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lundi 20 juin 2016

Le Faux Prophète, James Rollin & Rebecca Cantrell


● Titre d'origine : Blood Infernal: The Order of the Sanguines
● Date de parution : 09/06/2016
● Nombre de pages : 576
● Édition de ton livre : Fleuve Noir
● Quatrième de couverture :

Les Sanguinistes doivent mener un dernier combat contre les forces du Mal… et affronter Lucifer en personne.
Présentation : Tandis que des meurtres macabres secouent la planète entière, Erin Granger tente de déchiffrer une prophétie écrite par le Christ pour trouver un remède à ce fléau. Aidée par le sergent Jordan Stone et le mystérieux prêtre Rhun Korza, elle se lance à la recherche d’un trésor perdu depuis des millénaires. Mais les forces des ténèbres ont couronné un nouveau roi, un démon appelé « Légion ». Il est déjà présent sur Terre et avance masqué sous différents visages. Même les murs du Vatican ne lui résistent pas.
Pour découvrir quel est le véritable destin de l’humanité et sauver le monde, Dr. Erin Granger va devoir braver les abysses et confronter le plus grand ennemi de l’homme – le serpent du jardin d’Eden, Lucifer lui-même.

● Mon avis :

Cela va vous paraître étrange, peut-être, mais j’ai découvert cette saga avec ce dernier tome. En effet, je ne connaissais pas L’ordre des Sanguinistes de James Rollins et Rebecca Cantrell. Et quelle spectaculaire façon que de découvrir cette trilogie par son dénouement ! Rassurez-vous, la lecture de ce tome se fait très bien sans avoir lu les précédents volumes et cela ne gêne en aucun cas la compréhension de l’intrigue.

Des meurtres horribles se produisent à travers le monde. L’apocalypse est proche. Le Dr Erin Granger, un archéologue réputé, doit déchiffrer une prophétie écrite par le Christ et retrouver un artefact perdu depuis des millénaires. Avec l’aide du sergent Jordan Stone et du Père Rhun Korza, elle se lance dans une course contre le temps. Mais elle devra affronter les forces des ténèbres qui sont déjà à l’œuvre. À leur tête, un démon, avec de très grands pouvoirs, fera tout pour les contrecarrer. L’archéologue devra affronter jusqu’à Lucifer pour sauver l’humanité.

C’est seulement au moment d’entamer ma lecture que j’ai appris que ce livre était en fait le troisième tome de L’Ordre des Sanguinistes et j’ai donc attaqué ce roman avec une certaine appréhension. Celle-ci a rapidement été chassée, car même si certains événements auxquels les protagonistes et le narrateur font référence pourraient nous laisser dans le flou, nous obtenons suffisamment d’informations pour les appréhender et poursuivre sans aucune gêne le récit.

Nous apprenons également à connaître les personnages principaux et nous découvrons les liens qui les unissent au fil des pages. Erin Granger mérite bien son titre d’Érudite, car elle fait preuve au fil des pages d’une très forte capacité de réflexion et de connaissances développées. Et son cœur bat pour Jordan Stone, le Guerrier. Lui fait preuve d’une détermination à toute épreuve pour affronter ce qui les attend. Il se relèvera toujours pour atteindre leur but et pour l’archéologue. Le Chevalier du Christ, Rhun Korza, un sanguiniste, s’avère quant à lui un véritable chevalier avec tout ce que cela implique. Un sens du devoir digne du rôle qui est le sien, avec l'honneur qui y est inhérent. Sa foi sera mise à rude épreuve, mais il ne la perdra pas, que ça soit en ses amis, comme en son ordre et Dieu. Ils ne sont pas seuls pour affronter tout ceci, car ils peuvent compter sur d’autres Sanguinistes qui se révèlent de précieux atouts et qui gagnent également une place dans notre cœur.
Je me dois de vous apporter quelques précisions pour ceux qui ne connaîtraient pas cet univers. Les Sanguinistes sont des Strigoï (vampires) qui ont renoncé à boire du sang et qui ont rejoint un ordre secret de l’église. Ils se nourrissent d’un vin sacré. Les Strigoïs sont donc leurs ennemis, et c’est guidé par le démon qu’ils se mettront en travers de leur route au fil du roman.

La promesse qui nous est faite dans le quatrième de couverture, celle d’un affrontement pour éviter l’apocalypse pose les bases d’une intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin du récit. En effet, James Rollins et Rebecca Cantrell ont magistralement su nous mener là où ils le souhaitent. Ils ont su nous guider de rebondissement en rebondissement, prévisibles ou non, jusqu’au dénouement, qui nous a donc pris à la gorge.
Nous avons tremblé auprès de nos héros jusqu’au final et les révélations qui ont ponctué cette histoire ont su influer nos espoirs et nos craintes, nous conduisant dans une valse des émotions alors qu’Erin, Jordan et Rhun, tout autant que leurs amis, sont malmenés. Il faut dire que le sort du monde repose sur leurs épaules et que leur tâche, difficile par défaut, se retrouve bien compliquée quand leurs ennemis ne s’avèrent pas toujours tels qu’on les pense. Le final vient jeter de l’eau sur les braises de ce qui aurait mérité de nous enflammer plus encore.

Je resterais vague par contre au niveau du contenu en lui-même, car pour ceux ne connaissant pas la saga et qui souhaiteraient l’entamer par le début, je risquerais de leur en révéler trop et de leur gâcher le plaisir. Je leur dirais seulement que je les envie, car même quand je lirai les deux premiers tomes, curieux de découvrir comment les héros en sont arrivés où ils en sont, le plaisir ne sera jamais le même. En effet, connaître la fin risquera de me couper l’herbe sous le pied.

Le Faux Prophète se révèle finalement une histoire très bien ficelée avec des personnages qui sont capables de nous faire vibrer et de nous faire hurler, mais dont la fin nous laisse un goût d’inachevé, tant on en aurait voulu plus encore.


Les aventures d'Aliette Renoir, tome 2 : Dans l'ombre du Roi, Cécilia Correia


● Titre d'origine : Les aventures d'Aliette Renoir, tome 2 : Dans l'ombre du Roi
● Date de parution : 2013
● Nombre de pages : 354
● Édition de ton livre : Rebelle Editions
● Quatrième de couverture :

Vous savez quoi ? C’est la véritable zizanie en ce moment à Paname ! Des renégats sèment la pagaille, les Allemands nous préparent un coup fourré, un vampire âgé de plusieurs siècles disparaît comme par enchantement, Lawrence me fait des cachotteries et, pour couronner le tout, Sytry, le prince des chenapans, change d’avis comme de chemise ! Et qui doit jongler avec tout ça ? Moi, bien sûr ! Quelque chose me dit que je vais filer un mauvais coton… « Alea jacta est ! », comme dirait un certain César. Eh oui, le sort en est jeté…

● Mon avis :

Je crois que l’on peut rapidement tomber accro d’Aliette Renoir. En effet, après un premier tome des plus prometteurs, Dans l’ombre du Roi s’avère une suite des plus parfaites. Cette aventure est des plus croustillantes et apporte son lot de nouveautés et de surprises.

Suite à la mort d’Abaddon, la pagaille règne à Paname. Des vampires renégats, les Allemands, tous semblent se dresser sur le chemin d’Aliette Renoir. La disparition étrange d’un vampire de plusieurs siècles lui offre une enquête. Lawrence semble distant et Sytry la fait tourner en bourrique. Comment va-t-elle pouvoir faire pour gérer tout cela ?

Le récit prend place trois mois après le dénouement de La Secte d’Abaddon. Tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. L’élection du nouveau roi des Vampires approche et des renégats semblent prêts à tout pour discréditer Sytry. Pour ne rien arranger, un vampire travaillant pour le prince disparait. Aliette Renoir et Lawrence, son créateur, se retrouvent chargés d’enquêter sur cette disparition. Mais leur entente n’est plus aussi forte, une distance se creuse entre eux deux.
Alors que Sytry semble se rapprocher d’elle, mais avec beaucoup de retenue, ce qui est assez étrange de sa part. Un triangle amoureux, au centre duquel notre héroïne va se dévoiler à nous, plus encore que dans le premier tome. La faute à des découvertes que feront les trois personnages principaux.

Ce deuxième tome est par ailleurs un tome de révélations, car celles-ci seront nombreuses au fil des pages. Qu’elles concernent Aliette, Lawrence, Sytry, les vampires ou même les autres créatures surnaturelles, et même les humains, nous les accueillons avec surprise, avec crainte ou même avec plaisir. Il se place toujours autant du côté géographique qu’historique avec les références qui sont faites et qui surgissent au détour d’une page, d’un paragraphe, imprégnant le récit.

Heureusement pour nous, l’action n’est pas en reste, malgré l’importante place que prennent les émotions et sentiments de notre héroïne. Ces scènes d’affrontements ou de poursuites nous rappellent que nous n’avons pas à faire à une simple romance, mais bien à un récit fantastique, de bit-lit ou d’urban fantasy suivant la manière dont vous le classez.
Les scènes qui chauffent le sang des protagonistes ajoutent du piquant à notre lecture. Cécilia Correia ne cesse également de nous abreuver de bons mots et de la répartie, le franc-parler, d’Aliette qui nous plait tellement et qui est une composante importante de sa personnalité haute en couleur.

Les nouveaux personnages qui peuplent ce roman se révèlent des plus intéressants. Nous côtoyons bien plus de vampires de premier ordre. Certains nous sont des plus sympathiques alors que d’autres s’avèrent antipathiques. Les ennemis d’Aliette et de ses amis ne nous sont pas tous inconnus, mais nous pourrons mettre des noms et des visages sur quelques-uns qui agissaient dans l’ombre.

L’auteur s’appuie sur une intrigue solide, qui nous tient en haleine tout au long du roman, se ramifiant pour nous entrainer vers de nombreuses questions. Nous devinons certaines réponses, levons le voile de nous-mêmes sur certaines zones d’ombres, mais ce qui reste caché dans l’ombre jusqu’au dénouement vient nous frapper en pleine face alors que la lumière se fait sur toute l’histoire. Nous tombons des nues face aux vérités qui nous sont dévoilées.

Au final, nous ne voulons pas sortir de cette aventure, car ce serait dire au revoir à Aliette Renoir sans savoir quand nous la reverrons. Surtout au vu des dernières pages qui nous promettent bien des péripéties encore et que nous mourrons d’envie de découvrir. On ne peut que se dire à bientôt et se quitter avec regret.

Dans l’ombre du Roi mérite grandement de rejoindre la lumière des projecteurs, de trouver un large public, car nous avons là une histoire de vampires rondement menée et qui s’avère des plus addictifs. Nous en ressortons envoutés. 

mercredi 25 mai 2016

Les aventures d'Aliette Renoir, tome 1 : La secte d'Abaddon, Cécilia Correia


● Titre d'origine : Les aventures d'Aliette Renoir, tome 1 : La secte d'Abaddon
● Date de parution : 2012
● Nombre de pages : 301
● Édition de ton livre : Rebelle Editions
● Quatrième de couverture :

En arrivant à Paname, les Allemands s’étaient rendu compte qu’une menace plus dangereuse qu’eux sévissait déjà. Alors, en accord avec leurs autorités, ils laissèrent ma famille, les Renoir, continuer leurs petites affaires. Je vais vous dire : cela aurait été plus simple si j’avais dû zigouiller des rongeurs et encore… j’en avais horreur. Bon, je ne vais pas vous mentir plus longtemps, je déteste toutes les bestioles, qu’importe l’espèce animale. Sauf que la plus terrible de toutes, celle que je traquais chaque nuit demeurait mon pire cauchemar. Mais voilà, l’honneur de la famille restait ma priorité. Si bien que même si j’avais le trouillomètre à zéro, je devais quand même braver mes peurs en affrontant mon ennemi juré : le vampire.

● Mon avis :

Voici une nouvelle histoire de vampires me direz-vous ! Vous rajouterez également que nous avons une fois de plus affaire à une héroïne qui les chassent, mais vous classeriez bien vite ce roman et louperiez l’essentiel. En effet, Aliette Renoir est bien une chasseuse, mais elle n’a rien d’une Anita Blake ou d’une Buffy. Réfléchissez-y bien et ne passez pas votre chemin. Vous aurez tout à y gagner.

Durant la Deuxième Guerre Mondiale, les Allemands occupent Paris et ils découvrent qu’ils ne sont pas les plus dangereux. Par conséquent, ils laissent la famille Renoir poursuivre leurs actions. Aliette, la fille de la famille, des plus peureuses, essaye de braver son pire cauchemar en les traquant, les vampires.

Dès les premières pages, nous découvrons que nous n’avons pas une copie des célèbres chasseuses de vampires de la série télévisuelle ou de la saga littéraire bien connue. Ne serait-ce que par la localisation de l’histoire dans l’espace et dans le temps. En effet, nous nous plongeons en plein Paris sous l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. On y découvre la capitale telle qu’on ne la connait pas, ou on la redécouvre plutôt sous un œil nouveau.
Il faut aussi compter sur la personnalité de l’héroïne, et notamment sa force de caractère, digne d’une mule voire plus encore, mais aussi par les nombreuses phobies qui la hantent. À cela, nous pouvons aussi ajouter qu’elle n’a pas sa langue dans sa poche, ce qui peut se révéler un atout, mais aussi un défaut, et qui provoquera de nombreux sourires ou éclats de rire. Et pour lui donner plus de saveur encore, saupoudrez le tout généreusement avec une pincée de malchance, un soupçon de niaiserie, une cuillérée d’intelligence et enfin un parfum de volupté. Voici une recette qui ne manque pas de piquant, comme Aliette d’ailleurs.

Il faut bien avouer que la situation pour le moins cocasse, selon le point de vue, à laquelle nous assistons dès le premier chapitre nous met bien vite dans l’ambiance et nous ouvre les portes de ce qu’il adviendra.  Notre chasseuse fait preuve de malchance et celui qu’elle chassait lui sauve la vie, la transformant par la même occasion. Et son entrée dans le monde de la nuit ne sera pas des plus simples. Elle se retrouvera bien vite emportée par des événements qu’elle ne contrôle pas, et qui pourtant sont liés à elle, à sa famille et à son passé. Son créateur ne la laissera pas faire face seule, même pour affronter les premiers vampires et leur roi Abaddon. Que lui veulent-ils de plus que sa mort ? À part son corps que certains aimeraient croquer ?

Le mystère se lèvera au fil des pages. Les questions trouveront en partie des réponses. Nous aurons quelques gouttes de révélations à nous mettre sous la langue, mais il se peut que vous deviniez certaines choses, comme ce fut mon cas, et que vous en espériez bien d’autres, même si toutes ne se réaliseront pas.
Quoi qu’il en soit, le dénouement lèvera le voile en apportant son lot de bonnes ou de mauvaises surprises. Nous aurons le plaisir ou le déplaisir de voir certains événements se produire ou non. Et le final s’insinuera dans notre cou et y enfoncera ses canines pour nous plonger dans une vague de désir. Et pas n’importe lequel, celui de découvrir rapidement la suite des aventures d’Aliette Renoir.

Cecilia Correia nous propose un style des plus agréables à lire qu’elle ponctue de nombreux dialogues qui ne sont pas piqués des vers et qui apporteront beaucoup de gaieté à notre lecture. Voici donc une preuve qu’il n’y a pas besoin de se prendre trop au sérieux ni de sombrer dans des noirceurs extrêmes pour nous servir une histoire de vampires qui vaut grandement le détour.

Je ne peux donc que vous conseiller de faire la connaissance d’Aliette Renoir, car vous ne regretterez pour rien au monde de mettre un peu de mordant à votre lecture.


lundi 16 mai 2016

La Captive des Hommes de Bronze, Valérie Simon


● Titre d'origine : La captive des hommes de bronze
● Date de parution : avril 2016
● Nombre de pages : 374
● Édition de ton livre : L'Archipel
● Quatrième de couverture :

Sur la planète sauvage de Mysteria, Jim, 10 ans, et Jessica sont les seuls survivants du massacre qui a vu périr leurs parents, des pionniers à la tête d’une ferme, et leur petit frère. Ils sont kidnappés par leurs agresseurs, de mystérieux primitifs à la peau couleur de bronze, les De-Shirs. Alors qu’ils sont emmenés vers les lointaines montagnes du Sardan, Jim s’échappe mais est contraint d’abandonner sa petite sœur, âgée de 3 ans.
Des années plus tard, devenu médecin sur Terre, persuadé que Jessica est encore en vie, il retourne sur Mysteria pour tenter de la retrouver. A peine arrivé sur la planète, on l’accuse de meurtre. Il est emprisonné et livré à un geôlier sadique.
Mysteria est un monde de prédateurs aux pouvoirs étranges, où les plantes douées d’intelligence sont carnivores et où les tempêtes ravagent tout. La colonie d’humains qui y vit – des repris de justice – n’obéit à aucune règle ; la violence y est reine. Le chemin menant jusqu’à Jessica risque d’être semé d’embûches…

● Mon avis :

La Captive des Hommes de Bronze, le nouveau-né de Valérie Simon, attise la curiosité. Qui sont donc ces hommes de bronze ? La couverture ajoute également au mystère. Et le synopsis chasse toute réserve, il nous faut le lire et au plus vite.

Sur Mysteria, une planète sauvage, Jim et Jessica, âgés respectivement de 10 et 3 ans, sont les seuls survivants du massacre de leur ferme ayant coûté la vie à leurs parents et leur jeune frère. Les agresseurs, les De-Shirs, des primitifs à la peau couleur de bronze, les kidnappent. Mais Jim réussit à s’échapper alors qu’ils sont emmenés vers les montagnes du Sardan, en devant abandonner sa petite sœur. Des années plus tard, alors qu’il est devenu médecin sur Terre, il est persuadé que Jessica est encore en vie et retourne sur Mysteria dans l’espoir de la retrouver. Son retour ne se fait pas sans heurt, car il est accusé de meurtre et emprisonné. Cette planète est un monde de prédateurs, humains ou non, qui n’obéit à aucune règle outre la violence. Le chemin pour retrouver sa sœur ne sera pas de tout repos.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé la plume de Valérie Simon, car il est toujours aussi agréable de la lire et ce nouveau livre en est un exemple de plus. Elle sait ravir notre attention dès les premières pages et nous sommes donc prisonniers de l’histoire qu’elle nous propose. Et quelle histoire !

On découvre Jim alors qu’il n’est qu’un jeune garçon de 10 ans, avec des envies de liberté, en ayant assez de suivre les directives de ses parents. Il quitte donc la sécurité de la ferme familiale pour s’aventurer aux alentours, dans le bush. Il est rejoint par sa petite sœur, Jessica. Tous deux profitent donc de leur liberté, mais une fumée et un sentiment d’urgence les font retourner chez eux. Ce qu’ils découvrent les remplit d’effroi. Jim finit par réagir et se découvre un courage qui leur sauvera la vie, mais ils se feront kidnapper. Alors que sa sœur semble résigné, lui ne l’est pas et s’échappe et démontrera encore une force intérieure, un courage et une volonté de vivre qui le maintiendront en vie et lui permettront de survivre.
Alors qu’on le retrouve des années plus tard, on ne décèle plus en lui tout ce courage, il semble avoir été absorbé par sa vie sur Terre, n’être devenu rien d’autre qu’un simple jeune homme, ancré dans sa morne existence, si ce n’est ses cauchemars qui ne l’ont pas quitté depuis son évasion. Il décide de quitter tout pour retourner sur Mysteria suite à une lueur d’espoir, rallumée par sa tante et les nouvelles qui lui ont été rapportées. Dès lors, il va devoir réapprendre ce qu’est la vie sur cette planète sauvage et primitive. Il aura fort à faire et l’aide qu’il recevra ne sera pas de trop pour le garder en vie.
L’aide, il la recevra d’un personnage qu’on apprendra à connaître et à apprécier, un de ceux qui ont tout vu et qui savent ce que signifie survivre dans ce monde hostile. Et il y aura fort à faire, car le danger peut surgir de nulle part à tout instant. Animaux, végétaux, météo, humains, tout semble se liguer contre lui et la folle quête qu’il s’est fixée.

Imaginez donc Mysteria comme un continent jusqu’alors inconnu des hommes dits civilisés et qui se révèlerait à eux, avec ses dangers, ses mystères, son climat, sa faune et sa flore, mais multiplié par cent, voire mille, par rapport à ce qu’on put connaître les colons français, anglais ou les conquistadors. Ou pour que cela soit plus facile dans notre monde moderne à imaginer, la campagne profonde pour les citadins, où le réseau mobile ne passerait pas et où l’ADSL ou la fibre ne relierait pas les chaumières. L’auteur n’a pas lésiné pour nous offrir ce monde où nous pouvons rester en contemplation indéfiniment sur les paysages et où en une seconde nous serions en danger de mort, surpris par des prédateurs animaux ou végétaux. Où le temps changerait si vite que même la nature a fini par trouver le moyen de s’en protéger, car les tempêtes s’abattent et se lèvent si brusquement et si violemment que c’en est cataclysmique.
Et pour ne rien arranger face aux dangers de cette planète, les « hommes politiques » ont décidé qu’il ne fallait apporter aucune arme, technologie où toute chose pouvant aller contre l’évolution actuelle de ce monde. Jim et son guide, tout comme les autres hommes le peuplant, sont donc contraints d’utiliser des armes blanches, des armes de jet primitives pour se défendre, et des chevaux pour se déplacer.

Quant aux Hommes de Bronze, les De-Shirs, nous les côtoyons dans la première partie, vus par le jeune Jim, alors que dans la suite, ils se révèlent parcimonieusement. Le mystère reste donc grand autour d’eux, mais ce que nous en découvrons nous semble des plus prometteurs. En effet, leur culture, leur force, leur apparence nous poussent à chercher à quel peuple primitif nous pourrions les comparer par rapport à notre histoire, ou parmi les anciennes civilisations. La suite prévue début 2017 nous apportera peut-être plus d’informations et nous aidera à nous en faire une idée plus précise. Mais quoi qu’il en soit, il est plus difficile de les haïr que de vouloir les comprendre.

Ce tome-ci se trouve être une parfaite introduction à Mysteria, je dirais même une initiation avec le voyage de Jim et les découvertes, les épreuves et les quelques révélations qui le parsèment. Notre héros est contraint de se dépasser, de surmonter ses émotions pour continuer. Et nous devons nous aussi affronter de nombreux sentiments au fil de notre lecture parsemée de frissons, de sursauts, et même par moment d’une forte envie de hurler, de rage ou de joie.
Ce n’est pas le final du livre, avec ce cruel cliffhanger que nous impose l’auteur qui viendra nous contredire. Après avoir refermé la dernière page, une comparaison m’est venue pour tenter d’expliquer ce que je ressentais :
« La fin, c’est comme si L’empire Contre-Attaque  se terminait sur la fameuse scène de combat entre Luke Skywalker et Darth Vader et que ça coupait sur les mots : Luke, je suis »
J’espère que vous comprenez donc ce sentiment violent qui m’a envahie, cette terrible frustration de devoir attendre pour connaître ce qu’il adviendra.

En conclusion, Valérie Simon sait toujours aussi bien nous emporter dans les univers qu’elle crée et celui de La Captive des Hommes de Bronze vous parlera bien plus encore, tant on peut trouver de similitude avec ce que l’on connait, mais bien plus encore avec un monde riche de nombreux dangers et de paysages à couper le souffle et qui nous offre donc l’évasion que l’on désire tous dans un livre.



jeudi 12 mai 2016

C'est encore loin la mort ?, Nicolas et Florent Liau


● Titre d'origine : C'est encore loin la mort ?
● Date de parution : 26 février 2016
● Nombre de pages : 156
● Édition de ton livre : Editions Mythologica
● Quatrième de couverture :

Il était une fois un garçon qui pleurait des larmes de verre.
Il était une autre fois un crieur de journaux qui avait le don d’être la cible de balles venues de nulle part.
Il était encore une fois deux êtres qui n’avaient rien en
commun, sinon un beau jour de se retrouver sur
le même quai, à attendre un train.
Et bien d’autres histoires grinçantes, effrontées,
insolentes, avec une seule certitude :
pas une seule ne se terminera par
« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »





● Mon avis :

C’est encore loin la mort ? Voici une question étrange qu’on pourrait pourtant entendre de la bouche d’un enfant comme « C’est encore loin la mer ? », mais au vu du contenu de ces fabulettes infanticides, il est parfaitement justifié.

Chacune des histoires que nous présentent les deux auteurs a pour personnages principaux, ou au cœur de l’intrigue des enfants d’âge et d’origine variés, car chacune d’entre elles se passe en des lieux différents, à des époques différentes mêmes. Le livre est découpé en deux parties qui succèdent à une préface de Pierre Dubois.
Tout d’abord, Nicolas Liau dont les nouvelles sont regroupées sous un intitulé « Si loin… » nous révèleront une plume légère, entrainante. C’est enchanté par son style qu’on lit à tour de rôle des récits teintés de poésie, de mélancolie, qui ne nous laissent pas de marbre comme Larmes de pluie, chagrin de verre ou bien Salve.
On y découvre que la vie peut-être bien cruelle et que la mort peut être une délivrance et on sent la chair de poule qui gagne notre dos avec des nouvelles telles que Sur le chemin du fauche-plumes, Immondice ou encore Le cicatricium.
Enfin, il sait nous faire baigner entre deux eaux, avec un frisson d’étrangeté, ne sachant s’il faut pleurer, ou être effrayé. Notre-Dame des Mal-Morts, Le mendiant, La Princesse et le caniveau et La terre sur les talons nous laissent avec ces sentiments.

C’est donc dans cet état d’esprit que l’on clôture la première partie « Si loin… » pour découvrir les écrits de Florent Liau « … et pourtant si proche », titre prometteur pour les récits du deuxième frère.
Pour sa part, il nous offre un style plus direct, ne prenant que très peu de chemins détournés pour nous mener où il le souhaite. Et il nous conduit vers des scènes où la cruauté, la bêtise, l’horreur sont les fruits d’actes humains. Nous savions déjà que l’Homme est mauvais pour l’Homme lui-même et Florent nous le confirme avec force, nous marquant au fer rouge dans notre chair.
Que ce soit Le droit à l’erreur, Sa langue au chat ou Sans arrêt, nous voyons que les adultes sont capables des pires atrocités envers les enfants. Mais les enfants savent accomplir des bêtises dignes des adultes et Balle perdue en est un parfait exemple. Hélas Dans de beaux draps saura nous ouvrir les yeux sur la perversité qui peut entacher bien jeune les enfants.
Finalement, avec Maman, petite maman ou De main morte, nous voyons que la mort peut ne pas être une fin et que les enfants peuvent chercher à garder le contact avec leurs parents, avec de bonnes ou de mauvaises intentions.

Nicolas et Florent Liau, chacun avec leur style, nous ont donc offert de nombreuses réponses à la question C’est encore loin la mort ?, titre de ce recueil. Mais cela va bien au-delà de ce qu’ils nous montrent. En effet, ce qu’ils n’écrivent pas et qui est sous-jacent à leurs fabulettes, c’est que la mort peut être partout, cachée dans l’encre des mots qui composent ce livre, ou nulle part, chassée par la blancheur des pages, par les espaces entre ces mêmes mots. Ils nous ont apporté notre lot d’émotions, allant de la peine, la mélancolie ou l’espoir jusqu’à l’horreur, et même à une perversité malsaine, voire du voyeurisme face à ce que nous découvrions dans chacune des nouvelles nées de leur imagination.

Je ne peux donc que vous conseiller de chercher vous-même les réponses à la question C’est encore loin la mort ?, car les réponses que vous trouverez et les conclusions auxquelles elles vous emmèneront pourraient vous surprendre, mais quoi qu’il en soit, j’espère que vous apprécierez cette lecture autant que moi.













lundi 25 avril 2016

La Tour, Emmanuel Ardichvili


● Titre d'origine : La Tour
● Date de parution : 21 mai 2015
● Nombre de pages : 120
● Édition de ton livre : Sombres Rets
● Quatrième de couverture :

— Orkann, n’aimerais-tu pas savoir à quoi ressemble l’intérieur de la Tour ? me demande Swalee.
— Si, bien sûr, comme tout le monde, lui dis-je avant d’ajouter : Moi, j’ai trouvé comment entrer !
— C’est vrai ? Tu as découvert un passage ?
— Oui, mais c’est un peu dangereux…
— Ça ne me fait pas peur, affirme-t-elle en approchant son visage du mien.
— Tu voudrais venir avec moi la prochaine fois ?
— Et comment ! Quand est-ce qu’on y va, Orkann ?
Ses grands yeux brillent d’excitation. Mon cœur s’affole dans ma poitrine. Je réponds d’une voix un peu hésitante :
— Demain.

Malgré les prédateurs qui rôdent, Orkann et Swalee se lancent dans l’exploration de la tour géante qui domine leur village. Avec leur ami Ool, ils découvrent qu’une grave menace plane sur leur peuple…



● Mon avis :

Qui a dit que vouloir écrire une histoire pour ses enfants limitait la lecture à ceux-ci uniquement. Emmanuel Ardichvili et Sombres Rets nous prouvent le contraire. En effet, ce livre s’apparenterait à un conte de fées, mais pas l’un de ceux écrits par les frères Grimm, plutôt un conte des temps modernes. Imaginez donc.

Orkann et Swalee, deux jeunes de leur tribu partent à la découverte de l’intérieur d’une tour surplombant leur village. Ce qu’ils découvrent les avertit d’une grande menace planant sur leur peuple, tout comme ce qu’a trouvé leur ami Ool. Pourront-ils laisser cela arriver ?

L’intrigue de base parait semblable à nombre d’histoires, un grave danger et des enfants qui l’affrontent, tel le club des cinq où d’autres héros de la collection bibliothèque verte ou rose de notre enfance. Mais les lieux et les créatures qui les habitent diffèrent eux totalement de ceux que l’on connaît.

Les descriptions de celles-ci, ainsi que l’illustration de couverture, nous poussent à les imaginer telles des fées ou autres créatures du petit peuple affrontant un bestiaire des plus effrayants pour leur petite taille. Les lieux laissent rêveur, magnificence de verdure les abritant. Le village des jeunes héros semble protéger par une plante magique qui repousse ou tue ceux qui tentent de la franchir sans en avoir l’autorisation. La magie est également présente dans la tribu de nos héros et partout dans le monde qu’ils habitent, et elle est reconnue sous le nom de variliance en ces pages.

La tour qui donne son titre au roman, se révèle une création des Géants Blancs, des créatures venues d’ailleurs, dans des machines volantes. Au fur et à mesure des pages, les révélations qui sont faites nous permettent d’identifier ceux-ci, de leur donner une apparence et nommer leur espèce. La tour se révèlera également comme le point central de l’intrigue de ce conte de fées. Elle est l’aboutissement de la quête avec les révélations qu’elle apportera, l’objet de l’attention de nos jeunes héros et de leurs ennemis, le donjon à protéger. C’est pourquoi, alors que la bataille fait rage d’une part, Orkann, Swalee et Ool affrontent bien d’autres dangers pour protéger ce qui doit l’être et par la même occasion sauver leur peuple.

Quelle sera la finalité de ces combats ? Quelles découvertes feront-ils ? Et surtout qu’adviendra-t-il de nos jeunes héros ? Ce sont les questions qui habiteront les esprits de nos jeunes lecteurs alors que les pages défileront à allure plus ou moins rapide, suivant l’âge du possesseur de ce livre.

Mais que l’on soit un jeune enfant, un ado, voire même un adulte, le ravissement sera au rendez-vous si peu que l’on n’ait pas fermé la porte des rêves et que notre esprit fourmille d’imagination. La Tour nourrira de fort belle manière notre âme d’enfant alors perpétuez-là, ne perdez pas ce qui rend le monde magique, qui chasse ce qu’il y a de triste et sombre pour l’envelopper de cette insouciance, de l’innocence de nos jeunes années.

Emmanuel Ardichvili a bien fait de vouloir offrir une histoire à ces enfants, et encore plus de la partager avec le monde, car ce sont des contes tels celui-ci qui sont vitaux pour nos petites têtes blondes.

En conclusion, La Tour est un conte de fées où le petit peuple et la science-fiction fusionnent pour offrir du rêve aux enfants et aux plus grands également, car pourquoi cloisonner la lecture lorsque celle-ci est un plaisir.





jeudi 21 avril 2016

Le Carnaval aux Corbeaux, Anthelme Hauchecorne


● Titre d'origine : Le Carnaval aux Corbeaux
● Date de parution : Février 2016
● Nombre de pages : 320
● Édition de ton livre : Editions du Chat Noir
● Quatrième de couverture :

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu…
Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite…
Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?


● Mon avis :
Après une rencontre des plus sympathiques avec l’auteur lors de l’Orée des Légendes en ce début de mois, il m’a présenté et proposé de découvrir le monde du Carnaval aux Corbeaux. Ce que j’ai fait avec un ravissement digne d’un gamin devant une barbe à papa dans une fête foraine. Néanmoins, ici il n’est nullement question d’une simple foire où tout respire les sucreries et la joie, où l’air est empli des rires des enfants. Voyez plutôt.

Rabenheim, une bourgade d’apparence ennuyante. Ludwig, jeune garçon s’adonnant au spiritisme dans sa chambre dans le but de contacter son père disparu, y vit depuis son plus jeune âge. Il n’a jamais obtenu de réponse avant la veille de la Toussaint. Par pur hasard peut-être, une bien étrange fête foraine s’installe en ville. Albérich, un nabot, et Fritz Frost, un géant givré, semblent en savoir beaucoup sur le garçon. Pour découvrir l’héritage de son père, Ludwig devra affronter maintes épreuves. Mais quels mystères recèle l’Abracadabrantesque Carnaval ?

Dès les premières pages, nous faisons la connaissance de Ludwig Poe, et de son meilleur ami Gabriel Grimm. Tous deux semblent des gamins tout ce qu’il y a de plus banal. Ludwig, a néanmoins une passion pour le moins étrange, avec la volonté de contacter l’au-delà. Il semble un brin fonceur et n’hésite pas à aller outre les ordres de sa mère. Gabriel est quant à lui un modèle de timidité, un suiveur, mais semble quelque peu lâche face au danger. Ils nous montreront pourtant au fil du récit qu’ensemble ou seuls, ils sauront faire preuve de courage pour affronter ce qui les attend, malgré quelques réticences à accomplir certains actes.

Nous rencontrerons également les forains avec à leur tête Albérich, un nabot qui n’en était pas un auparavant. Le passage du temps l’a même rendu aigri et haineux. Fritz Frost, son compère, de glace couvert, parait aussi froid à l’intérieur qu’à l’extérieur, mais nous dévoilera un cœur bien plus chaud lorsque les événements le nécessiteront. Dame Vala, la voyante, nous apparaîtra antipathique une grande majorité du roman avant que son histoire vienne nous la rendre plus sympathique. Nous avons le droit à une parade de personnages sortis de Beetlejuice ou d’un Freakshow avec la troupe de l’Abracadrantesque Carnaval telle que nous la découvrons lors de cette Totenwoche.

Il nous est difficile de les haïr complètement et nous comprenons, en partie du moins, leurs agissements, alors qu’Anthelme Hauchecorne nous propose de découvre comment sont-ils devenus ce qu’ils sont désormais. Une malédiction lourde de conséquences pour les carnavaliers ainsi que pour Rabenheim et ces habitants. Puis des siècles de putréfaction et les sombres effets d’une étrange potion ont fortement altéré leurs êtres.

L’histoire que nous sert l’auteur est baignée de mythologie germano-scandinave, que ça soit par le nom des personnages, par les créatures qu’il nous propose de rencontrer ou par les mythes qui semblent prendre vie en ces lignes. Voici ce qui ajoute à ce conte, une touche d’intemporalité, qui le rapproche des légendes qui ont bercé tant de vies.

Mais, comme précédemment évoqué par le biais d’un de ces titres, on y trouve également une touche Tim Burtonesque. Imaginez les décors de nombre de ces films, ces créatures comico-effrayantes, ces situations jonglant entre le macabre et l’humour noir, entre la lumière et les ténèbres et teinté du romantisme propre à nombre de ses œuvres. Saupoudrez tout ceci sur ces mythes germaniques et païens et vous obtiendrez tous les ingrédients d’une magnifique toile de fond pour le récit qui nous absorbe dès les premières pages.

La plume d’Anthelme Hauchecorne se fait poétique, légère comme le vent dans les descriptions, et acérée, efficace lorsque les événements prennent une tournure plus sombre, mouvementée afin de nous emporter totalement dans les allées de l’Abracadabrantesque Carnaval, dans les rues de Rabenheim ou encore dans le monde des morts, à la suite des jeunes héros ou des sombres forains.

Nous partageons même les sombres sentiments des forains, leur souhaitant d’accomplir leur vengeance tout en échappant à leur poursuivant. Nous les plaignons devant l’injustice qu’ils vécurent par le passé. Nous nous y attachons finalement d’une certaine manière et souhaitons qu’enfin, ils puissent trouver le repos.

Dans le même temps, nous espérons que le vent de la chance tournera en faveur de Ludwig et Gabriel, qu’ils échapperont au sort qui leur semble promis, mais tels des voyeurs, nous ne pouvons nous empêcher d’en vouloir bien plus, qu’ils affrontent plus d’obstacles et d’épreuves, qu’ils soient malmenés plus encore afin que jamais nous n’approchions du dénouement de ce roman.

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le clou du spectacle. Nous allons de rebondissement en rebondissement, et nos mines effarées ne dépareilleraient nullement du public de l’Abracadabrantesque Carnaval. D’ailleurs, nous sommes le public le plus fidèle de ces forains, car nous nous sentons liés à leur histoire, leur passé et leur avenir. Nous encourageons ceux-ci ainsi que Ludwig et Gabriel afin d’obtenir un feu d’artifice clôturant de la plus belle manière inimaginable ce roman. Et celui-ci dépasse nos rêves les plus fous, nous bondissons, applaudissons à tout rompre, mais nous versons également des larmes sur le sort de nombreux personnages que l’on a appris à aimer depuis les premières pages.

En conclusion, Anthelme Hauchecorne est un conteur des temps modernes qui saura vous faire voyager par-delà les mondes connus, au-delà de vos rêves. De ce fait, le Carnaval aux Corbeaux doit traverser les frontières, gagner le cœur des foules comme il a gagné le mien et faire une bourrée où qu’il aille pour les siècles à venir, tenant tête à l’Élivágar. 

P.-S. : Avec ce roman, l’auteur et les Éditions du Chat Noir, vous soutiendriez l’UNICEF et c’est un geste digne d’un forain, digne d’un homme ou d’une femme de cœur, alors d’un geste deux bonnes choses, un moment de lecture des plus magnifiques et un peu d’argent pour les enfants.




mardi 12 avril 2016

Guerre & Dinosaures, Victor Milan


● Titre d'origine : The Dinosaur Lords
● Date de parution : 14 Avril 2016
● Nombre de pages : 640
● Édition de ton livre : Fleuve Noir (collection Outrefleuve)
● Quatrième de couverture :

Paradis. Pour les dieux, un simple plateau de jeu, le théâtre de leurs passions et luttes de pouvoir. Pour les hommes, c'est une terre brutale et violente, divisée entre dynasties rivales, déchirée par les ambitions et les croyances religieuses, constamment menacée par le machiavélisme politique.
Dans cet état de guerre règnent les dinosaures. Élevés, dressés dès leur plus jeune âge, ils deviennent des armes redoutables dominant les champs de bataille. Et c'est lors d'un affrontement épique dont le fracas pourfend la terre et déchire le ciel que l'énigmatique seigneur Karyl Bogomirskiy est défait par traîtrise et laissé pour mort.
À son réveil, partiellement amnésique, il découvre qu'il est désormais pourchassé. Il se lance alors dans un voyage qui va faire trembler le monde, jusqu'aux trônes des dieux...


● Mon avis :
Sans même lire le résumé, le titre avait déjà piqué ma curiosité au point de vouloir découvrir quelle histoire se cache derrière Guerre & Dinosaures. Il va sans dire que voir ce qu’en dit George R. R. Martin sur la couverture augmente encore cette envie. « Un croisement entre Jurassic Park et Le Trône de Fer » est des plus évocateurs, surtout avec une illustration sobre, mais efficace qui montre un chevalier chevauchant sa monture qui n’est autre qu’un dinosaure.

Paradis, simple plateau de jeu pour les créateurs, mais pour les hommes, c’est le théâtre de leur violente lutte, pour le pouvoir, pour la gloire, pour la passion entre croyances religieuses et machiavélisme politique. Les dinosaures se révèlent des armes redoutables sur les champs de bataille. Karyl Bogomirskiy, un énigmatique seigneur est vaincu par traitrise et abandonné pour mort lors d’un terrible affrontement. Il se réveille en partie amnésique et pourchassé. Il entreprend un voyage qui va le mener vers un nouveau défi.

Après un prologue qui attise notre curiosité avec une apparition étrange, mais qui nous révèle bien peu de choses, à part un premier aperçu des dinosaures et des hommes, un jeune garçon dans ce cas qui garde son troupeau. Nous entamons la première partie dans le vif du sujet. En effet, nous nous trouvons sur un champ de bataille et nous vivons l’affrontement de différents points de vue. Certains passages m’ont tout de suite fait penser à un combat épique de Tolkien dans Le Retour du Roi. Je vous laisse vous faire votre propre avis et me dire si vous avez pensé au même que moi. Nous vivons la traitrise dont faire l’objet Karyl Bogomirskiy, mais également nous découvrons d’autres personnages qui auront leur importance au cours du roman, Rob Korrigan, le maître dinosaure et Jaume Llobregat, champion de l’empereur et capitaine-général de l’ordre des Compagnons de Notre-Dame du Miroir.

Après cette bataille, nous suivons la « renaissance » de Karyl et le début de sa fuite. Puis nous découvrons d’autres personnages, notamment l’empereur Felipe et sa fille ainée Melodia, une jeune femme fougueuse, intelligente et qui n’a pas sa langue dans sa poche.
Nous découvrons également un ancien ennemi de l’Empire devenir un bras armé de Felipe, Falk Von Hornberg, avec un physique imposant sans pour autant être simple d’esprit. Son arrivée et la place qu’il obtient révoltent beaucoup de monde, mais cela ne changera rien.

Et un roman avec un tel titre ne peut se poursuivre sans guerre. En effet, la bataille que nous avons vécue en début de livre n’était que des prémices, nous allons en vivre d’autres, avec toutes les horreurs que cela implique. Elles nous donneront l’occasion de voir plus encore les dinosaures en action, et nous réaliserons qu’effectivement, l’art de la guerre avec de telles montures et armes s’avère plus impressionnant encore que les batailles que l’on a déjà pu lire ou voir auparavant. C’est bien là un grand plus de ce récit et une belle innovation de Victor Milan qui apporte un petit vent de nouveauté dans la Fantasy.

Les personnages sont d’une grande importance également dans la qualité de l’histoire. Ils nous offrent une belle palette de personnalités, allant de la brute avec Falk, qui s’avère aussi détestable que les plus haïssables des personnages du Trône de Fer à la belle avec Melodia, que l’on pourrait définir comme un mélange de Cersei et Daenerys, tout un programme n’est-ce pas ! Nous avons les héros dont on chante leurs louanges dans les tavernes avec Karyl, un Ned Stark ayant survécu et Jaume, un Jaime Lannister sans le côté régicide, mais avec tout son honneur et des principes bien fondés.
Et au milieu de ceux-ci, Rob Korrigan, qui n’est pas des moindres, car même s’il n’a rien d’héroïque comme les deux cités précédemment, il se révèle le barde agile au combat, celui qu’on aimerait incarner dans un jeu vidéo et qui sait se hisser plus haut que la place qu’on lui destinait. Plus les pages défilaient et plus mon avis sur lui se renforçait, tel Tyrion qui au fil des saisons de Game Of Thrones devient le personnage que l’on ne peut qu’aimer, malgré ses mauvais côtés.
L’empereur, quant à lui, s’avèrerait un subtil mélange d’un Lannister, d’un Stark, d’un Baratheon avec une Main derrière lui qui regroupe plus ou moins tout le conseil du roi des Sept Couronnes.

Les intrigues sont multiples au cours de ce roman, les machinations se font et se défont. Certaines personnes voient leurs objectifs s’éloigner ou se rapprocher alors que d’autres subissent des trahisons ou des coups du sort, mais la joie, l’espoir et le bonheur s’invitent bien peu en ces pages où règnent, bien au contraire, le doute, la peur, le désespoir, la haine et même l’horreur.

Ce n’est pas le final qui apportera une touche de conte de fées avec un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », mais nous nous retrouvons prisonnier d’événements à venir, d’affrontements qui seront, on l’espère, spectaculaires et violents, mettant encore plus en avant ces dinosaures que l’on n’a pas encore assez vus à mon gout, tant ils sont si bien intégrés à ce monde que nous dépeint l’auteur. Les vies des personnages principaux semblent pour beaucoup sur la sellette, tant l’espoir semble mince pour leur avenir. On ne peut qu’attendre le deuxième acte de cette pièce de théâtre à laquelle on assiste, tout comme les serviteurs des créateurs que l’épilogue nous permet de découvrir un peu plus.

George R. R. Martin nous disait juste en annonçant un croisement entre Jurassic Park et le Trône de Fer pour Guerre & Dinosaures, même si les dinosaures ne sont pas une attraction dans un parc, mais font partie intégrante du spectacle que nous offre Victor Milan avec sa troupe de personnages sur Paradis.

Je ne peux que vous conseiller fortement de vous précipiter chez vos libraires et d’acquérir ce roman, même s’il vous faut sortir les griffes et les épées pour pouvoir affronter la foule qui se pressera sur votre chemin.



vendredi 25 mars 2016

La Guerrière d'Argalone tome 2, Un Choix Douloureux : Frédérique Arnould


● Titre d'origine : La guerrière d'Argalone, tome 2 : Un Choix Douloureux
● Date de parution : 2 Mars 2015
● Nombre de pages : 244
● Édition de ton livre : Editions Artalys
● Quatrième de couverture :

Grâce à sa connaissance de la guerre et à ses dons de magicienne, Alexia a aidé ses compatriotes à chasser l’armée noire, mais l’enlèvement de Tomas par le prince Grahir a entaché cette belle victoire.

Accompagnée du capitaine William, de Maxi et de trois autres de ses camarades, elle se lance à la recherche de Tomas dans le royaume ennemi, où la place de la femme est inexistante. Horrifiée de voir autant de cruauté et si peu de considération, elle doit tenir sa langue et contenir sa magie pour ne pas faire échouer sa mission. Heureusement, elle fera de belles rencontres qui l’aideront à supporter cette culture si différente de la sienne.

Plongée dans ce monde dont elle ignore tout, elle découvrira ses origines extraordinaires et devra faire des choix douloureux. Arrivera-t-elle à sauver Tomas ? Et Maxi retrouvera-t-il sa place dans le cœur d’Alexia ?

● Mon avis :
Après nous avoir laissé flotté entre deux eaux avec le final du premier tome, Des Amours Maudites, Frédérique Arnould nous convie à découvrir ce qu’il advient donc à Alexia. Et comment dire, les retrouvailles nous font chaud au cœur. Pensez donc que l’on avait laissé l’héroïne dans une situation peu enviable.

L’armée noire a été repoussée, mais cela ne s’est pas fait sans heurt. Tomas a été enlevé par le prince Grahir, assombrissant la liesse de la victoire. Un groupe composé du capitaine William, de Maxi, d’Alexia et de trois autres de leurs camarades se met en quête du fils du capitaine, s’enfonçant dans le royaume de Dorduine, où la femme n’a aucune considération. Face à cette horreur qui lui saute au visage, elle va devoir faire preuve de beaucoup de retenue pour ne pas faire échouer leur mission. Leur parcours sera ponctué de riches rencontres qui lui apporteront un peu plus de force pour supporter cette culture étrangère. Les révélations seront nombreuses, notamment sur ses origines et Alexia se retrouvera face à des choix bien douloureux.

Le récit prend place dans la continuité du premier tome et nous retrouvons donc notre héroïne qui se réveille d’un long repos forcé et le retour à la réalité est bien douloureux, Tomas a été enlevé. La décision ne fait aucun doute, il faut aller le secourir. Alexia ne peut rester ainsi et rejoint le groupe qui se forme pour tenter cette aventure.
Nous voyons se profiler une quête en groupe restreint, mais cela peut-il être aussi simple ? Avec un personnage tel qu’Alexia, cela ne se peut, me direz-vous et vous aurez bien raison ! Elle a le don pour toujours se retrouver dans des situations quelque peu compliquées et nous aurons l’occasion de le confirmer à de nombreuses reprises. Son cœur la conduira à faire des choix faciles ou pas, mais qui, de rencontre en rencontre, l’amèneront à se découvrir, à accepter les vérités qui lui seront révélées, bonnes ou mauvaises ?

D’ailleurs, si l’on devait définir ce tome, nous pourrions le décrire comme le livre des révélations, car c’est bien ce qui rythme une bonne part du roman. Celles-ci seront d’ailleurs les bienvenues pour mieux appréhender le monde que nous dépeint l’auteur, avec les différentes cultures, l’histoire des pays, et bien sûr nous en dévoiler un peu plus sur Alexia, ce qu’elle est et ses origines.
Mais les rencontres prennent également une part importante dans ce livre, bien plus que dans le premier presque, car ils nous ouvrent les yeux autant que certaines révélations. On découvre des personnes qui ont choisi d’affronter ou qui subissent les événements, les traditions, mais qui se révèlent fortes lorsqu’on leur tend la main, qu’on leur montre une autre voie comme le fera notre héroïne.

Les sentiments restent également bien présents puisque Alexia souffre toujours du dilemme amoureux qui pèse sur son cœur. L’enlèvement de Tomas pourrait remettre en cause son amour, mais aussi le renforcer, le confirmer. La présence de Maxi qui, quant à lui, semble mettre de l’écart entre eux deux, voudrait nous faire penser qu’il a bien tiré une croix sur leur histoire, mais certains gestes viennent semer le doute. Quel choix douloureux fera la jeune femme ? Lequel choisira-t-elle finalement ?
Elle aura un long chemin à parcourir pour que le choix s’impose à elle. Elle verra des personnages rejoindre son groupe puis au fil des directions et des décisions à prendre, son entourage se réduira pour ne la laisser que peu entouré alors que le dénouement de ce tome se profilera. Une épreuve des plus effrayantes l’attendra et nous sentirons notre cœur broyé par les événements qui marqueront le final de ce tome, nous laissant prisonnier des affres d’une peine qui nous envahit alors qu’une question retentit tel un écho dans esprits : Que lui arrive-t-il ?

En conclusion, Un choix douloureux nous offre une très bonne suite pour la Guerrière d’Argalone, mais emprisonne nos cœurs dans une torpeur dont on ne pourra sortir qu’en lisant le troisième tome. Pour nous, nul choix douloureux à faire, juste une évidence, Un Combat Difficile nous tend les bras.


jeudi 10 mars 2016

Earthend tome 1, Visions de Feu, Gillian Anderson et Jeff Rovin


● Titre d'origine : Earthend, book 1: A Vision of Fire
● Date de parution : 3 février 2016
● Nombre de pages : 344
● Édition de ton livre : Editions Bragelonne
● Quatrième de couverture :

Partout sur la planète, des adolescents sans aucun lien commencent à présenter des symptômes inexplicables. La fille du représentant indien à l’ONU se met à parler une langue qui n’existe pas et souffre de violentes visions. Une jeune Haïtienne manque de se noyer sur la terre ferme. Un étudiant iranien s’immole par le feu…
À New York, la célèbre psychologue pour adolescents Caitlin O’Hara est chargée de traiter la fille de l’ambassadeur indien, qu’elle pense être sous le choc des tensions qui menacent son pays et pourraient bien mener à une guerre nucléaire. Mais très vite, Caitlin est obligée de reconnaître qu’elle a affaire à un phénomène plus sinistre encore, lié à des forces issues d’une civilisation disparue.


● Mon avis :

Alors que tous les fans de X-Files fêtaient le retour de leur série mythique, du côté des rayons des librairies, l’agent Scully, alias Gillian Anderson faisait parler d’elle avec la sortie française du premier tome de la trilogie Earthend, en collaboration avec Jeff Rovin, auteur reconnu, notamment pour la série Op-Center, du défunt Tom Clancy, dont il a écrit une dizaine de romans. J’espère bien que les fans de la série culte et de l’actrice auront pris une double ration de Gillian, car ce roman est à mettre entre toutes les mains.

En différents lieux, sans aucun lien entre eux, des adolescents commencent à présenter d’inexplicables symptômes. À New-York, la fille du représentant indien de l’ONU s’exprime tout à coup dans une langue qui n’existe pas et souffre de visions violentes. Caitli O’Hara, célèbre psychologue pour adolescents, est appelée pour la soigner, la pensant sous le choc des tensions menaçant son pays et qui pourraient avoir de lourdes conséquences. Une jeune Haïtienne manque de se noyer au milieu d’une rue et un étudiant iranien, quant à lui, s’immole par le feu.
Caitlin, bien vite, se trouve contrainte d’avouer avoir à faire à un phénomène plus sinistre, lié à des forces issues d’une civilisation disparue.

Dès le début, nous sommes confrontés à l’horreur qui s’empare de la jeune Maanik, fille de l’ambassadeur indien de l’ONU, et nous nous posons la question du rapport avec le prologue qui était à cent lieues de ce que nous découvrons ensuite. On s’interrogera à de nombreuses reprises sur le lien qui pourrait exister et l’on fera des suppositions qui seront contrecarrées, ou pas, alors que nous poursuivons notre lecture. Les événements qui se déroulent lors des visions de la jeune fille semblent si réels qu’ils ont un impact sur celle qui les vit et que son entourage le perçoit.

D’ailleurs, Maanik, pleine de vie d’ordinaire, ne semble plus être elle-même et la tâche qui incombe à la psychologue semble ardue tant ce qui arrive à la jeune fille bouleverse tout ce qu’elle a pu affronter auparavant. Néanmoins, Caitlin ne rend pas les armes pour autant et n’hésite pas à se rendre auprès de la jeune Haïtienne ainsi que du jeune Iranien dans l’espoir d’obtenir la clé qui lui permettra de comprendre et d’aider la jeune Indienne. De rencontre en rencontre, elle finira par recevoir « l’illumination », cette compréhension et cette acceptation qui vont lui ouvrir les yeux et l’esprit. Dès lors, il est question d’une course contre la montre pour sauver Maanik.

Caitlin est une mère célibataire approchant de la quarantaine, dont aucune description n’est faite, mais on se la représente sous les traits de Gillian Anderson. Elle a un jeune garçon sourd de 10 ans qui la rattache à ce monde, lui donnant cette bulle protectrice pour se ressourcer.
Elle a un ami, Ben, traducteur et ami de l’ambassadeur indien de l’ONU. On leur souhaite bien plus que de l’amitié et l'on espère voir leur relation évoluer au fil des pages. Il lui apportera toute son aide dans cette épreuve, en effet aider Maanik sera très éprouvant et révélateur d’un monde qui nous dépasse.

Alors que défilent les chapitres, quelques comparaisons me sont venues. Tout d’abord, celle avec Présages de James Herbert, pour le fait qu’ils se passent plusieurs incidents similaires à des endroits très éloignés les uns des autres. Puis, bien entendu, on ne peut renier que ce récit puisse être lié de près ou de loin à X-Files. Que celui qui n’a jamais envisagé ce rapprochement en lisant ce livre me fasse signe.

Lorsque le dénouement se fait proche, nous sommes fébriles, gagnés par ces visions que partage désormais Caitlin avec la jeune Indienne, agissant même au cœur de celles-ci, quittant son rôle de spectatrice pour en devenir actrice. Nous tendons nos mains pour lui apporter tout notre soutien. Un nœud se forme à nos estomacs et luttons contre ce cri de douleur ou de peur qui veut s’échapper de nos gorges. Nous passons notre nuit aux côtés de la psychologue et frissonnons alors que la vérité semble être ailleurs, car le final ne nous donne pas le droit d’arrêter notre lutte. Il nous faut la suite. Peut-on donc faire de ce premier tome une « Affaire non classée » ? Je dirais que oui tant il me tarde à la lecture de celui-ci de découvrir la suite, ce Rêve de Glace qui est sorti aux USA en décembre 2015.

Sans aucun doute, nous pouvons affirmer que Gillian Anderson et Jeff Rovin ont su franchir les barrières de nos esprits, en soulevant de nombreuses questions qui continuent de nous tarauder alors même que nous avons refermé ce livre. Ils nous donnent envie de chercher jusqu’où se sont-ils inspirés du passé et quelle part de ce récit n’est que pure invention. Où s’arrêtent les frontières du réel ?

Finalement, il s’avère difficile de cantonner Visions de Feu à un simple thriller alors que le fantastique et l’ésotérisme pointent le bout de leur nez au fil des pages. Il est bien plus que cela ! Il est une météorite de mythes, de croyances, d’espoir, de rêve, de cauchemar et même de folie traversant le ciel de la planète thriller avant de s’y écraser, creusant un cratère que même le temps et ceux qui aiment tout classifier ne pourront réduire. 







jeudi 3 mars 2016

Le Gardien de la Source, Vanessa Terral


● Titre d'origine : Le Gardien de la Source
● Date de parution : 13 janvier 2016
● Nombre de pages : 387
● Édition de ton livre : Editions Pygmalion
● Quatrième de couverture :

« Puis elle le vit. L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. »
En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même…
Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

● Mon avis :
Voici un auteur que je suis depuis ma rencontre avec elle lors du Printemps des Légendes en 2010. Honte à moi lorsque je me rends compte que je n’ai lu que bien trop peu de ses œuvres et j’en m’excuse auprès de l’intéressée, aka Vanessa Terral. Et Le Gardien de la Source, une romance fantastique, vient renforcer ce sentiment. En effet, celui-ci, de par sa très belle couverture et son synopsis, ne peut qu’attiser la curiosité.

Maric-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et sa fille Anne-Hélène sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Invitation qu’elles ne peuvent refuser, bien que la santé de sa fille soit un sujet d’inquiétude pour la mère depuis un mal funeste qui s’était emparé d’elle quelques mois auparavant. Ce mal l’a changé, elle ne semble plus tout à fait la même. Pour quelles raisons Lazare, le mystérieux baron d’Oppedette, s’intéresse-t-il autant Anne-Hélène ?

Nous rencontrons Anne-Hélène et sa mère dès le prologue. La jeune fille est pleine d’insouciance et joue avec ses amies jusqu’à ce que survienne le drame. Sa mère fait preuve d’une grande force de caractère, et la suite du roman le démontre bien plus encore. En effet, Marie-Constance est une femme ayant de grandes responsabilités, de nombreuses connaissances et dons et assume avec force d’esprit le rôle de maîtresse du domaine et de ses gens.

Anne-Hélène, quant à elle, subit de profonds changements. Elle se transforme de cygne blanc, innocent et niais, en cygne noir, de par le biais du mal profond qui a failli l’emporter, mais pas seulement. Elle passe par de nombreuses étapes, d’expérimentations, de découvertes et semble faire de mauvais choix, qui achèvent de briser ses rêves. La découverte d’une dure vérité, conséquence de sa maladie n’en sera qu’une étape de plus, mais qui brisera ses derniers liens. Néanmoins elle gardera toujours une lueur en elle qui brillera par-delà les épreuves.

Ce n’est que lors du bal organisé par le comte de Forcalquier que l’on fait la connaissance de Lazare. On le juge rapidement, influencé par les faibles informations que Vanessa Terral veut bien nous donner. Heureusement pour nous, et pour le baron lui-même, nous pouvons réviser notre jugement au fil des pages, et à de nombreuses occasions suivant les nouvelles révélations qui nous sont faites. De personnage haïssable lors de sa rencontre, nous en venons à l’aimer et lui souhaiter tout le bonheur qu’il est en droit d’espérer en compensation de la peine qu’il endure. Qui est donc réellement Lazare ?

L’immersion dans la France historique, celle de l’après-révolution, de l’entre-deux Napoléon 1er alors qu’il a abdiqué, et même lors des 100 jours où il tenta de reprendre le pouvoir. Ce fut un coup de maître, car cette plongée dans notre Histoire, par le biais du récit que nous propose l’auteur, s’est avérée une très grande réussite et un rappel bienvenu pour certains. Il ne nous en a été que plus facile de nous imprégner du récit, de le vivre de l’intérieur comme si nous étions ces personnages qui nous sont dépeints.
Vanessa Terral, pour se faire, fait preuve d’un style et d’une plume se prêtant fort bien à cette époque, on y ressent toute la douceur et le rocambolesque digne de ces périodes qui nous font tant rêver.

D’ailleurs le fantastique s’immisce délicatement dans notre Passé, par petites touches. Il semble couler de source et l’on pourrait le croire sorti de nos manuels scolaires qui relatent cette époque. Et pour le lien avec le titre, longuement nous le cherchons et ce que cela implique, le Gardien de la Source, et lorsqu’enfin nous l’apprenons, un pincement au cœur, mais aussi une crainte irrationnelle s’emparent de nous. Est-ce possible ? Comment peut-on supporter tout ceci ? Quelle abnégation ! Ce sont là de nombreuses pensées qui traversent nos esprits, et nous ne pouvons que compatir au fardeau, à la peine que doit supporter ce gardien. Mais c’est bien plus que cela, une malédiction digne de la mythologie, et c’est alors que ces quelques mots en bas du quatrième de couverture prennent tout leur sens. Effectivement, nous imaginons fort bien la transposition de cette légende et nous applaudissons pour cette réussite.

Mais il me vient également une comparaison à l’esprit lorsque nous arrivons au dénouement, que nous voyons quel sort Vanessa Terral a réservé aux personnages qui sont maintenant dans nos cœurs. En effet, avec ce romantisme et les ténèbres qui habitent ces pages, j’ai pensé à Crimson Peak pour ces visuels qui me viennent à l’esprit, cette façon de mettre à mal nos sentiments, les noyant sous la crainte puis sous l’espoir avec cette sensation que les « héros » ne peuvent connaître la joie, mais qu’on leur souhaite pleinement.

Le final s’accompagne d’un feu d’artifice d’émotions qui apporte son lot de couleurs chaudes à ce tableau, le parant de cette touche qui le fera traverser les années, l’emmènera je l’espère à la prospérité, car ce roman mérite de connaître une multitude de lectrices et lecteurs.
Oui la romance ne doit pas être qu’une affaire de femme, surtout lorsque celle-ci est teintée d’une touche de fantastique avec cette lumière et ces ténèbres, elle est faite pour toutes les Juliette et leurs Roméo, pour toutes les Perséphone et les Hadès, pour ceux dont le cœur vibre devant tant d’émotions, d’espoir, d’amour sans craindre les peurs, le désespoir ou la haine qui peuvent parfois faire irruption dans nos vies.

En conclusion, le Gardien de la Source ne demande qu’à vous compter parmi ses gens et Vanessa Terral vous montre majestueusement le chemin jusqu’à la source. Plongez en ses pages et vous en recevrez un pur moment de plaisir.






vendredi 26 février 2016

Clandestinos, Jack Kerley


● Titre d'origine : The Death Box
● Date de parution : 2016
● Nombre de pages : 360
● Édition de ton livre : Editions Harlequin (Mosaïc)
● Quatrième de couverture :

Spécialiste des enquêtes complexes, Carson Ryder pense avoir vu ce que l’homme peut faire de pire. Mais dès son arrivée à Miami, où il vient d’intégrer le centre anti-criminel de Floride, il est appelé sur une scène de crime particulièrement atroce : une colonne de béton où ont été coulés des corps de femmes, des corps dont le visage garde à tout jamais, figée dans la pierre, une effroyable expression de souffrance et de terreur. Pour percer le secret de cette colonne, Ryder va devoir plonger dans l’univers sordide du trafic d’êtres humains. Et retrouver une jeune femme qui pourrait lui permettre de comprendre ce qui s’est passé. Sauf qu’il n’est pas le seul à vouloir mettre la main sur elle. Et que ceux qui la traquent n’hésiteront pas à tuer pour voir leur secret préservé.


● Mon avis :
Clandestinos de Jack Kerley m’a ouvert la porte d’une maison d’édition que je n’aurais jamais pensée franchir. Celle des éditions Harlequin, par le biais de leur collection Mosaïc et je dois dire que la découverte, autant de l’éditeur que celle de l’auteur, fut des plus agréables avec ce thriller. En effet, la quatrième de couverture promet du suspense comme vous pouvez le constater et l’on n’est pas déçu .

Carson Ryder, spécialiste des enquêtes complexes, accepte un nouveau poste à Miami, au sein du centre anti-criminel de Floride. Dès son arrivée, il est appelé sur une scène de crime horrible : des corps de femmes coulés dans une colonne de béton, leur visage gardant les traces de l’horreur et de la souffrance qu’elles ont connue. Ryder va devoir percer le secret de cette colonne en se plongeant dans l’univers glauque du trafic d’êtres humains. Une jeune femme pourrait lui permettre de comprendre ce qu’il est arrivé, mais il lui faut la retrouver avant les autres qui sont à sa recherche.

Bien que le personnage principal faisant l’objet d’une série, je l’ai découvert par le biais de ce roman, mais il nous est suffisamment présenté dès les premières pages pour que cela ne gêne absolument pas le lecteur qui le rencontre pour la première fois.
Carson Ryder est intelligent, intuitif et déterminé pour résoudre ses enquêtes, mais il a également ses faiblesses, ses erreurs et un passé qui forgent son caractère. Il nous devient bien vite sympathique alors que les pages défilent.

Leala Rosales, une jeune femme en provenance du Honduras, victime de ce trafic d’êtres humains, va faire preuve de beaucoup de courage, face à ces tortionnaires et ces poursuivants. Une demoiselle avec une tête bien faite et qui saura s’en servir, avec une même étincelle de rébellion que l’on perçoit chez le détective et pour qui on tremblera de peur tout au long du livre.

Au niveau de l’intrigue, on suivra le raisonnement de Carson Ryder, espérant qu’il le conduira à ce que nous avons vu, car oui nous sommes des voyeurs dans cette histoire. C’est d’ailleurs avec cette vision d’ensemble que nous suivons le récit, ne nous laissant que peu de mystères et de suspense qui tiendront pourtant nos petits cœurs de lecteurs en haleine jusqu’au bout. Qui donc est derrière cet immense trafic d’êtres humains ? Le détective parviendra-t-il à résoudre cette affaire et à sauver la jeune hondurienne ? Voici les principales questions qui nous taraudent au fil des pages !

Néanmoins, il y a des suppositions que l’on peut faire sur l’auteur tant les détails sont nombreux pour nous montrer l’horreur de la situation, le calvaire que vivent ses esclaves. On est en droit de penser qu’il a du faire de bien longues recherches sur le sujet, rencontrer des personnes qui ont survécu à une situation semblable, car ne nous voilons pas la face, il est certain que l’homme est suffisamment vil et retors pour procéder à pareil trafic. Et c’est bien là ce qui nous glace le sang, autant voire plus que le sort incertain de la jeune femme pour qui l’on se prend d’affection.

C’est pourquoi lorsqu’arrive le dénouement, nous sommes fébriles. Nos émotions et notre cœur n’ont pas été ménagés et nous frissonnons devant ce que nous réserve encore Jack Kerley. Le final vient nous soutirer un long soupir et nous ôte d’un poids qui pesait sur notre estomac. Une fin qui ne peut que nous ouvrir les portes vers de nouvelles aventures de Carson Ryder on l’espère.

Clandestinos réunit tous les ingrédients pour un thriller réussi. Il nous saisit par les tripes et nous montre combien l’homme est le pire ennemi de l’humanité avec toute sa perversion et son machiavélisme, mais qu’il peut être également empli de bonne volonté, de courage et de candeur ! Jack Kerley nous offre donc un moment de lecture des plus agréables rehaussé de quelques sueurs froides.





dimanche 14 février 2016

Les Dames de Riproles – Tome 1 : La dame du Vallon Perdu, Eve Terrellon


● Titre d'origine : Les Dames de Riproles – Tome 1 : La dame du Vallon Perdu
● Date de parution : 15 octobre 2015
● Nombre de pages : 156 (ebook)
● Édition de ton livre : Lune Ecarlate
● Quatrième de couverture :

En l’an de grâce 1416, Isabelle, sœur désargentée du ténébreux Arnault de Riprole, prend la route pour rejoindre le château de son fiancé. Sujette à une guerre endémique, la campagne normande est peu sûre et le charroi se fait attaquer. Sauvagement molestée, Isabelle est secourue par Tristan, un chevalier errant. Reconnaissante, elle demande à son frère d’accueillir ce dernier au château, pour qu’il y passe l’hiver avec son écuyer. Le fief est pauvre et la vie s’organise entre les mystérieux déplacements d’Arnault et la passion de Béranger pour la musique. Découvrant peu à peu les blessures qui marquent cette famille, Tristan se sent l’obligation de veiller sur Isabelle.


● Mon avis :
Voici avec cette lecture de La Dame du Vallon Perdu une première pour moi. En effet, ce fut la première romance historique, et romance en général que j’ai lu. Et je me dois d’avouer que je n’en ai pas été rebuté, mais j’ai fait une découverte qui m’a plu. Je ne pensais pas que cela m’arriverait un jour, mais qui a dit que le public visé devait se limiter aux femmes ? Les hommes aussi peuvent être romantiques, sensibles et apprécier de telles lectures, j’en suis la preuve.

Isabelle, jeune sœur du Seigneur Arnault de Riprole, prend la route pour rejoindre son fiancé en l’an de grâce 1416. La campagne normande n’est pas sans risque et son charroi est pris d’assaut. C’est profondément blessé qu’elle est secourue par un chevalier errant, Tristan, qui la reconduit au château familial. En remerciement, elle supplie son frère de l’accueillir au château pour y passer l’hiver. Tristan découvre peu à peu la vie, la pauvreté et les blessures qui marquent les Riprole et décide de veiller sur Isabelle.

Dès les premières pages, nous sommes immergés dans une ambiance moyenâgeuse et les détails qui parsèment le récit y sont pour beaucoup, que ce soit pour le contexte historique, pour la vie quotidienne ou pour les usages de cette époque. C’est ainsi que nous comprenons très bien la situation de l’héroïne alors qu’elle quitte la demeure familiale pour rallier le château de son fiancé pour un mariage sans amour, comme c’était le cas en ces temps reculés, mais dans l’espoir d’une vie meilleure pour sa famille, dont la guerre entre les Français et les Anglais a causé leur ruine et tant de blessures.

S’il n’y avait aucun rebondissement, l’histoire n’aurait aucun intérêt, mais ce qu’il advint à Isabelle provoque un profond changement dans le chemin qui lui était tracé. Une mauvaise rencontre qui en conduit à une meilleure et la tournure des événements prend une tout autre direction. C’est ainsi que Tristan apparaît dans le récit, avant de prendre plus d’importance encore au fil des pages. Mais sous son apparence de parfait chevalier, il se cache un lourd secret qui dictera ses actions, son comportement tout au long du roman.

Les personnages qui peuplent La Dame du Vallon Perdu ne se limitent pas à eux deux, bien entendu. Nous apprenons également à connaître les frères de l’héroïne, Arnault le chef de famille, et le cadet Béranger qui ne rêve que de musique, l’entourage propre de la famille qui les ont élevés après la mort de leurs parents et l’écuyer de Tristan, Thierry. Nous avons donc une palette de personnalités qui auront chacun leur rôle à jouer au cours de l’histoire.

L’intrigue tient parfaitement en haleine le lecteur, tant Ève Terrellon sait se jouer de nous. Nos émotions sont mises à rude épreuve. L’espoir bataille avec le désespoir, la joie avec la peine, les illusions se voilent en désillusions.
Quand bien même, tout semble acquis, les protagonistes viennent eux-mêmes mettre des freins dans cet amour que l’on rêve de voir se révéler, nous frustrant. On enrage ainsi de longs chapitres durant et lorsqu’arrive enfin le dénouement, l’on ne sait toujours pas sur quel pied danser. Le final nous apporte son lot de soulagement et de craintes pour un avenir qui semble bien nuageux.
On se sent comme des enfants au pied du sapin, déballant les cadeaux sans trouver tous les joujoux commandés, on est heureux de ce que l’on reçoit, mais la plénitude n’est pas totale. Espérons que le tome 2 viendra combler nos espérances et nous offrir tout ce qui manque pour que notre plaisir soit total.

En conclusion, avec La Dame du Vallon Perdu, Ève Terrellon nous offre une romance historique qui remplit parfaitement les critères que l’on espère retrouver dans ce genre littéraire, et capture le lecteur, l’enferme dans une salle de torture et fait ce qu’elle veut avec ses émotions. Une très belle découverte que j’espère confirmer avec la suite !





28 allée des Ormeaux, Tiffany Schneuwly


● Titre d'origine : 28 allée des Ormeaux
● Date de parution : 5 Novembre 2015
● Nombre de pages : 164
● Édition de ton livre : Lune Ecarlate
● Quatrième de couverture :

À 27 ans, il est grand temps pour Liam de prendre son envol. Lorsque le jeune homme se voit offrir une promotion qui l’enverra bien loin de la maison familiale, il n’hésite pas et se met en quête de son premier appartement.

Sise au « 28, allée des Ormeaux », sa nouvelle demeure lui paraît idéale. Jusqu’à ce qu’il se rende compte que ses voisins ont un sérieux penchant pour le suicide.

Est-ce une coïncidence ? Quel mystère plane sur le « 28, allée des Ormeaux » ?


● Mon avis :
Voici un titre peu évocateur, mais avec une quatrième de couverture qui attise la curiosité et une illustration sobre et intrigante, signée Nathy. Rassurez-vous, ce qu’il se cache derrière 28 allée des Ormeaux est à la hauteur de nos attentes.

Liam, 27 ans, quitte enfin le domicile familial pour un nouveau poste dans son travail, loin de la demeure familiale. C’est ainsi qu’il prend son premier appartement au 28, Allée des Ormeaux. Un bâtiment qui semble plein de charme. Dès son emménagement, il réalise que tout n’est pas rose à cette adresse, un suicide ayant eu lieu, et ce ne serait pas le seul.

Avec une facilité déconcertante, nous entrons dans la vie de Liam et trouvons en lui un personnage attachant. Nous le suivons dans ses recherches d’un appartement, son emménagement et les découvertes macabres qu’il fera.
Nous découvrirons également son voisinage du 28 allée des Ormeaux, dont seule une jeune fille semble connaître une partie du secret qui hante les lieux. Elle le mettra en garde, mais il n’en tiendra pas compte. Même lorsque les choses sembleront de plus en plus étranges.

L’étrangeté, c’est bien là ce qui définit le mieux l’ambiance qui règne au cours du récit. Nulle horreur qui nous glace le sang, mais un étrange sentiment nous habite, une multitude de questions le nourrissant. Que peut-il bien se passer ? Quelle créature s’acharne sur les pauvres habitants de ces lieux ? Les doutes sont nombreux, sans pour autant détenir la clé du mystère dès les premières pages. On flotte dans le flou que nous impose Tiffany Schneuwly, subissant les événements, nous en imprégnant jusqu’à se sentir morose. On perd peu à peu espoir pour notre héros et sa jeune voisine. N’y a-t-il aucune échappatoire au destin qui semble dessiné pour eux ?

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le dénouement et nous recevons une gifle nous revigorant, nous rendant l’espoir que nous avions perdu. C’est armé d’une force nouvelle que l’on affronte le final qui vient nous poignarder en plein cœur, nous arrachant des larmes de joie, mais aussi de chagrin, car ils ne vécurent pas heureux et eurent beaucoup d’enfants au 28 allée des Ormeaux. Nous ne sommes pas dans un conte de fées, mais bien dans un roman fantastique, avec ce que cela implique de noirceur et de lumière.

C’est avec une plume emplie de légèreté, un style plein de fraicheur que l’auteur nous sert ce récit qui s’éloigne de la féérie et de sa beauté pour nous entraîner dans ce cauchemar que vit Liam, et que l’on subit à ses côtés. Et des cauchemars qui effleurent nos âmes sous l’apparence d’une caresse.

Il est vrai que rencontrer Tiffany Schneuwly au travers d’un roman tel que celui-ci ne nous pousse qu’à vouloir découvrir ces autres écrits ? Et j’espère que vous aussi, vous mourrez d’envie de la connaître plus encore après avoir dévoré ce livre !

Finalement, 28 allée des Ormeaux s’avère une histoire fantastique présentée de fort belle manière par l’auteur, mais que l’on aurait aimée bien plus longue encore. Il est normal d’être gourmand quand on aime, non ? Arrêtez de vous lécher les babines et prenez place sans tarder devant ce roman.




mercredi 27 janvier 2016

Curriculum Mortae, Pierre Gutwirth


● Titre d'origine : Curriculum Mortae
● Date de parution : 31 octobre 2015
● Nombre de pages : 296
● Édition de ton livre : Editions Underground
● Quatrième de couverture :
« Elle n’est pas de ton âge ! »

 Archéologue mondialement reconnu, Félix Legras n’a jamais su résister au charme des momies. Au cours d’une expédition égyptienne, son cœur s’emballe pour Arsinoé, assassinée sur ordre de Cléopâtre, sa sœur.

 Bouleversé par ce crime antique et décidé à venger sa bien-aimée millénaire, le célèbre historien se métamorphose en justicier.

 Lorsque passé et présent se confondent, le futur est à redouter.

 Au terme d’un périple jalonné de morts suspectes, au bord de l’épuisement, Félix étreint le poster géant de sa Pharaonne chérie et lui murmure :

  « Ma petite, j’ai beaucoup réfléchi à notre situation. Écoute bien et, surtout, tâche de ne pas m’interrompre… »

● Mon avis :

Avec un titre tel que Curriculum Mortae, ce roman intrigue. Tout le monde sait ce qu’est un curriculum vitae, mais qu’est-ce que ce Curriculum Mortae. Le synopsis n’est que d’une faible aide pour déchiffrer ce titre énigmatique, tant celui-ci nous étourdit, de par son étrangeté et nous promet une lecture qui le sera tout autant. Pierre Gutwirth réussit-il à nous enserrer tel Félix avec le poster d’Arsinoé ?

Une expédition archéologique bouleverse Félix Legras, un grand de ce métier. En effet, celle-ci va permettre de découvrir les restes d’Arsinoé, sœur de Cléopâtre, laquelle a commandité sa mort. Cette découverte va bouleverser l’archéologue, qui va tomber amoureux de la momie et de sa reproduction sur poster. L’amour et le voyage qu’il va entreprendre peuvent-ils le conduire à sa perte, lui qui semblait si fort ?

Les premières pages nous permettent de faire la connaissance du personnage principal, « le héros », alors qu’il s’apprête à rejoindre Alexandrie, où doit débuter l’aventure avec ses comparses, en quête d’Arsinoé. S’il est bien une chose que l’on retient, c’est que sous son aspect de grand-père, se cache une personne que l’on ne souhaiterait probablement pas trop côtoyer dans la vraie vie, car il semble être un vieux loup solitaire prêt à mordre pour protéger ce qu’il considère être son territoire. La folie semble même le guetter alors qu’il se prend d’amour pour des ossements et une reproduction sur papier d’une jeune femme morte il y a des milliers d’années, mais un fou intelligent, ce qu’il démontre à de nombreuses reprises au cours du récit.

Les personnages qui ont de l’importance dans ce roman ne sont que très peu et forme presque un huis clos, entre Félix et son poster, puis Félix et une autre personne qui se révèlera autant antipathique que « le héros » lui-même, et aussi fou peut-être. La rencontre entre ces deux personnalités ne se passera pas sans heurt. D’ailleurs, il suffit d’un choc pour qu’ils se découvrent. S’ensuivront de longs face à face, avec des passages qui s’avéreront longuets, mais qui semblent au final avoir leur utilité dans l’histoire.

Par ailleurs, du côté de l’intrigue, nous chercherons longuement où veut nous mener l’auteur. Celui-ci nous mène là où il le souhaite pour mieux nous détourner vers d’autres horizons ensuite, mais avec quelle finalité ? C’est bien une question qui nous taraude l’esprit au fil des pages, notamment lors des passages qui trainent des pieds pour nous amener au dénouement.

L’auteur nous propose pour ce faire un style qui s’avère agréable à lire. Même si, par moment, ce qu’on lit est assez déroutant, il capte toute notre attention et l’on enchaîne les pages, avides de connaître ce qu’il adviendra.

Lorsqu’arrive le dénouement, que les révélations fusent, ce qui nous semblait n’avoir aucun sens, ni lien prend une tout autre dimension et là, nous mesurons combien Pierre Gutwirth a su se jouer de nouer tout au long du roman pour nous amener à un final qui nous laisse entre deux eaux. Rêvons-nous ou est-ce bien réel ce qu’il est arrivé ?

Finalement, Curriculum Mortae se révèle une bonne surprise malgré des débuts qui ne nous laissaient pas le présager. Une claque pour laquelle on retend l’autre joue.