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vendredi 29 mai 2015

Les Tangences Divines, Franck Ferric


● Titre d'origine : Les Tangences Divines
● Date de parution : 2011
● Nombre de pages : 310
● Édition de ton livre : Editions du Riez
● Quatrième de couverture :

Lorsque Théodule, égoutier à Paris, décide de lever le pied sur un job qui l'épuise et une vie de couple bancale, il espère pouvoir se la couler douce un moment. Mais c'est sans compter sur l'arrivée de deux vieilles gloires décaties persuadées que leur salut tient à la redécouverte d'un dieu antique, qui viennent frapper à sa porte pour le contraindre à leur prêter main forte. Embringué dans une histoire qui le concerne sans doute plus qu'il ne l'imagine, l'égoutier croisera des nains ratatinés, des dieux amateurs de blues, des déchus à tête de chacal et des nymphes rapiécées. Autant de guides splendides et misérables, qui le conduiront aux confins des tangences divines. Une chose est certaine : si les dieux de jadis ont salement perdu de leur superbe, ce sont toujours de fieffés escrocs.

● Mon avis :

Cela faisait un moment que je m’étais promis de lire ce livre, après avoir fortement apprécié de précédents titres de Franck Ferric dont La Loi du Désert, également publié aux Éditions du Riez. Cette lecture fut la plus rapide depuis plusieurs mois, pour de bonnes raisons bien sûr.

Théodule, égoutier à Paris, mène une vie routinière, avec un couple qui commence à battre de l’aile. Sans qu’il en prenne conscience, sa vie bascule par le biais d’une rencontre qui va le conduire à ouvrir les yeux sur une réalité bien différente de sa petite vie peinarde qu’il menait. Les dieux anciens n’ont pas tous disparu et il se trouve contraint de les aider. Pour se faire, il devra traverser des tangences divines pour retrouver un dieu antique. Y parviendra-t-il ?

Dès le synopsis, l’idée m’a paru des plus intéressantes et a vite parlé au fan des mythologies qui vit en moi. L’envie de découvrir de quelle manière l’auteur avait pu faire vivre ces dieux mythologiques dans notre monde moderne, là où les croyances n’ont plus cours, où leurs noms n’apparaissent plus que dans des livres. Eh bien, ils vivent au milieu de nous, s’adaptant au monde qui les entoure, ou en marge de notre civilisation, dans leurs domaines, et n’ayant que très peu de contact avec les hommes. De plus, Franck Ferric ne s’est pas limité à un seul panthéon, il les a utilisés tous, sans aucune restriction, veillant à garder leurs traits distinctifs. Les dieux Grecs côtoient donc les Scandinaves, les Égyptiens et j’en passe.

La genèse du roman nous est dévoilée petit à petit et nous comprenons comment les dieux en sont arrivés là, ce qui leur est advenu, ainsi que leurs espoirs pour l’avenir.

Même pour le personne principal, « le héros » de ce roman, Théodule, l’auteur nous fournit des informations sur son passé qui nous semblent anodines sur le moment, mais qui prennent une tout autre valeur alors que notre lecture se poursuit. Nous espérons découvrir une vérité sur lui tout au long du récit.

Les deux vieilles gloires décaties qui l’accompagnent nous sont dépeintes comme des êtres humains à première vue tout ce qu’il y a de plus normal. Tant qu’ils ne dévoilent pas leurs dons et capacités de dieux. Nous pouvons les trouver étranges, effrayants, attachants, drôles, mais toujours il y a ce petit plus qui les rend à part, qui nous rappelle que ce ne sont pas de simples mortels.

L’intrigue principale découle d’un pacte passé avec les anciens dieux. Pour se faire, il lui faut à chaque fois trouver un autre dieu ou une créature mythologique qui apporte son nouveau lot d’intrigue ou de réponse. Tout ceci suscite en Théodule bien des émotions. La crainte de devenir fou et le risque de mourir occupent grandement ses pensées, ainsi que le fait de savoir si tout ceci est bien réel.

Les ennemis des dieux antiques sont ceux que nous adulons dans notre monde moderne. Découvrir ceci nous fait chanceler. Franck Ferric dresse-t-il un portrait de notre civilisation, en fait-il son procès ? Quoi qu’il en soit, nous lisons avec empressement les chapitres, il nous faut découvrir le dénouement de ce récit.

Lorsqu’enfin arrive le final, il nous laisse un goût amer. En effet, nous espérions tant de choses, nous avions des rêves de grandeur qu’il en est difficile d’être satisfaits de ce qu’il advient. Nous lisons les derniers chapitres avec un sentiment de trop peu, de frustration alors que nous devons quitter notre héros. Pourquoi Les Tangences Divines ne dure pas plus longtemps encore ?

Néanmoins il ne faut pas oublier que les idées sont là, originales, mais elles auraient pu être exploitées pendant des milliers de pages que l’on en voudrait plus encore, car aborder les mythologies passées pour faire revivre leurs panthéons dans notre monde moderne nous ouvre plein de possibilités. L’auteur a fait un choix sur les dieux antiques qui apparaissent dans ce récit que l’on ne critiquera pas, mais nous en voulons plus encore.

Les Tangences Divines vous fera fermer vos manuels scolaires, car il est bien plus intéressant de découvrir les divinités parmi les hommes au cœur d’une ville comme le Paris du 21e siècle sous la plume de Franck Ferric plutôt qu’en cours en étudiant l’antiquité. 



mardi 26 mai 2015

Un Livre, Une Musique [14]





Voici donc un nouveau numéro de cette rubrique. Elle a pour but de vous faire part des envies musicales qu'ont provoqué la lecture de certains livres. Les émotions que faisaient remonter ces histoires me poussait à écouter en boucle certains albums, voire certaines chansons tout en lisant. Je vais donc vous présenter ces livres et les musiques en essayant d'expliquer les liens qui se créaient entre eux.

Aujourd'hui, je vais donc vous parler de :


● Titre d'origine : En revenir aux Fées
● Date de parution : 2 Avril 2015
● Nombre de pages : 180
● Édition de ton livre : Editions Mythologica
● Quatrième de couverture :

La Terre, futur proche.
À force de mépris, l’humanité a provoqué l’Échec. La technologie a régressé. La Nature a grandement souffert. L’air et le sol sont si pollués que les gens vivent confinés, mal nourris.

De leur côté du monde, les fées s’interrogent. Faut-il agir pour sauver ce qui peut l’être, ou doit-on achever de purger la planète de ceux qui l’ont défigurée ?




                            


● Groupe : Apocalyptica
● Album : Apocalyptica
● Date de parution : 2005
● Genre musical : Metal Classique
● Tracklist :

1. Life Burns ! (chanté par Lauri Ylönen)
2. En Vie (chanté par Manu)
3. Distraction
4. Bittersweet (chanté par Lauri Ylönen et Ville Valo)
5. Misconstruction
6. Fisheye
7. Farewell
8. Fatal Error
9. Betrayal/Forgiveness
10. Ruska
11. Deathzone


En revenir aux Fées est un livre dont les récits et poèmes qui le composent nous submerge sous une palette d'émotions. Nous passons de la mélancolie en découvrant le monde après l'Échec, avec par exemple un titre comme Bittersweet en fond sonore, ou par la rage, avec des instrumentaux tels que Betrayal/Forgiveness
La chanson En Vie pourrait très bien représenter la réflexion que se font Follette ou d'autres Fées et humains sur ce qu'est devenu leur vie.
Viennent aussi des titres comme Miscontruction qui marque le rythme pour avancer face au brouillard, avec un petit espoir, mais également la crainte de ce qu'il s'y cache. 
Farewell représente merveilleusement bien la beauté des nouvelles qui viennent s'interposer dans le récit après l'Échec, celles qui nous présentent cette vie féérique, si magique, belle et enchanteresse, tel Le Donjon Noir, Le Pont du Crépuscule, ou des moments de nostalgie comme dans Tant va mon rêve à la fontaine
Fisheye est le titre qui accompagne la marche des rêveurs vers l'intram, avec tout l'espoir d'un renouveau, la hargne qui est la leur face à ceux qui s'y cachent.
Fatal Error vient apporter les prémices du renouveau pour Si blanche, si rouge, si belle, l'énergie pour faire renaitre la terre comme nous l'annonce Le vautour, le chien jaune et le serpent avec la beauté que l'on pourra enfin retrouver après.
Ruska lui peut accompagner Cet oeil brillant qui la fixait, avec cette mélodie qui semble toujours prête à s'élancer, se montrer menaçante comme le combat qui règne, mais la douceur, la féérie l'emporte sur la brutalité des Hommes.



jeudi 21 mai 2015

En revenir aux Fées, Nathalie Dau


● Titre d'origine : En revenir aux Fées
● Date de parution : 2 avril 2015
● Nombre de pages : 180
● Édition de ton livre : Editions Mythologica
● Quatrième de couverture :

La Terre, futur proche.
À force de mépris, l’humanité a provoqué l’Échec. La technologie a régressé. La Nature a grandement souffert. L’air et le sol sont si pollués que les gens vivent confinés, mal nourris.

De leur côté du monde, les fées s’interrogent. Faut-il agir pour sauver ce qui peut l’être, ou doit-on achever de purger la planète de ceux qui l’ont défigurée ?




● Mon avis :

Lorsque j’ai aperçu ce livre au titre et à la couverture plus que prometteur, je ne pouvais passer à côté. Une nouvelle sortie de Nathalie Dau n’est jamais anodine, car elle sait retranscrire ses talents de conteuse dans ses écrits et nous le prouve une fois encore avec En revenir aux Fées.

Imaginez donc, dans un futur très proche, l’humanité a provoqué l’Échec, une régression très nette pour elle. La pollution condamne les hommes à vivre reclus. La nature a payé un lourd tribut pour leurs actes. Et quand est-il des fées ?

Ce livre semble de prime abord être un recueil de nouvelles et de poésies, mais l’on se rend compte au fil des récits que chacun des textes et des poèmes est lié aux autres pour former une histoire féérique, entrecoupé de purs moments de rêve. Le fil conducteur s’avère une fée, Follette, que l’on retrouve dans la majorité des textes, veillant sur son humain, Julian, un poète. Tous deux sont voués à vivre des choses magnifiques ainsi que d’autres, effrayantes.

En ces récits, Nathalie Dau capture notre attention de sa plume virevoltante. Elle nous mène où elle le souhaite à travers chaque texte, chaque poème. On y découvre des contes et légendes du passé, des créatures fantastiques, mais aussi le monde futuriste tel qu’elle l’imagine, cauchemardesque et pourtant si proche du nôtre, de ce qu’il pourrait devenir.

Autant les paysages et les conditions de vie que nous décrit l’auteur se révèlent bien sombres lorsqu’il s’agit des villes, des paysages et des hommes lorsque l’on découvre ce qu’a provoqué l’Échec. D’ailleurs, ne nous voilons pas la face, nous découvrons ce que pourrait devenir notre monde. L’Échec qu’a subi l’humanité dans les écrits de l’auteur, on s’y dirige tout droit, car nous avons perdu d’avance le combat que nous menons contre nous-mêmes. Nous sommes ses hommes et ses femmes qui vivent confinés, obligés de porter des masques pour sortir, voués à devenir aussi triste et gris que le monde qui nous est dépeint.

Autant, l’univers des fées s’emplit de couleurs vives, d’espoir qui nous est nécessaire afin de poursuivre notre lecture, d’ouvrir les yeux sur le monde, de le voir d’un œil nouveau, d’y déceler la féérie qui l’emplit, la magie qui l’habite et de nous émerveiller. Certains d’entre vous, comme moi, se reveront fées, ou autre créature du bestiaire imaginaire qui peuple ces pages. Ceux-là ne lâcheront pas En revenir aux Fées, s’en verront profondément touchés.

Nathalie Dau nous conduit vers un final qui se pare de l’espoir qui gonfle nos cœurs, de la peur qui nous enserre, afin de s’émerveiller ou non du dénouement, du sort de Follette et Julian, de l’avenir des fées et du monde.

En revenir aux Fées, au final, est bien plus qu’un livre, il est un appel à l’être, en chacun de nous, qui est capable de s’émerveiller devant un paysage comme de détruire ce qui l’entoure. Il est une ode à la beauté et la féérie, mais aussi un avertissement pour notre futur. C’est la clé qui ouvre grand nos cœurs et qui marque nos esprits. Nous en ressortons le regard empli du brymant des fées, nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes.