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jeudi 12 mai 2016

C'est encore loin la mort ?, Nicolas et Florent Liau


● Titre d'origine : C'est encore loin la mort ?
● Date de parution : 26 février 2016
● Nombre de pages : 156
● Édition de ton livre : Editions Mythologica
● Quatrième de couverture :

Il était une fois un garçon qui pleurait des larmes de verre.
Il était une autre fois un crieur de journaux qui avait le don d’être la cible de balles venues de nulle part.
Il était encore une fois deux êtres qui n’avaient rien en
commun, sinon un beau jour de se retrouver sur
le même quai, à attendre un train.
Et bien d’autres histoires grinçantes, effrontées,
insolentes, avec une seule certitude :
pas une seule ne se terminera par
« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »





● Mon avis :

C’est encore loin la mort ? Voici une question étrange qu’on pourrait pourtant entendre de la bouche d’un enfant comme « C’est encore loin la mer ? », mais au vu du contenu de ces fabulettes infanticides, il est parfaitement justifié.

Chacune des histoires que nous présentent les deux auteurs a pour personnages principaux, ou au cœur de l’intrigue des enfants d’âge et d’origine variés, car chacune d’entre elles se passe en des lieux différents, à des époques différentes mêmes. Le livre est découpé en deux parties qui succèdent à une préface de Pierre Dubois.
Tout d’abord, Nicolas Liau dont les nouvelles sont regroupées sous un intitulé « Si loin… » nous révèleront une plume légère, entrainante. C’est enchanté par son style qu’on lit à tour de rôle des récits teintés de poésie, de mélancolie, qui ne nous laissent pas de marbre comme Larmes de pluie, chagrin de verre ou bien Salve.
On y découvre que la vie peut-être bien cruelle et que la mort peut être une délivrance et on sent la chair de poule qui gagne notre dos avec des nouvelles telles que Sur le chemin du fauche-plumes, Immondice ou encore Le cicatricium.
Enfin, il sait nous faire baigner entre deux eaux, avec un frisson d’étrangeté, ne sachant s’il faut pleurer, ou être effrayé. Notre-Dame des Mal-Morts, Le mendiant, La Princesse et le caniveau et La terre sur les talons nous laissent avec ces sentiments.

C’est donc dans cet état d’esprit que l’on clôture la première partie « Si loin… » pour découvrir les écrits de Florent Liau « … et pourtant si proche », titre prometteur pour les récits du deuxième frère.
Pour sa part, il nous offre un style plus direct, ne prenant que très peu de chemins détournés pour nous mener où il le souhaite. Et il nous conduit vers des scènes où la cruauté, la bêtise, l’horreur sont les fruits d’actes humains. Nous savions déjà que l’Homme est mauvais pour l’Homme lui-même et Florent nous le confirme avec force, nous marquant au fer rouge dans notre chair.
Que ce soit Le droit à l’erreur, Sa langue au chat ou Sans arrêt, nous voyons que les adultes sont capables des pires atrocités envers les enfants. Mais les enfants savent accomplir des bêtises dignes des adultes et Balle perdue en est un parfait exemple. Hélas Dans de beaux draps saura nous ouvrir les yeux sur la perversité qui peut entacher bien jeune les enfants.
Finalement, avec Maman, petite maman ou De main morte, nous voyons que la mort peut ne pas être une fin et que les enfants peuvent chercher à garder le contact avec leurs parents, avec de bonnes ou de mauvaises intentions.

Nicolas et Florent Liau, chacun avec leur style, nous ont donc offert de nombreuses réponses à la question C’est encore loin la mort ?, titre de ce recueil. Mais cela va bien au-delà de ce qu’ils nous montrent. En effet, ce qu’ils n’écrivent pas et qui est sous-jacent à leurs fabulettes, c’est que la mort peut être partout, cachée dans l’encre des mots qui composent ce livre, ou nulle part, chassée par la blancheur des pages, par les espaces entre ces mêmes mots. Ils nous ont apporté notre lot d’émotions, allant de la peine, la mélancolie ou l’espoir jusqu’à l’horreur, et même à une perversité malsaine, voire du voyeurisme face à ce que nous découvrions dans chacune des nouvelles nées de leur imagination.

Je ne peux donc que vous conseiller de chercher vous-même les réponses à la question C’est encore loin la mort ?, car les réponses que vous trouverez et les conclusions auxquelles elles vous emmèneront pourraient vous surprendre, mais quoi qu’il en soit, j’espère que vous apprécierez cette lecture autant que moi.













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