Mes Derniers Avis

Mes derniers avis

Nombre total de pages vues

mercredi 21 octobre 2015

Avec tes yeux, Sire Cédric


● Titre d'origine : Avec tes yeux
● Date de parution : 8 octobre 2015
● Nombre de pages : 550
● Édition de ton livre : Editions Presses de la Cité
● Quatrième de couverture :

Thomas ne croit que ce qu'il voit, mais personne ne le croit. Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D'épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu'il a déjà fragile. Si ce n'était que ça ! Après une séance d'hypnose destinée à régler ses problèmes d'insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme... Persuadé qu'un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.




● Mon avis :
S'il est un auteur qui s'est fait une place au fil des années dans le milieu du thriller, c'est bien Sire Cédric qui s'est glissé entre les grands noms français et étrangers de ce genre littéraire. Et ce n'est pas Avec tes Yeux qui nous dira le contraire. En effet, il nous prouve une fois encore qu'il a trouvé sa voie, et qu'il y fonce à toute allure, filant vers la reconnaissance que recherche tout écrivain dans le partage qu'il fait avec le lecteur.

On y découvre Thomas, un homme rationnel est victime depuis quelque temps de rêves si effrayants qu'ils le réveillent en sursaut et lui rendent le sommeil des plus fragiles. L'hypnose semble pouvoir remédier à ses problèmes, mais suite à une séance, il est assailli de visions. Il y voit à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme. Il part en quête de celle-ci, persuadé que ce qu'il a vu se produit réellement. Et c'est ainsi que son cauchemar débute, mais jusqu'où le mènera-t-il ?

Pour tous ceux qui s'étaient liés au duo Eva Svärta/Alexandre Vauvert, vous ne les retrouverez pas ici, mais n'ayez crainte, Thomas ainsi que les autres personnages principaux de ce roman sauront pénétrer vos cœurs.
Que ce soit le héros Thomas Stevenson, que l'on ne peut que suivre, sûr de son innocence. D'ailleurs l'est-il vraiment ? C'est une question que l'on peut se poser au fil des pages, tant le doute que distille Sire Cédric en nos esprits peut se révéler fort.
Ou bien, la jeune Nathalie Barjac, une gendarme qui, malgré sa frêle apparence, se révélera d'une hargne et d'une volonté sans bornes. Tout comme Fox, personnage mystérieux qui sera un véritable puits de connaissance pour notre héros.
L'autre, le meurtrier, nous restera pendant longtemps un mystère que l'on meurt d'impatience de percer. Qui est-il ? Pourquoi fait-il cela ? Y a-t-il un lien entre lui et Thomas ? Nombreuses sont les questions que nous nous poserons au fil des pages à son sujet !

Tout comme les précédents romans, l'auteur saupoudre son récit d'une touche de fantastique qui le nimbe de ténèbres qu'il nous tarde de percer. Nous progressons de cauchemar en cauchemar, côtoyant l'horreur de près, mais aussi regardant à l'horizon, derrière cette brume qui occulte nos espoirs, avide d'une lueur tant nous semble réel le portrait qui nous est dépeint de ce que l'humanité compte de plus abject.

On peut sans difficulté s'imaginer le travail de recherche et de préparation qu'ont dû demander certains passages du roman, apportant ce réalisme qui peut être si dérangeant à certains instants, mais qui permet à l'auteur de nous séquestrer sous sa plume, de nous rendre acteurs de ses écrits.
Avec tes yeux s’avère donc être un concentré d’actions, ne laissant que peu de temps mort pour souffler, car lorsque les mouvements se ralentissent, c’est pour mieux nous faire trembler sous les révélations qui nous parviennent avec parcimonie, laissant nos réflexions et nos craintes transparaître dans nos regards.

Cela se confirme alors que le dénouement vient nous crever les yeux, se révélant aussi terrible que fantastique. L’auteur continue de nous surprendre alors que le final vient nous achever, tel un coup de poignard en plein cœur. Pourquoi nous faire endurer tout ceci pour en arriver là ?

Avec tes yeux, vous fera vivre un cauchemar éveillé, une histoire dont on ne sort pas indemne et je pense que Sire Cédric a réussi à nous emmener là où il le souhaitait. Ouvrez ce roman et vous ne saurez en détacher le regard, car il est difficile d’échapper à la plume acérée de l’auteur, de quitter le puits noir des yeux de l’autre et vous deviendrez des voyeurs sans éprouver aucune honte.









mercredi 7 octobre 2015

Arkem, tome 1 : Yanis, déesse de la mort, Valérie Simon


● Titre d'origine : Arkem, tome 1 : Yanis, déesse de la mort
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages : 313
● Édition de ton livre : Editions du Riez
● Quatrième de couverture :

Née dans la douleur et dans la mort, fille d’un démon de Rhynantes et d’une Princesse des Elfes, elle est l’héritière de deux races qui se haïssent et qui ne cherchent qu’à se détruire.
Élevée dans les mystères d’un culte issu des profondeurs de temps révolus, elle est l’image radieuse de la mort, la réincarnation d’une déesse terrible.
Mais son héritage la tourmente.
Que lui veulent cet elfe, cet oiseau noir bavard, ce magicien troublant, et quels sont ces pouvoirs qui la hantent et qu’elle n’ose deviner ? De la pierre pâle aux reflets liquides qu’elle porte depuis sa naissance, elle ne sait rien, sinon qu’elle a en elle une étrange chaleur, et qu’elles sont liées par une puissance inconnue.
Mais dans la sombre tour de Ragnarok, les forces issues des ténèbres se rassemblent.
Et Raban Siwash, l’Innommable, n’aura de cesse de la rejoindre pour la tuer.

● Mon avis :

Comment ne pas succomber à une couverture telle que celle-ci ? Même sans lire le résumé, nous sommes conquis et mourrons d'envie d'acheter ce roman. Et lorsqu'en plus, nous nous penchons sur le synopsis, Yanis, Déesse de la mort se retrouve bien vite dans notre panier (achetez chez les petits éditeurs directement cela les aide bien plus que par le biais de plateformes multinationales).
Découvrir ensuite que cette saga a déjà fait l'objet d'une première publication à la fin des années 90 ne nous fait qu'être bien plus reconnaissant encore de la voir rééditer aux Editions du Riez, car sans cela nous passerions à côté d'un très bon moment de lecture, d'un petit bijou que ça soit par sa couverture ou par le contenu.

Un démon de Rhynantes et une Princesse des Elfes s'aiment et de cette amour interdit naît un bébé en payant un lourd tribut de douleur et de mort. De deux races qui sont diamétralement opposées et que rien ne peut rapprocher, elle se retrouve l'héritière. Son père la confie à une prêtresse, la faisant passer pour la réincarnation d'une déesse, celle de la mort, Yanis. Les rencontres qu'elle fera avec un oiseau noir bavard ou un magicien mettront à mal ses croyances et lui révèleront une partie de son identité, de son fardeau.

Au fil du Livre Premier, Valérie Simon se jouera de nos émotions, nous faisant vivre l'amour qui unira Rosendael et Laocoon, une princesse Elfe et un prince Démon, deux races ennemis. Cet amour nous conduira à la peine et la joie mêlées?
Puis, dans le Livre Deuxième, nous découvrirons Yanis, de sa plus tendre enfance à l'âge où elle devient femme. Nous verrons combien le culte et le rôle qui est le sien lui pèseront sur les épaules. Les contraintes, l'horreur qui en découlent finiront avec les années passant à l'amener à se rebeller contre la prêtresse qui l'a élevé. Derrière l'apparence et la froideur de la déesse se cache une jeune femme dont l'innocence ne s'est pas totalement évanouie, ignorant bien des aspects de la vie telle qu'elle est hors de son temple.

La rencontre d'un oiseau noir bavard apportera son lot de questions qu'elle refoulera, mais celle de ce magicien troublant chamboulera sa vie bien plus qu'elle ne l'aurait souhaité. Les révélations, la magie dont elle se découvrira détentrice, cette pierre qu'elle possède depuis sa naissance diffusant une étrange chaleur, quel lien les unit ? Un nom : Arkem.

Ce premier tome m'a dans certains aspects, notamment la jeunesse du personnage principal, un destin tout tracé lié à une prophétie, fait quelque peu penser à La Belgariade de David Eddings, une saga qui m'a autant marqué que Le Seigneur des Anneaux. J'espère donc beaucoup de choses pour la suite d'Arkem, que l'auteur m'emportera aussi loin que l'a fait David Eddings.

Valérie Simon dispose pour ce faire d'une plume bien taillée dont elle se sert avec habilité, dessinant dans notre esprit les paysages qu'elle décrit. Un style fluide qui rythme notre lecture, nous refusant toute pause pour mieux nous immerger dans son récit, car même lorsque l'action n'est pas au rendez-vous, elle conserve toute notre attention, distillant les informations, le passé, les légendes qui peuplent son univers.

Lorsqu'arrive le dénouement de ce premier tome, nous retenons notre souffle, souffrant puis exultant avec l'héroïne. La dernière page et le point final nous emplissent de frustration de ne pouvoir poursuivre notre évasion avec Yanis. Il ne nous reste que ce sentiment d'abattement de refermer ce premier tome et une impatience grandissante de nous plonger dans le suivant.

En conclusion, à vous, amis des elfes, des démons, des dieux, amateurs de magie, lecteurs de Tolkien, Eddings et de fantasy de manière plus générale, je ne peux que vous conseiller de vous empresser à rejoindre l'univers d'Arkem et découvrir la plume de Valérie Simon. L'évasion en ces lieux est à prescrire pour lutter contre la monotonie ambiante.

mardi 6 octobre 2015

Les chroniques d'Oakwood : Dans l'ombre de la Demoiselle, Marianne Stern


● Titre d'origine : Les chroniques d'Oakwood : Dans l'ombre de la Demoiselle
● Date de parution : 2013
● Nombre de pages : 202
● Édition de ton livre :  Editions du Chat Noir
● Quatrième de couverture :

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.

Lorsque la nuit tombe, les ombres s'étirent et drapent le hameau d'un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d'épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l'obscurité ; mieux vaut ne pas s'attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d'une bâtisse.

Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises... Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d'une lanterne au detour d'une tombe, d'autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s'accordent à dire qu'il ne se trame rien d'anormal.

Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L'un en quête de l'être aimé, l'autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l'ombre, la demoiselle d'Oakwood veille...


● Mon avis :

La première chose qui m’a attiré dans ce livre, c’est l’illustration de couverture, signée Janna Prosvirina, et le synopsis m’a ensuite plus qu’intrigué. Une histoire dans un univers gothique ? Des créatures fantastiques, surnaturelles et de la magie, voilà bien des chroniques qu’il me tardait de découvrir.

Oakwood, une bourgade qui semble paisible se révèle sous un jour nouveau lorsque les ténèbres la recouvrent. La chasse aux sorcières semble d’ailleurs le sport officiel en ces lieux. En son cimetière, on peut apercevoir la lueur d’une lanterne au détour d’une tombe. Les spectres y errent, damnés qu’ils sont. Et pourtant, sur eux veille la Demoiselle d’Oakwood, si mystérieuse.

Ce livre est découpé en neuf histoires et un chant qui nous font voyager dans le temps, chacun daté afin de nous offrir un repère chronologique par rapport aux autres. D’ailleurs, je pense que la lecture de chacun d’entre eux pourrait se faire de manière indépendante sans pour autant en perdre de leur intérêt.
Néanmoins, le fait de ne pas les avoir mis dans l'ordre, mais de nous faire voyager à travers le temps peut se révéler un peu troublant par moment. Notamment, pour ce qui est des personnages qui apparaissent et disparaissent au fil des récits. Cela peut être déstabilisant en effet lorsque des personnages qui sont morts dans une nouvelle sont de nouveaux vivants dans une autre si l'on ne prête pas attention à la date.

Outre ce fait qui sera anecdotique pour certains, Marianne Stern nous propose une immersion des plus intéressantes dans une époque où la chasse aux sorcières pouvait être un bon moyen, dans les villes et villages à travers le monde, de se débarrasser de celles qui ne se pliaient pas aux bonnes mœurs. Ce ne sont pas les seules à être dépeintes, les spectres qui peuplent le cimetière ont une part également importante dans les Chroniques d'Oakwood. Ils sont tous liés d'une manière ou d'une autre à la Demoiselle d'Oakwood.

De surprises en rebondissement, nous allons vers la nouvelle qui clôt de fort belle manière ce livre. Celle qui nous donne le sourire, qui nous soutire un cri de joie non feint devant le dénouement, car oui, les sorcières, les spectres et autres créatures fantastiques ne sont pas faits uniquement pour être les méchants de l'histoire.

Pour nous servir ces récits, prenez le style des plus agréables et fluide de l'auteur et vous serez emportés à Oakwood pour accompagner la Demoiselle de ces lieux. Les descriptions des lieux et des personnages les rendent si réels qu'ils se gravent sur nos pupilles.

Au final, Marianne Stern, avec ses Chroniques d'Oakwood, nous démontre que cela aurait vraiment été dommage qu'elle n'écrive pas d'histoires de sorcières, car celles-ci sont une réussite et je vous recommande chaudement de les découvrir.