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mercredi 24 septembre 2014

Marches Nocturnes, Franck Ferric


● Titre d'origine : Marches Nocturnes
● Date de parution : Septembre 2007
● Nombre de pages : 200
● Édition de ton livre : Nuit d'Avril
● Quatrième de couverture :

Un clochard recueille une créature du Petit Peuple brûlée au fer de la société de consommation… Un journaliste tente de pénétrer les arcanes d’une société secrète qui entend le rester… Une jeune fille cherche à fuir avec son petit frère les murs d’une cité faite d’adultes et de guerre… Un tueur à gages tombe sur une cible qui changera sa vie… Dix-sept contes mêlant fantastique, fantasy et horreur, dix-sept textes de rupture et de transgression par Franck Ferric, auteur de nombreuses nouvelles et d’un roman, et dont les influences incluent tout autant HP. Lovecraft que Bukowski ou Léa Silhol.




● Mon avis :

Depuis un long moment, je m’étais promis de lire ce recueil avant la fin de l’année après avoir lu La Loi du Désert de l’auteur. C’est désormais chose faite ! Et pourquoi ai-je attendu si longtemps ? On comprend bien vite les raisons qui ont poussé les défuntes éditions Nuit d’Avril à signer pour ce recueil avec Franck Ferric. Nous avons là une invitation au rêve, au voyage nocturne dans ce qu’il a de plus magique et de plus terrible.

Trêve introduit ce recueil. Le narrateur s’y adresse directement au lecteur en nous proposant d’imaginer une situation des plus incroyables. Un mendiant frappe à votre porte. Une coupure de courant et vous vous retrouvez sans électricité. Vous lui offrez un repas, un moment au chaud et en remerciement il vous propose une histoire que vous acceptez.
C’est bien plus qu’un unique récit que nous allons découvrir, mais treize ! Un nombre chargé de symbolisme qui revêt ou pas de l’importance en ces pages ?

Nain Rouge ouvre donc le bal avec une histoire emplie de mystère, de superstitions et d’une touche d’angoisse. Celle d’un inspecteur dans un Paris historique qui fait une rencontre qui va changer sa vie de manière bouleversante, un nain roux qui va lui proposer de le débarrasser de ses démons. Mais à quel prix et de quelle manière et qui est cet étrange personnage ? Nous le découvrons et en restons cois. Franck Ferric ne nous ménage nullement dès les premières pages.

Le récit suivant débute dans les cendres du chagrin, dans les horreurs que la guerre engendre. La Part des Cendres nous offre la vision d’une jeune fille s’adressant à son défunt frère. Elle se remémore ce qui leur est advenu. Des frissons gagnent notre colonne vertébrale au fil des pages jusqu’à ce que nous découvrions la chute de cette nouvelle. Dégoutés ? Choqués ?

Le Cœur de l’Augure tient de la légende qui traverse les âges. Celle de deux frères siamois, unis par leurs bras. Là n’est pas leur seule différence, ils possèdent le don d’augure. L’un peut lire le passé d’une personne alors que l’autre le futur et toujours ils sont d’accord. De leurs capacités, ils parviennent à vivre, reclus du monde, recevant la visite de ceux qui veulent profiter de leurs visions. Jusqu’à ce qu’une visite ne change leur destin. Une larme perle alors que le final se profile.

L’histoire suivante pourrait provenir du folklore. Un vieil homme s’en va pêcher comme toujours sous un saule centenaire, se moquant bien des prises qu’il pourrait faire. Une rencontre va bouleverser la fin de son existence. Une nixe croisera son chemin. Le fil des eaux se révèle être une histoire féérique emplie d’une poésie comme les mythes savent si bien nous en offrir.

La synarchie des rouquins nous propose une plongée dans le milieu des sociétés secrètes avec une percée de mystères qui auraient dû en rester. Des secrets si bien gardés durant des siècles des millénaires tombent en poussière. On ne sait quoi penser de ce récit même s’il ne manque pas d’intérêt, il s’avère peut-être l’un de ceux qui m’ont le moins absorbé.

Le récit suivant débute telle une histoire dérangeante avant de sombrer dans la folie. Une Intraspection qui a le mérite de ne pas nous laisser de marbre et un final qui pousse à la réflexion. Que cherchait l’auteur dans cette nouvelle ? Nous faire frémir ou réfléchir, voire même les deux à la fois ?

Fée d’hiver nous envoie une bouffée d’espoir et de rêve dans un monde qui n’en a plus à nous offrir. Un SDF fait une découverte qui va bouleverser son réveillon de Noel, ainsi que sa vision de la réalité. Un véritable conte de Noel féérique à souhait qui nous rend notre âme d’enfant.

L’histoire qui suit, Wild Jim, semble parler de cités si proches et lointaines à la fois avec une civilisation semblable à la nôtre. Ni foi ni loi, telle pourrait être la devise de Jim alors qu’il tente un braquage qui semble facile. Rien n’est jamais facile lorsque l’imaginaire rentre au service d’une histoire et que la magie rentre en jeu. Une chute des plus inattendues et qui nous ravit.

Nightfall nous raconte la déchéance d’un homme qui n’a plus rien à perdre et finit dans les ténèbres de la cité. Là il y fait une rencontre irréelle. Une de celle dont on ne sait si c’est elle est sortie d’un rêve ou d’un cauchemar. Les événements prennent une tournure violente avant de semer un soupçon de mystère lors du final.

Voici un récit qui a tout d’une épopée telle que l’on en voit dans les romans de Fantasy. Rien que le titre est des plus évocateurs. Le spectre et le forgeron retrace la vie d’un forgeron et d’une rencontre qui va la ruiner, celle d’un spectre. Un parfum de légende emplit la chute, mais nous laisse sur notre faim. Il est vrai qu’une telle histoire pourrait emplir bien plus qu’une nouvelle.

Des ailes pour tomber se révèle l’histoire d’une traque. Celle d’un prêtre chassant l’impie dans une civilisation avec ses ressemblances, mais bien loin de notre monde. La dernière manche d’une guerre d’idéologie qui ne va peut-être pas déboucher vers la meilleure fin ? Une nouvelle preuve qui tend à prouver que les croyances mènent à de nombreux actes de violence injustifiés ? La chute nous laisse face à un dilemme !

Une nouvelle introduite par une citation de Baudelaire donne tout de suite la mesure. Un sentiment de malaise et d’étrangeté emplit nos cœurs alors que cette Muse froide étend son emprise sur le héros pour le conduire dans les méandres de la folie. Une bien étrange muse pour les malheureux et les poètes qui hantent les siècles.

Dernière rame n’est autre que le récit de la quête d’un homme désireux de retrouver ces chimères, las de cette solitude qui habite son cœur dans ce monde qui est le nôtre. Une petite annonce peut parfois apporter la solution ! Les retrouvailles et le final de cette histoire sont un émerveillement pour nos âmes, l’espoir d’une vie emplie de magie et de féérie.

Alors que le soleil se lève, le mendiant se tait. La nuit s’est écoulé et avec Hors-cadre se clôture ces Marches Nocturnes. Une errance au gré de ces récits qui nous renvoient par nombre de petits clins d’œil à l’astre lunaire, au rêve et à tout ce qui fait qu’il est si bon de s’échapper de la réalité. Même si ce sont là des cauchemars qui viennent nous enlacer.

Franck Ferric ne se contente pas de nous livrer ces nouvelles, il se joue de nos sentiments et fait appel à nos parts de lumière et d’ombre. Nous nous retrouvons dans la lune à rêvasser de fées, de nixe, de chimères et à craindre ce qui emplit les ténèbres, ce qui se cache derrière la face visible de cet astre nocturne.

Que vous souhaitiez vous plonger dans un monde onirique ou un monde cauchemardesque, suivez les traces d’encre de Franck Ferric au fil de ces Marches Nocturnes.

mercredi 3 septembre 2014

Le Dernier Déluge, David Emton


● Titre d'origine : Le Dernier Déluge
● Date de parution : 28 Mai 2014
● Nombre de pages : 341
● Édition de ton livre : Albin Michel
● Quatrième de couverture :

Une nuit de Noël, dans un Paris disloqué par la crue du millénaire, une jeune femme reçoit un étrange colis : un nouveau-né enveloppé dans une membrane protectrice, avant de se retrouver poursuivie par des tueurs au service de pays et d'organisations aux objectifs contradictoires. Au cours d'un périple effréné dans une capitale à moitié submergée, elle apprendra que l'enfant est porteur d'une souche virulente du SIDA, transmissible par l'air.
Euthanasier le nouveau-né permettrait l'élaboration d'un vaccin salvateur. Vivant, il libérerait dans l'atmosphère un mutant foudroyant qui exterminerait la race humaine. Que doit faire sa " mère " ? Une galerie de personnages inquiétants : généticien manipulateur de virus, milliardaire psychopathe, tueur sanguinaire venu d'Asie, agent secret américain, préfet de police déchiré entre devoir et morale, sans oublier le nouveau-né enfermé dans sa bulle...
Au-delà de l'intrigue et de la description d'un Paris englouti par les eaux du déluge, l'auteur pose une question fondamentale : la nature nous veut-elle du bien ?




● Mon avis :


Le dernier déluge, un titre prometteur et un résumé qui intrigue, voilà de quoi se laisser tenter lorsque cette lecture nous est proposée. Et par la même occasion, je découvre un auteur dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. C’est donc la curiosité piquée à vif que j’ai entamé ma lecture.

Une jeune femme, sans histoire menant une vie tout à fait banale de célibataire, se lamente sur ce Noel qui se profile, seule chez elle, alors qu’un déluge s’abat depuis plusieurs semaines sur Paris. La réception d’un colis va complètement bouleverser sa vie. Un nouveau-né enveloppé dans une membrane protectrice. Un cadeau empoisonné qui va l’obliger à fuir, poursuivie par des tueurs de pays et d’organisations aux buts bien différents. Sa fuite ne sera pas facilitée par les conditions météorologiques désastreuses qui voient la capitale sombrer sous les eaux. Une atmosphère de fin du monde qui nous renvoie à nos peurs primales.

Le sujet de l’apocalypse, de la nature, qui se déchaine a déjà été de nombreuses fois traité, que ce soit au cinéma ou en littérature. Mais placer l’action si près de nous, dans la capitale de la France rend le récit encore plus intrigant. Comment Paris peut-elle succomber à la violence des éléments ? C’est ce que nous découvrons au cours de ce récit. Avec de nombreuses références historiques, notamment à la crue de 1910 pour nous aider à mieux visualiser sa vision, David Emton nous plonge au cœur de cette ville.

Alors que l’on a déjà de quoi frémir devant l’ampleur de la catastrophe qui se profile devant nous, l’auteur injecte dans son récit une dose de suspense supplémentaire avec cette course pour récupérer le nouveau-né qui a été livré à notre héroïne. La mort aux trousses pourrait être une bonne manière de résumer cette intrigue tant sa vie se trouve mise en danger, que ce soit par ceux qui veulent s’emparer du bébé qu’elle protège que par les éléments déchainés qui tentent de rayer Paris de la carte.

Il nous faut bien avouer que David Emton ne lésine nullement sur les moyens pour mettre notre cœur à l’épreuve. On s’attache bien vite à cette jeune femme, qui se découvre alors que la nécessité fait loi. Sans même savoir ce qu’a de si spécial le nouveau-né qu’elle protège. Il nous met également face à ce que jamais l’on ne pourrait imaginer, même dans nos pires craintes, la désolation, le déluge tel que l’a connu Noé dans l’Ancien Testament.

Les révélations qui lèvent peu à peu le voile au fil des pages ont de quoi nous faire frémir. Où diable l’auteur est-il allé chercher de pareilles idées ? Dans une réalité très proche ? Une probabilité que l’on n’aimerait jamais avoir à vérifier.

Jusqu’au dénouement, nous sommes captivés par ce que nous lisons. Nous nous révélons incapables de décrocher tant ce que nous découvrons en ces pages nous apparait possible lorsque l’on réalise à quel point l’Homme et la Nature sont bien les plus grands fléaux pour l’Homme lui-même. Nous en venons à penser profondément ce que David Emton a couché sur papier.

Nous espérons une fin heureuse dont nous n’avons aucune certitude qu’elle aura lieu. Jusqu’où va-t-il aller ? Le final vient donc mettre un point final à toutes nos interrogations et nous le vivons, totalement asphyxiés par ce que nous y découvrons.

Le Dernier Déluge tient toutes les promesses faites par le titre et le résumé. Nous recevons de plein fouet cette tempête qui sévit en ces pages et nous sombrons sous le talent de l’auteur. Une découverte des plus satisfaisantes qui me donne plus qu’envie de lire son précédent roman.

Si vous souhaitez découvrir ce que Le Jour d’Après et La Mort aux trousses pourraient donner s’ils étaient réunis en une seule histoire après un passage en centrifugeuse, lisez Le Dernier Déluge et subissez la tempête de mots que vous offre David Emton.