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jeudi 21 avril 2016

Le Carnaval aux Corbeaux, Anthelme Hauchecorne


● Titre d'origine : Le Carnaval aux Corbeaux
● Date de parution : Février 2016
● Nombre de pages : 320
● Édition de ton livre : Editions du Chat Noir
● Quatrième de couverture :

Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal.
Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu.
Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu…
Avant ce curieux jour d’octobre.
Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père.
À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite…
Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?


● Mon avis :
Après une rencontre des plus sympathiques avec l’auteur lors de l’Orée des Légendes en ce début de mois, il m’a présenté et proposé de découvrir le monde du Carnaval aux Corbeaux. Ce que j’ai fait avec un ravissement digne d’un gamin devant une barbe à papa dans une fête foraine. Néanmoins, ici il n’est nullement question d’une simple foire où tout respire les sucreries et la joie, où l’air est empli des rires des enfants. Voyez plutôt.

Rabenheim, une bourgade d’apparence ennuyante. Ludwig, jeune garçon s’adonnant au spiritisme dans sa chambre dans le but de contacter son père disparu, y vit depuis son plus jeune âge. Il n’a jamais obtenu de réponse avant la veille de la Toussaint. Par pur hasard peut-être, une bien étrange fête foraine s’installe en ville. Albérich, un nabot, et Fritz Frost, un géant givré, semblent en savoir beaucoup sur le garçon. Pour découvrir l’héritage de son père, Ludwig devra affronter maintes épreuves. Mais quels mystères recèle l’Abracadabrantesque Carnaval ?

Dès les premières pages, nous faisons la connaissance de Ludwig Poe, et de son meilleur ami Gabriel Grimm. Tous deux semblent des gamins tout ce qu’il y a de plus banal. Ludwig, a néanmoins une passion pour le moins étrange, avec la volonté de contacter l’au-delà. Il semble un brin fonceur et n’hésite pas à aller outre les ordres de sa mère. Gabriel est quant à lui un modèle de timidité, un suiveur, mais semble quelque peu lâche face au danger. Ils nous montreront pourtant au fil du récit qu’ensemble ou seuls, ils sauront faire preuve de courage pour affronter ce qui les attend, malgré quelques réticences à accomplir certains actes.

Nous rencontrerons également les forains avec à leur tête Albérich, un nabot qui n’en était pas un auparavant. Le passage du temps l’a même rendu aigri et haineux. Fritz Frost, son compère, de glace couvert, parait aussi froid à l’intérieur qu’à l’extérieur, mais nous dévoilera un cœur bien plus chaud lorsque les événements le nécessiteront. Dame Vala, la voyante, nous apparaîtra antipathique une grande majorité du roman avant que son histoire vienne nous la rendre plus sympathique. Nous avons le droit à une parade de personnages sortis de Beetlejuice ou d’un Freakshow avec la troupe de l’Abracadrantesque Carnaval telle que nous la découvrons lors de cette Totenwoche.

Il nous est difficile de les haïr complètement et nous comprenons, en partie du moins, leurs agissements, alors qu’Anthelme Hauchecorne nous propose de découvre comment sont-ils devenus ce qu’ils sont désormais. Une malédiction lourde de conséquences pour les carnavaliers ainsi que pour Rabenheim et ces habitants. Puis des siècles de putréfaction et les sombres effets d’une étrange potion ont fortement altéré leurs êtres.

L’histoire que nous sert l’auteur est baignée de mythologie germano-scandinave, que ça soit par le nom des personnages, par les créatures qu’il nous propose de rencontrer ou par les mythes qui semblent prendre vie en ces lignes. Voici ce qui ajoute à ce conte, une touche d’intemporalité, qui le rapproche des légendes qui ont bercé tant de vies.

Mais, comme précédemment évoqué par le biais d’un de ces titres, on y trouve également une touche Tim Burtonesque. Imaginez les décors de nombre de ces films, ces créatures comico-effrayantes, ces situations jonglant entre le macabre et l’humour noir, entre la lumière et les ténèbres et teinté du romantisme propre à nombre de ses œuvres. Saupoudrez tout ceci sur ces mythes germaniques et païens et vous obtiendrez tous les ingrédients d’une magnifique toile de fond pour le récit qui nous absorbe dès les premières pages.

La plume d’Anthelme Hauchecorne se fait poétique, légère comme le vent dans les descriptions, et acérée, efficace lorsque les événements prennent une tournure plus sombre, mouvementée afin de nous emporter totalement dans les allées de l’Abracadabrantesque Carnaval, dans les rues de Rabenheim ou encore dans le monde des morts, à la suite des jeunes héros ou des sombres forains.

Nous partageons même les sombres sentiments des forains, leur souhaitant d’accomplir leur vengeance tout en échappant à leur poursuivant. Nous les plaignons devant l’injustice qu’ils vécurent par le passé. Nous nous y attachons finalement d’une certaine manière et souhaitons qu’enfin, ils puissent trouver le repos.

Dans le même temps, nous espérons que le vent de la chance tournera en faveur de Ludwig et Gabriel, qu’ils échapperont au sort qui leur semble promis, mais tels des voyeurs, nous ne pouvons nous empêcher d’en vouloir bien plus, qu’ils affrontent plus d’obstacles et d’épreuves, qu’ils soient malmenés plus encore afin que jamais nous n’approchions du dénouement de ce roman.

C’est dans cet état d’esprit que nous abordons le clou du spectacle. Nous allons de rebondissement en rebondissement, et nos mines effarées ne dépareilleraient nullement du public de l’Abracadabrantesque Carnaval. D’ailleurs, nous sommes le public le plus fidèle de ces forains, car nous nous sentons liés à leur histoire, leur passé et leur avenir. Nous encourageons ceux-ci ainsi que Ludwig et Gabriel afin d’obtenir un feu d’artifice clôturant de la plus belle manière inimaginable ce roman. Et celui-ci dépasse nos rêves les plus fous, nous bondissons, applaudissons à tout rompre, mais nous versons également des larmes sur le sort de nombreux personnages que l’on a appris à aimer depuis les premières pages.

En conclusion, Anthelme Hauchecorne est un conteur des temps modernes qui saura vous faire voyager par-delà les mondes connus, au-delà de vos rêves. De ce fait, le Carnaval aux Corbeaux doit traverser les frontières, gagner le cœur des foules comme il a gagné le mien et faire une bourrée où qu’il aille pour les siècles à venir, tenant tête à l’Élivágar. 

P.-S. : Avec ce roman, l’auteur et les Éditions du Chat Noir, vous soutiendriez l’UNICEF et c’est un geste digne d’un forain, digne d’un homme ou d’une femme de cœur, alors d’un geste deux bonnes choses, un moment de lecture des plus magnifiques et un peu d’argent pour les enfants.




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