de traiter la fille de l’ambassadeur indien, qu’elle pense être sous le choc des tensions qui menacent son pays et pourraient bien mener à une guerre nucléaire. Mais très vite, Caitlin est obligée de reconnaître qu’elle a affaire à un phénomène plus sinistre encore, lié à des forces issues d’une civilisation disparue.


● Mon avis :

Alors que tous les fans de X-Files fêtaient le retour de leur série mythique, du côté des rayons des librairies, l’agent Scully, alias Gillian Anderson faisait parler d’elle avec la sortie française du premier tome de la trilogie Earthend, en collaboration avec Jeff Rovin, auteur reconnu, notamment pour la série Op-Center, du défunt Tom Clancy, dont il a écrit une dizaine de romans. J’espère bien que les fans de la série culte et de l’actrice auront pris une double ration de Gillian, car ce roman est à mettre entre toutes les mains.

En différents lieux, sans aucun lien entre eux, des adolescents commencent à présenter d’inexplicables symptômes. À New-York, la fille du représentant indien de l’ONU s’exprime tout à coup dans une langue qui n’existe pas et souffre de visions violentes. Caitli O’Hara, célèbre psychologue pour adolescents, est appelée pour la soigner, la pensant sous le choc des tensions menaçant son pays et qui pourraient avoir de lourdes conséquences. Une jeune Haïtienne manque de se noyer au milieu d’une rue et un étudiant iranien, quant à lui, s’immole par le feu.
Caitlin, bien vite, se trouve contrainte d’avouer avoir à faire à un phénomène plus sinistre, lié à des forces issues d’une civilisation disparue.

Dès le début, nous sommes confrontés à l’horreur qui s’empare de la jeune Maanik, fille de l’ambassadeur indien de l’ONU, et nous nous posons la question du rapport avec le prologue qui était à cent lieues de ce que nous découvrons ensuite. On s’interrogera à de nombreuses reprises sur le lien qui pourrait exister et l’on fera des suppositions qui seront contrecarrées, ou pas, alors que nous poursuivons notre lecture. Les événements qui se déroulent lors des visions de la jeune fille semblent si réels qu’ils ont un impact sur celle qui les vit et que son entourage le perçoit.

D’ailleurs, Maanik, pleine de vie d’ordinaire, ne semble plus être elle-même et la tâche qui incombe à la psychologue semble ardue tant ce qui arrive à la jeune fille bouleverse tout ce qu’elle a pu affronter auparavant. Néanmoins, Caitlin ne rend pas les armes pour autant et n’hésite pas à se rendre auprès de la jeune Haïtienne ainsi que du jeune Iranien dans l’espoir d’obtenir la clé qui lui permettra de comprendre et d’aider la jeune Indienne. De rencontre en rencontre, elle finira par recevoir « l’illumination », cette compréhension et cette acceptation qui vont lui ouvrir les yeux et l’esprit. Dès lors, il est question d’une course contre la montre pour sauver Maanik.

Caitlin est une mère célibataire approchant de la quarantaine, dont aucune description n’est faite, mais on se la représente sous les traits de Gillian Anderson. Elle a un jeune garçon sourd de 10 ans qui la rattache à ce monde, lui donnant cette bulle protectrice pour se ressourcer.
Elle a un ami, Ben, traducteur et ami de l’ambassadeur indien de l’ONU. On leur souhaite bien plus que de l’amitié et l'on espère voir leur relation évoluer au fil des pages. Il lui apportera toute son aide dans cette épreuve, en effet aider Maanik sera très éprouvant et révélateur d’un monde qui nous dépasse.

Alors que défilent les chapitres, quelques comparaisons me sont venues. Tout d’abord, celle avec Présages de James Herbert, pour le fait qu’ils se passent plusieurs incidents similaires à des endroits très éloignés les uns des autres. Puis, bien entendu, on ne peut renier que ce récit puisse être lié de près ou de loin à X-Files. Que celui qui n’a jamais envisagé ce rapprochement en lisant ce livre me fasse signe.

Lorsque le dénouement se fait proche, nous sommes fébriles, gagnés par ces visions que partage désormais Caitlin avec la jeune Indienne, agissant même au cœur de celles-ci, quittant son rôle de spectatrice pour en devenir actrice. Nous tendons nos mains pour lui apporter tout notre soutien. Un nœud se forme à nos estomacs et luttons contre ce cri de douleur ou de peur qui veut s’échapper de nos gorges. Nous passons notre nuit aux côtés de la psychologue et frissonnons alors que la vérité semble être ailleurs, car le final ne nous donne pas le droit d’arrêter notre lutte. Il nous faut la suite. Peut-on donc faire de ce premier tome une « Affaire non classée » ? Je dirais que oui tant il me tarde à la lecture de celui-ci de découvrir la suite, ce Rêve de Glace qui est sorti aux USA en décembre 2015.

Sans aucun doute, nous pouvons affirmer que Gillian Anderson et Jeff Rovin ont su franchir les barrières de nos esprits, en soulevant de nombreuses questions qui continuent de nous tarauder alors même que nous avons refermé ce livre. Ils nous donnent envie de chercher jusqu’où se sont-ils inspirés du passé et quelle part de ce récit n’est que pure invention. Où s’arrêtent les frontières du réel ?

Finalement, il s’avère difficile de cantonner Visions de Feu à un simple thriller alors que le fantastique et l’ésotérisme pointent le bout de leur nez au fil des pages. Il est bien plus que cela ! Il est une météorite de mythes, de croyances, d’espoir, de rêve, de cauchemar et même de folie traversant le ciel de la planète thriller avant de s’y écraser, creusant un cratère que même le temps et ceux qui aiment tout classifier ne pourront réduire.