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lundi 30 juin 2014

Sutures, Frédéric Livyns


● Titre d'origine : Sutures
● Date de parution : 9 Juin 2014
● Nombre de pages : 187  (ebook)
● Édition de ton livre : Editions Lune Ecarlate (Semitam Tenebris/Horreur/Epouvante)
● Quatrième de couverture :

Recueil de nouvelles horrifiques préfacé par Marc Bailly.
Qu’est-ce qu’une vie?
Des fragments de temps que l’on essaie d’agencer à notre convenance ?
On a beau essayer d’agir au mieux, on ne dispose jamais de toutes les cartes.
Tout ce qu’on a créé peut être balayé d’un revers de main du Destin.
Quoi que l’on fasse, la souffrance et la mort ne sont jamais bien loin.
Elles guettent le moindre de nos faux-pas afin d’imprimer dans notre chair et notre esprit des cicatrices indélébiles.
Des sutures que nous nous efforçons de cacher…

Table des matières :
Dirty Henry 
Escaliers pour nulle part
Joyeux anniversaire
La cave
La défaite
La descente
La malédiction du suricate
La mare aux morts
La nuit dévorante
La voix
Le bracelet
Le sourire
Les mange-chair
Lilu et Lilitu
Mémoires d’outre-temps
Post mortem
Poupée d’amour
Prédateurs
Promesse tenue
Sutures
Temps d’arrêt 
Un bonbon ou un sort !
Un jour ordinaire


● Mon avis :


« Ce n’est pas une défaillance de votre livre. N’essayez donc pas de tourner la page. Nous maîtrisons, à présent, toute cette édition. Nous contrôlons les chapitres et les paragraphes. Nous pouvons vous noyer sous un millier de mots ou dilater une simple lettre jusqu'à lui donner la clarté du cristal, et même au-delà... Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir. [Pendant l'heure qui vient,] nous contrôlerons tout ce que vous allez lire et ressentir. Nous partagerons les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses... au-delà du réel. »

Comme vous l’aurez sans doute deviné, ceci est l’introduction de la série Au-delà du Réel que j’ai légèrement modifiée. Cette parodie très rapide illustre tout aussi parfaitement que le générique des Contes de la Crypte ce recueil. Comme vous pouvez le constater à la vue du sommaire, nous avons une compilation de nouvelles plus que fournie.

Dirty Henry, Escaliers pour nulle part, Joyeux anniversaire, La cave et La défaite s’enchaînent à toute vitesse et nous plongent bien vite dans un état d’angoisse, de mal-être, mais déjà l’envie malsaine de poursuivre la lecture nous assaillit. Imaginez des scènes des plus banales vous sauter au visage sous un tout nouvel angle.

La descente, La malédiction du suricate, La mare aux morts et La nuit dévorante prennent quant à elles leur temps pour installer une ambiance pesante, où le moindre bruit nous fait sursauter dans notre lit (si comme moi, vous lisez au lit). On est accroché à la plume de Frédéric Livyns, se rongeant les ongles alors que la chute vient nous glacer le sang ou pas.

On a également l’occasion de côtoyer la folie avec La voix ou Un jour ordinaire. Nous avons en effet différentes facettes de ce mal qui ronge les Hommes. La folie meurtrière avec ces dérives qui nous fait monter la bile au bord des lèvres. Le chagrin qui peut faire perdre la raison lorsque celui-ci s’avère très violent et inattendu. Celui-ci, on en ressent une profonde peine. Ce dérangement mental peut même se poursuivre après la mort, comme nous le montre Prédateurs. Quelle que soit cette folie qui nous est dévoilée au cours de ces textes, l’auteur trouve les mots justes pour nous conduire au fil des pages.

Les objets maudits ou possédés ont également leur part dans l’horreur qui peuple ce recueil. Des récits tels que Le bracelet, Post mortem, Poupée d’amour ou encore Promesse tenue illustrent ce thème assez récurrent, que ce soit dans le genre de l’épouvante ou dans bien d’autres de la SFFF. Bien souvent, ce sont des objets banals ou encore des bijoux qui ont traversé les âges pour accomplir la malédiction qui les habitent. Frédéric Livyns apporte donc sa touche à cet édifice, du moins à cet amoncellement de victimes en manœuvrant parfaitement l’intrigue de ces nouvelles.

La vengeance est un plat qui se mange froid comme le dit si bien le proverbe. Le sourire et Promesse tenue (oui, j’en parle deux fois ^^) en sont un brillant exemple. L’envie de se venger peut survivre par-delà la mort et se révéler des plus terrifiantes. Elle peut aussi prendre un aspect violent, primal et nous retourner les entrailles.

Les mythes et les légendes ainsi que les croyances populaires sont emplis d’histoires bien plus épouvantables que l’on pourrait l’imaginer. Les mange-chair ainsi que Lilu et Lilitu en sont une illustration que nous dresse l’auteur en nous offrant une part de ces folklores et de ces créatures démoniaques. Nous n’avons pas à faire aux histoires les plus sanglantes du recueil, mais leur contenu n’est qu’une preuve que l’horreur a toujours fait partie prenante de l’humanité.

Un clin d’œil à un très célèbre auteur s’est glissé dans cet ouvrage, reconnaîtrez-vous de qui il s’agit avant la fin de Mémoires d’outre-temps et son récit que l’on trouverait plus orienté science-fiction que épouvante. Mais qui a dit que la science-fiction n’était pas effrayante ? Que cela ne pouvait pas nous hérisser les poils sur les bras, nous donner la chair de poule devant ce qui se déroule sous nos yeux.

La nouvelle qui donne son titre au recueil, Sutures semble tirer son essence des légendes urbaines qui hantent les métropoles ou les villes avec un passé mystérieux, effroyable. Une fois encore, nous avons l’occasion de découvrir que l’Homme n’a nul besoin de créatures surnaturelles, car il sait se montrer bien plus monstrueux que toutes réunies en certaines occasions.

Temps d’arrêt semble rendre hommage à un grand nom de la littérature d’épouvante avant de dérouler ses pages pour nous dévoiler une chute différente de ce que l’on attendait. On se trouve tout au long saisi par cette ambiance malsaine qui nous fait froid dans le dos.

Il est également possible d’être effrayé lorsque l’on est surpris même si rien de dangereux ne nous attend. Un bonbon ou un sort ! en est une preuve et l’on pourrait esquisser une larme lorsque se termine cette courte histoire.

Au fil des 23 récits qui composent ce recueil, nous avons grandement l’occasion de mettre à mal nos émotions. Celles-ci sont torturées par la plume efficace de Frédéric Livyns qui nous dévoile tout son talent. Il est vrai que son nom nous est inconnu de manière générale, mais il ne faut surtout par qu’il le reste. Vous devez absolument vous laisser maltraiter au fil des pages et vous verrez que vous aimerez ce que vous lirez sans pour autant en être des personnes malsaines. On ne se connait mieux soi-même que lorsque l’on affronte les ténèbres et les tréfonds de l’âme humaine. C’est donc armé de la volonté de se découvrir que l’on se plonge dans ces récits teintés d’effrois, digne de nos pires cauchemars.
Certains regretteront qu’il n’y en ait que 23 au sommaire de Sutures, mais les plaies que ces nouvelles ouvrent dans nos cœurs sont déjà bien assez nombreuses pour que nous voulions marquer à jamais nos esprits.

Que vous soyez Au-Delà du Réel ou dans les Contes de la Crypte, vous aurez à cœur meurtri de trembler d’effroi ou de peur sous la plume de Frédéric Livyns.














mardi 17 juin 2014

Les Chroniques de Siwès, tome 1 : La Guerrière Fantôme, Syven


● Titre d'origine : Les Chroniques de Siwès, tome 1 : La Guerrière Fantôme
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages : 462
● Édition de ton livre : Editions du Riez
● Quatrième de couverture :

Dans notre monde, elle est une étudiante parmi tant d’autres.
Dans le monde d’Ès qu’elle visite nuit après nuit, elle est un esprit guerrier.
Elle y affronte une armée, des sorciers et des dragons, par amour pour Tadjal, un tigre fabuleux qui l’aide à comprendre sa véritable nature.
Elle s’est attachée à lui, aux humains qu’il protège, à la cité d’Ispare que l’empire s’apprête à assiéger. Pour les sauver, elle doit changer le cours de la guerre et empêcher les dragons-défunts de ravager les cités libres.
Quitte à se perdre si le lien entre son corps et son esprit se rompt.
Siwès est la guerrière fantôme, et l’empire du Lluhan tremblera à l’annonce de son nom.




● Mon avis :


Des fois lorsque l’on referme un livre, on se demande pourquoi l’on a tant attendu avant de le lire. Les Chroniques de Siwès, tome 1 : La Guerrière Fantôme fait parti de ceux-ci. Est-ce avec l’annonce de la sortie de Subliminale de Syven que je me suis décidé à lire ce roman ? Quoi qu’il en soit, ce fut une lecture plutôt rapide en rapport à mon rythme habituel.

La Guerrière Fantôme nous emporte dans le monde d’Ès, où une étudiante de notre monde, se retrouve nuit après nuit. Elle y incarne un esprit guerrier et, accompagnée de Tadjal un tigre fabuleux, elle doit affronter l’armée Lluhanienne pour sauver la Cité d’Ispare. Elle doit également comprendre ce qu’elle est réellement. Nous suivons Siwès dans cette guerre et découvrons ses chroniques.

J’avais déjà lu Au Sortir de l’Ombre de Syven et connaissait donc son talent, mais cela ne m’a pas empêché d’être très rapidement absorbé par ma lecture. Un univers et des créatures fascinantes, une héroïne attachante dont on voudrait prendre la place et des personnages qui ne manquent pas de charme face à des ennemis que l’on ne peut que détester. Tous les ingrédients sont réunis pour nous entraîner dans une aventure palpitante.

Le récit ne se cantonne pas à nous montrer des scènes de batailles les unes après les autres, nous avons aussi l’occasion de découvrir les sentiments qui habitent nos personnages. Nous en apprenons également sur le passé de ce monde d’Ès ainsi que sur les créatures fabuleuses qui le peuplent.
L’auteure n’oublie pas non plus de nous donner un aperçu de ce qu’il advient à notre héroïne lorsqu’elle retourne dans notre réalité, mais en gardant une part de mystère importante sur qui elle est.

Au fil des chapitres, nous n’avons que très peu de certitudes sur la manière dont se terminera ce livre. Siwès et ses amis sortiront-ils victorieux ? Devrons-nous faire face à des pertes qui alourdiront nos cœurs ? Que deviendrait-elle si elle venait à périr en tant qu’esprit ? Toutes ces questions viennent à un moment ou un autre du roman et certaines ne trouvent pas de réponse.

Rapidement, nous sommes les prisonniers de ce premier tome et nous n’avons qu’une seule envie. Ne plus nous arrêter de lire pour ne jamais quitter le monde d’Ès. C’est donc avec une certaine appréhension que l’on arrive au dénouement. Nous retenons notre souffle, craignant pour Siwès et ses amis ainsi que pour la cité d’Ispare. Le soulagement n’est pas complet lorsque vient le final de La Guerrière Fantôme, la tristesse gagne nos cœurs de devoir abandonner ce monde onirique pour retourner dans notre morne réalité.


Si, lorsque vous étiez plus jeunes, vous avez toujours rêvé d’être une autre personne et de vivre des aventures fabuleuses dans un autre monde dès que le sommeil vous emportait, Les Chroniques de Siwès, tome 1 : La Guerrière Fantôme deviendra la réponse à tous vos espoirs les plus fous. Et pour les autres, vous ne pourrez pas résister au charme de ce livre ni à la plume de Syven. Petits ou grands, ouvrez les yeux et succombez à l’appel du monde d’Ès. Une fois encore, un roman qui vaut bien plus que le détour aux Editions du Riez

vendredi 6 juin 2014

La Malédiction de Tastesang, tome 1 : Le Fléau du traître, Jeff Salyards


● Titre d'origine : Scourge of the Betrayer
● Date de parution : 23 Avril 2014
● Nombre de pages : 480
● Édition de ton livre : Editions Panini (Eclipse)
● Quatrième de couverture :

Nombreuses sont les légendes sur les Syldooniens et leurs soldats, réputés pour leur cruauté. On raconte qu’ils dévorent vierges et enfants, tuent leur propre mère en venant au monde et ne craignent pas même la mort.
Engagé pour chroniquer les exploits d’une unité de soldats syldooniens, Arkamondos est à la fois terrifié et fasciné par leur capitaine. Taciturne et hanté par les souvenirs des victimes de son terrible fléau d’armes, Tastesang, Braylar
est un homme torturé, mais un meneur sans pareil.
Débute alors pour ces combattants d’élite une mission secrète, entre complots, manipulations et assassinats, dont l’issue pourrait déterminer le destin des royaumes…




● Mon avis :


Auparavant pour moi, Panini évoquait les albums d’images à coller. Puis, les comics et les mangas avant qu’ils ne créent des collections pour publier des romans. Le Fléau du Traître est le premier livre que je lis de leurs Éditions Panini. Ce fut l'occasion de découvrir un auteur dont je n'avais jamais entendu parler auparavant et j'étais bien plus qu'intrigué par le contenu après avoir lu la quatrième de couverture et admiré l'illustration. Je me suis donc lancé avec plein d’espoirs dans cette lecture.

On y fait la connaissance d’Arkamondos, le narrateur du récit, ainsi que de Braylar et des Syldooniens l’accompagnant. Nous les retrouvons devant une auberge et c’est pour nous l’occasion d’espérer en apprendre un peu sur eux avant le voyage qui les attend. Le scribe ne sait comment agir face à ces brutes et il oscille entre la terreur et la fascination pour ces soldats et leur capitaine. Il faut dire que l’on peut comprendre ces sentiments mitigés, voire même les partager.

Rapidement, je me suis senti déboussolé, embarrassé, voire agacé par le découpage du récit, très peu de chapitre à proprement parler, ce qui m’a quelque peu fait buter au fil de ma lecture, car il est difficile de poser le livre lorsque l’on doit s’arrêter, pour dormir principalement pour ma part. Ce fut le plus gros défaut à mon goût, car peut-être certains y auront trouvé une originalité très plaisante. Il est vrai que cela nous donne moins de répit et nous ancre bien plus aux côtés d’Arkamondos, jusqu’à être à sa place et écrire nous-mêmes ces chroniques qu’il lui faut rédiger.

Ce premier tome de La Malédiction de Tastesang nous révèle avec parcimonie quelques clés pour mieux cerner l’univers imaginé par l’auteur, ces royaumes et ces peuples qui le composent, certaines de leurs coutumes, mais nous laisse surtout beaucoup de questions sur d’autres aspects, notamment la mythologie qui est évoquée sans que l’on puisse en saisir toutes les nuances. Heureusement, il nous offre aussi son lot d’action, n’hésitant pas à malmener les personnages pour mieux servir l’histoire. Car sinon, nous aurions rapidement été gagnés par l’ennui.

Les complots, les manipulations et autres nous laissent avec bien plus de questions que de réponses, car Jeff Salyards tente de conserver aussi longtemps que possible le mystère sur les objectifs des Syldooniens. Nous parvenons également à imaginer en quoi consiste la malédiction de Tastesang qui pèse sur Braylar sans pour autant en déterminer la nature exacte ni son aboutissement.

Malgré toutes ces zones de flous, nous passons un agréable moment au fil des pages et nous nous laissons emporter avec virulence dans ces passages brutaux où notre soif de sang perçoit son offrande et nous tournons comme des lions en cage lorsque nous nous trouvons dans des espaces confinés ou face à des étendues désertiques, attendant que se déchaine la violence.

Le dénouement de ce Fléau du Traître se profile devant nous et la frustration s’immisce dans nos cœurs de savoir que nous allons dire au revoir aux héros de ce roman et c’est un cri de rage qui s’échappe de notre gorge lorsque nous tournons la dernière page.

La Malédiction de Tastesang, tome 1 : Le Fléau du Traître, sans révolutionner fortement le genre de la Fantasy, nous propose un récit où les questions fort nombreuses viennent emplir notre esprit alors que le flot des pages se fait un torrent pour mieux nous couvrir du sang des blessés et des morts.