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jeudi 31 octobre 2013

Anamorphose, Nathy



● Titre d'origine : Anamorphose Invictus Tenebrae
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages : 311
● Édition de ton livre : Rebelle éditions
● Quatrième de couverture :


Que l’on soit vampire ou humain, le passé d’un être laisse des marques indélébiles.
Dante se souvenait de tout.

La violence de l’attaque de Lucrezia. La panique ressentie quand les canines avaient effleuré sa peau et déchiré sa gorge. La douleur épouvantable qui fut la sienne ; le feu parcourant ses veines tandis qu’elle s’abreuvait de son sang. Les soubresauts de son corps refusant la perte de son fluide vital. Son envie de crier, alors qu’aucun son ne pouvait franchir ses lèvres. Des larmes qui coulaient sur son visage pendant qu’elle se délectait de sa vie. Son rire dément, ses humiliations, ses tortures.
Esclave, tel était son nom.


Bien des siècles plus tard, une jeune humaine, Camille, aussi torturée que lui, croisera son chemin. Seront-ils capables d’échapper à leur obscur destin ?



● Mon avis :



Comme ce fut le cas pour le recueil de Stéphane Soutoul, j’ai eu l'occasion de découvrir ce roman Anamorphose par le biais d’un service presse auprès de Rebelle éditions. Pourquoi le choix de ce livre et pas un autre ? Tout simplement, car le quatrième de couverture ainsi que l’illustration revêtait pour moi l’apparence d’une invitation. Une invitation pour me laisser submerger par une palette d’émotions en découvrant le récit que nous offre Nathy. Un vampire à l’âme torturée par son passé renvoie pour moi inéluctablement à Louis, ce personnage d’Anne Rice et que j’aime énormément.

C’est donc avec le fol espoir de découvrir une histoire captivante et émotionnellement très forte que j’ai débuté ma lecture. Et rapidement, je fus séduit et emporté par le récit. Notamment l’alternance de point de vue entre les deux héros qui permet de mieux ressentir leurs sentiments alors que l’on découvre le passé de Dante ou la vie de solitude de Camille.
La peine et l’effroi viennent tour à tour nous enserrer la poitrine alors que nous découvrons les tortures et les humiliations qu’a subies notre héros. Et un chagrin immense inonde notre âme devant les malheurs de l’héroïne.
Au fil des pages, on suit le combat de nos deux héros contre cette invincible obscurité qui semble tout faire pour les contraindre à la douleur, à ne jamais connaître la joie et le bonheur, mais Nathy nous laisse toujours entrapercevoir un possible rayon de soleil dans leurs vies. Pourra-t-on vérifier ceci ou alors subir une complète désillusion de la vie ?

Il est également à noter que même sans révolutionner le thème du vampire, on peut saluer la touche d’originalité qu’a instillé l’auteur dans son récit et qui ajoutent à l’intérêt d’Anamorphose en sus de cette tempête permanente dans nos cœurs entre tous ces sentiments que nous inspire le roman.

Par ailleurs, tout au long du livre, les descriptions de ce qui arrive à Camille ont rapidement soulevé une impression qui me hante toujours, celle de lire une histoire vécue par l’auteur et qui nous la retranscrirait sous la forme d’un roman fantastique. Cela augmente fortement l’émotivité de ce qu’on lit, car quel que soit la vérité, l’emprise qu’a sur nous Anamorphose est totale. Nous ne sommes que des fétus de paille dans une tornade de sentiments. Tristesse, espoir, joie, désespoir, peine, effroi, passion. Mon cœur a bondi pour toutes ces émotions qui parsèment le récit.

Jusqu’à la dernière page, l’étau m’enserre, incertain de ce qu’il adviendra à Dante et Camille et lorsque le dénouement arrive, c’est pour mieux m’arracher quelques larmes.

Nathy nous offre, pour un premier roman, un arc-en-ciel d’émotions avec des personnages on ne peut plus attachants dans un style des plus agréables à lire qui marie descriptions pleines de poésie à des scènes d’action qui peuvent par moment sembler bien trop réel pour être de la simple fiction. En un mot comme en cent, c’est un bonheur que de lire une histoire telle que celle-ci. Un grand merci.





vendredi 25 octobre 2013

Troubles Songes, Stéphane Soutoul


● Titre d'origine : Troubles Songes
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages :280
● Édition de ton livre : Rebelle éditions
● Quatrième de couverture :

Dans le labyrinthe des songes, suivre le fil d'Ariane amène à découvrir des histoires aux atours trompeurs. Des univers altérés qui voguent sur les genres de la fantaisie urbaine, du gothisme et de la poésie. Ils occultent le réel de notre monde pour laisser place à l imaginaire. Croyez-vous aux fantômes des amours de jadis, aux démons et aux vampires ? Quelles superstitions éveillent à vos sens sorcières malfaisantes, pulsions sanguinaires et justiciers d'outre-tombe ? À moins que les pouvoirs secrets d'une jeune flûtiste ou de Déesses nordiques ne suscitent en vous une irrésistible attraction ? Ces perspectives, écartelées entre innocence et perversion, sont le reflet des treize récits de Troubles Songes. Treize nouvelles pour vous convier sur les sentiers de mystérieux paysages... L'itinéraire d un voyage à la lisière du fantastique et de l'immoral.


Au sommaire du recueil :
Là où perdurent les âmes
Un sourire sur tes lèvres
L'Ombre et la Lumière
Lune d'améthyste, cœur de chair
Le gardien du Bifröst
Dégénérescence
Le Masque d'Héphaïstos
Jack
Innocence meurtrie
Rêves sur mesure
Vœux assassins
Le dernier périple du guerrier
Quelques notes de magie






● Mon avis :





Il y a quelques mois de cela, Rebelle éditions a offert la possibilité aux blogueurs de nommer deux livres de leurs collections qu’ils aimeraient découvrir en service presse. J'ai la chance d'avoir été retenu et j'ai donc pu recevoir il y a quelques semaines Troubles Songes ainsi qu'un autre livre dont je vous parlerais en temps voulu.
Si mon choix s'est porté sur ce recueil de nouvelles de Stéphane Soutoul, c'est en grande partie grâce au très bon souvenir que j'ai d'une lecture passée ainsi que de la promesse faite par le quatrième de couverture. « L'itinéraire d'un voyage à la lisière du fantastique et de l'immoral. » C'est exactement ce qui m'attire dans une majorité de mes lectures, jouer à l'équilibriste entre la réalité et l'irréel sans pouvoir déterminer où se situe la frontière précise entre les deux.
L'introduction qu'a rédigée l'auteur et dans laquelle il s'adresse au lecteur permet une première plongée dans ce qui guidera notre lecture au fil des pages, une plongée dans l'onirisme, dans un état de veille propice à ce sentiment qui m'a étreint tout au long des 13 contes. Suis-je éveillé ou suis-je en plein rêve ?

Là où perdurent les âmes et Un sourire sur tes lèvres nous introduisent dans ces Troubles Songes avec douceur pour mieux nous plonger dans le fantastique, voire dans l'horreur face aux choix que devront faire les héroïnes. On ne peut que partager leurs émotions et même jusqu'à approuver leurs actes. Une douce entrée en la matière qui ne nous laisse pas indifférents.
L'Ombre et la Lumière et Lune d'améthyste, cœur de chair ont dans leur approche et dans leur trame quelque chose de très cinématographique. D'ailleurs Lune d'améthyste, cœur de chair m'a renvoyé à un film avec Brandon Lee que j'ai vu de nombreuses fois. On y retrouve l'amour, la tristesse et l'esprit de vengeance retranscrits avec le style si poétique de Stéphane Soutoul. L'Ombre et la Lumière, quant à lui, fraierait du côté des films de super héros, mais pas ceux tout beaux, tout gentils, non ceux qui savent que la vie ne fait pas de cadeau et qu'il faut affronter l'horreur et se salir les mains. Cela en fait une nouvelle très rythmée qui nous prend aux tripes pour mieux nous laisser entrapercevoir l'immoral.
Féru de mythologie comme je le suis, certains de ces contes revêtent pour moi une saveur bien particulière. C'est ainsi que Le gardien du Bifröst et Le dernier périple du guerrier m'ont propulsé auprès des Dieux Nordiques pour les découvrir de la plus belle des manières. Comment ne pas regretter de vivre dans un monde tel que le nôtre lorsqu'on découvre la prestance, l'honneur, la beauté et le dévouement dont font preuve Heimdall ou Idunn ? Quel plus grand honneur également pouvait être fait à un guerrier que de rejoindre le Walhalla guidé par une Walkyrie ? Ce sont bien là des valeurs qui me parlent que celles transmises par ces récits et une grande joie pour moi d'avoir pu lire des récits sur les Ases ou les Vanes ailleurs que dans des ouvrages de mythologie.
Le masque d'Héphaïstos, même s'il se réfère au nom d'un ancien dieu ne nous renvoie pas aux anciennes croyances, mais à un univers fantaisiste où je n'aimerais point vivre tant l'horreur peut prendre un visage que l’on n’attend pas. La soif de liberté et de découverte peut mener à bien des chemins, mais pas toujours ceux que l'on voudrait suivre.
Dégénérescence nous offre une vision très intéressante sur le mythe du vampire et nous buvons les mots comme ces créatures le sang pour connaître la chute de la nouvelle. On se retrouve bien loin au final du romantisme de Dracula.
Lorsque l'histoire est revisitée de la sorte, on découvre tout sous un jour nouveau. C'est ce que l'auteur nous offre avec Jack. Cette explication sur un sombre passage de l'Histoire londonienne nous montre que la folie n'est pas loin lorsque l'on fraie avec le surnaturel. Et la folie peut conduire à l'horreur.
Dans Rêves sur mesure, Stéphane Soutoul nous décrit combien la passion peut nous pousser vers le haut et nous conduire à révolutionner le monde lorsque rien ni personne ne vient contrecarrer nos rêves les plus fous.
Innocence meurtrie, Vœux assassins et Quelques notes de magie nous permettent de nous rappeler combien les enfants peuvent faire preuve d'innocence même lorsqu'ils doivent affronter l'ignominie. On y retrouve également ce qui est bien souvent une triste réalité, cette candeur juvénile se voit bien souvent malmenée et le pire c'est que ce ne sont pas des créatures surnaturelles qui en sont souvent la cause, mais bien les humains avec leurs perversions qui n'ont de cesse de détruire tant de pureté. C'est le constat que l'on peut tirer de ces trois contes qui nous ouvrent les yeux et le cœur plus encore qu'ils ne le sont déjà.

Troubles Songes est un titre on ne peut plus juste pour nous présenter les 13 nouvelles qui composent ce recueil. Stéphane Soutoul nous offre une évasion hors de la réalité pour nous faire vivre toute une palette d'émotions et de sentiments que l'on partage avec les personnages qui ont pris vie sous sa plume toujours aussi agréable à lire.
L'ordre de ces contes nous trace l'itinéraire de ce voyage que nous promet le quatrième de couverture, car des premiers récits où l'on décolle jusqu'à la dernière page, nous nous retrouvons en orbite entre le fantastique et le réel, entre le rêve et l'immoral et l'on ne sort pas indemne en refermant cet ouvrage. On laisse une partie de notre âme entre ces lignes.